2Dark – Terreurs nocturnes

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Projet indépendant lancé en 2013 par le biais d’une plateforme de financement participatif, la première production du studio GloomyWood aura dû attendre de se trouver un éditeur – en l’occurrence BigBen – pour finalement voir le jour. Suite à quatre années d’attente et de bêtas, 2Dark débarque et nous entraîne dans une virée à travers les ténèbres mais aussi le temps.

Après avoir donné naissance au genre du survival-horror avec Alone in The Dark en 1992, Frédérick Raynal livre vingt-cinq ans plus tard un autre titre du « genre » à l’allure résolument oldschool. Ce jeu en 3D (pseudo) isométrique et à la BO assez envoûtante repose sur un savant mélange d’infiltration et d’action… voire peut-être aussi de réflexion. En suivant les péripéties du mélancolique détective Smith à la fin des Seventies, on arpente des tableaux labyrinthiques afin de sauver des ribambelles d’innocents marmots kidnappés par de dangereux psychopathes. La majeure partie des niveaux étant plongés dans l’obscurité, on évolue à tâtons à la lueur blafarde d’une lampe torche ou d’un zippo, à la recherche d’un interrupteur, d’une clé ou d’un objet de quête dissimulé dans le décor. Armez-vous de patience ! Faute d’item curateur le fragile agent Smith trépasse souvent en tombant dans des traquenards vicelards ou en croisant la route d’un homme de main à la gâchette facile voire en succombant aux attaques d’une bestiole féroce (lion, molosse, et même… rat…). Faute de sauvegarde automatique, mieux vaut consigner régulièrement la progression, en se grillant une clope à l’écart des ennemis, sous peine de devoir reprendre la partie depuis le début du niveau.

Plus d’un danger se dissimule dans les ténèbres, et pourtant pas question de se tenir à l’écart ! Infiltration oblige il faut au contraire exploiter les zones d’ombre pour éviter les caméras ou passer discrètement à côté d’un ennemi armé jusqu’aux dents. A moins de vous voir ou de vous entendre, les opposants contrôlés par l’IA ont un comportement routinier ultra prévisible. Observez les déplacements et mettez à profit le court moment durant lequel l’ennemi ne regarde pas dans votre direction pour l’envoyer Ad Patres ! Armé d’un couteau déniché dans le niveau en cours, il faut s’approcher à pas feutrés de l’adversaire isolé pour le poignarder dans le dos. Simple et efficace. Les munitions des pistolets étant limitées tout comme la portée des armes de fortune, pas évident de survivre à un affrontement ouvert avec l’ennemi. Toutefois lors des combats contre les boss on peut parvenir à ses fins de différentes manières. S’il est possible des les occire en vidant plus d’un chargeur dans le buffet, rien n’empêche de se faciliter la vie en relâchant des fauves affamés ou en empoisonnant un délicieux gâteau. Evidemment on passe souvent – sottement – à côté de ce genre d’interactions afin de se focaliser sur le sauvetage des enfants.

Pour achever un niveau dans de bonnes conditions, le vaillant détective doit mener l’ensemble des gamins hors des repaires des kidnappeurs. Une mission loin d’être de tout repos. Ainsi les moutards restent parfois tétanisés par la vision d’un cadavre et les trainards comme les pleurnichards sont des proies de choix pour les ennemis qui ont les nerfs à fleur de peau. Pour réussir l’exfiltration des enfants il faut jouer la carte de l’autorité en leur donnant des ordres (attendre, silence, suivre), faire frétiller un bonbon pour faire trottiner les accro aux sucreries ou emporter un plus jeune sous le bras et filer droit vers la sortie.

Si le titre s’est avéré praticable au pad sur console, c’est surtout sur PC qu’il est apparu bien plus jouable. Notamment grâce à une gestion de l’inventaire à la souris précise, rapide et agréable. A contrario, sur les consoles de salon, pas évident de parcourir via la croix directionnelle de la manette, un inventaire qui empiète sur l’écran du jeu à mesure que l’on glane des items dans les niveaux. Mais que l’on y joue sur console ou sur une bécane carburant au Windows, l’impression la plus frustrante concerne l’approximation de certaines collisions et l’étrange sensation de taper dans le vide lors des corps à corps. Et puis oubliez les rendus graphiques hyper léchés des dernières productions sorties sur PS4, Xbox One ou PC. Côté réalisation, le studio lyonnais a opté pour un moteur graphique constitué de voxels ce qui procure un cachet assez vieillot au jeu qui – compte tenu de sa taille – pourrait tenir sans peine sur un simple CD (le jeu fait moins de 500Mo). Pour un peu on se croirait revenu au temps béni de la PlayStation et de la Saturn ou à l’apogée du Pentium tant le graphisme est pixelisé à outrance. Toutefois les effets d’éclairage nettement plus aboutis comme les spécifications recommandées du jeu sur Steam nous rappellent que l’on joue bel et bien à un jeu bien plus moderne qu’il n’y parait.

Loin d’être le digne successeur spirituel d’Alone in The Dark secrètement espéré, 2Dark est en définitive un sympathique Survival Horror. Captivant, glauque, malsain et terriblement frustrant. Légitimement il apparait aussi comme la première pierre à partir de laquelle Frédérick Raynal et ses complices de GloomyWood pourraient lancer la production d’un éventuel troisième chapitre de Little Big Adventure. On peut toujours rêver non ?

6.5

Correct

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek. LIFE IS SHORT PLAY MORE
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