A.O.T Wings Of Freedom – Une première entrée dans un univers sans concession

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Sengoku Musô, vous connaissez ? Samuraï ou Dynasty Warriors peut-être ? Très bien. Alors prenez la fameuse licence de chez Koei Tecmo développée par Omega Force, adaptez le tout au manga l'Attaque des Titans et vous obtenez une nouvelle variante du plus célèbre jeu de baston en masse. Après un passage dans l’univers de Zelda ou encore de Dragon Quest, que vaut réellement ce nouveau titre basé sur un concept plus que largement décliné ? Réponse tout de suite !

Adapté directement du manga, A.O.T Wings Of Freedom ne se démarque pas d’un iota du scénario d’origine et ce ne sera pas pour déplaire aux fans qui retrouveront de l’authentique. Exit donc le spin-off édulcoré, ici, l’essence même de l’œuvre de Hajime Isayama – dessinateur et auteur du manga éponyme – est respectée. L’ambiance est bien là, toute pesante qu’elle est, avec ses Titans grotesques et simplistes mais jouant parfaitement sur l’imaginaire du joueur, comme Isayama San les a souhaités. Partant de là, c’est effectivement le premier pas qu’il faudra sauter pour les non-initiés aux mangas ou à minima à l’animé. A.O.T est particulier dans son scénario sans concessions, tout autant que dans sa direction artistique. Le design des personnages est quant à lui plus proche de ce qui se fait de manière classique dans les mangas. Le caractère des différents héros est cependant bien trempé et une certaine profondeur leur est insufflée, loin de ce que l’on peut trouver dans certains shonen convenus.

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Pour le pitch, A.O.T prend place dans un univers entre steam-punk et heroic-fantasy. Dans le monde d’Eren Jäeger, le principal héros du manga, l’humanité est cantonnée à quelques individus retranchés derrière trois murailles gigantesques, seuls remparts la protégeant de l’extinction face aux redoutables Titans. Ces êtres humanoïdes gigantesques nourris par l’unique motivation de dévorer de l’humain bien frais et plein de vigueur sont à l’origine du massacre de milliards d’êtres humains désormais au bord de l’extinction pure et simple. Si leur apparition reste un mystère pour les derniers survivants du massacre, leur existence est rappelée aux survivants à chaque nouvelle attaque des ces êtres brutaux, fragilisant peu à peu les défenses du dernier bastion humain. Eren, qui a vu sa mère dévorée par un Titan lors d’une attaque dévastatrice, n’a d’autre vœu que de venger sa mort et d’explorer le monde extérieur qu’il estime être le sien et celui de ses pairs. Quoi de mieux pour cela que d’entrer dans les forces armées ? C’est sans compter sa condition assez spéciale due à sa capacité à se muer en Titan surpuissant et nourri par la vengeance et la haine des autres Titans. Bien que potentiellement décisif pour le salut de l’humanité, Eren va subir le courroux de la plupart de ses semblables à cause de ce statut si particulier et effrayant.

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Afin de dépeindre au mieux ses aventures et celles de ses compagnons, un mode histoire intitulé ici Mode Attaque vous sera donc proposer, suivant le fil du scénario de la première saison du manga. Outre Eren, pour les amateurs, Mikasa, Armin ou encore Livaï sont jouables dans ce Musô si particulier. Particulier de par son ambiance basée sur le manga et par extension de par son système de combat dit « tridimensionnel », lui aussi calqué sur le manga. Ici, comme dans l’œuvre originale, les protagonistes combattent équipés de bouteilles de gaz (ou lanceurs) pour se propulser à toute vitesse et trancher les Titans de leurs deux lames interchangeables coupantes tels des rasoirs, assistés en complément d’un harnais de manœuvre tridimensionnelle. Ce dernier équipement, assimilable à un double treuil placé dans le dos des protagonistes, permet aux soldats de virevolter dans les airs en couplant l’effet avec les lanceurs afin de gagner en accélération et en puissance.

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Essentiellement constitué de Titans de différentes tailles allant de pair avec leur puissance, le bestiaire d’A.O.T réclamera doigté et habileté pour être éliminé. En effet, le système de combat est basé sur la localisation des dégâts sur les Titans et leur affaiblissement avant l’exécution pure et simple. Couper leurs jambes permettra de les immobiliser, couper leurs bras les privera de la possibilité d’attaquer. Une fois acculés, un coup tranchant sur la nuque permettra d’achever le travail. A priori simple de prime abord sur le papier, il faudra cependant garder en tête que l’élimination de ces colosses requerra le plein usage des harnais et des lanceurs afin de gagner le plus possible en vitesse avant une attaque, le tout en gérant au mieux ses déplacements. Bien entendu, il sera possible de recruter des équipiers sur le champ de bataille et de leur donner des ordres simples : garde des objectifs à défendre, attaque concentrée avec le joueur, dispersion pour que chaque coéquipier attaque une cible propre. Chaque personnage jouable au fil du scénario apportera quant à lui ses spécificités. Que ce soit une puissance d’attaque accrue, la possibilité d’attaquer en réalisant des combos ou encore de donner des ordres plus précis que ceux disponibles à la base, chaque personnage apportera un peu de variété à l’ensemble. On notera également les déplacements à cheval lors des missions se déroulant sur de vastes étendues telles les plaines où le système d’accroche via le harnais ne peut-être utilisé pour se déplacer plus rapidement, faute d’arbres ou bâtiments auxquels s’accrocher. Des phases relativement jouissives aux commandes du surpuissant Eren version Titan sont également au programme. Cerise sur la gâteau, ce bon défouloir pourra se partager en coop, à deux en ligne en mode Expédition.

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Pour le reste, on se trouve finalement en face d’un pur Musô. Terminer les missions vous permettra de glaner plus ou moins d’argent à dépenser pour faire évoluer votre équipement ou en acheter des nouveaux. L’expérience permettra également la montée en niveau des personnages et l’acquisition de nouvelles capacités actives ou passives. En terme de gameplay, le système de combat tridimensionnel est quant à lui un véritable plus. Les combats n’en sont que plus grisants et dynamiques et dégagent un véritable concentré de fun. On reprochera par contre un côté parfois réellement fouillis avec une caméra peinant à suivre l’action tous azimuts offerte par la voltige. De fortes baisses de framerate venant qui plus est achever de rendre certaines situations à la limite du jouable. L’ensemble demeure en outre extrêmement répétitif à la longue, une fois la mécanique et la jouabilité bien assimilées. Comme dans tout Musô, on se retrouve généralement à courir – ou plutôt ici à virevolter – d’objectifs secondaires disséminés à l’autre bout de la carte en objectifs principaux, pour conclure sur un combat de boss. Par ailleurs, même si elles ont leur utilité en termes scénaristiques, les cinématiques et dialogues traînent parfois trop en longueur et cassent le rythme.

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Quant à la question pure des graphismes, si Omega Force nous a rarement offert un moteur graphique de premier ordre pour ses Musô, on est tout de même en droit d’attendre autre chose en 2016 sur PS4. Les textures sont minimalistes et floues, la modélisation des environnements simpliste, avec en sus du clipping et un aliasing de premier choix. Ces défauts, couplés à de nombreux bugs de collision juste inconcevables de nos jours, achèveront peut-être même jusqu’aux plus conciliants. Les personnages et Titans, modélisés fidèlement par rapport à l’œuvre originale, rattrapent légèrement le bilan, de même que les environnements destructibles, assez bien gérés. Pas de quoi crier au génie toutefois. Omega Force est malheureusement l’exemple parfait du développeur japonais resté coincé technologiquement une bonne dizaine d’années en arrière, comme beaucoup d’autres développeurs nippons.

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Au final, avec son système de combat « tridimensionnel » inédit dans un Musô et carrément jouissif, A.O.T Wings Of Freedom plaira aux fans du manga à coup sûr. Avec son scénario et sa direction artistique fidèle au manga, le titre expose parfaitement bien l’atmosphère lourde et le désespoir qui émanent de l’œuvre de Hajime Isayama. Difficile dans ce cas de ne pas se laisser tenter. Mais, à sa décharge, A.O.T écope malheureusement des défauts qui font un Musô. A savoir tout d’abord la linéarité et la répétitivité des situations rapidement lassantes mais aussi des graphismes datés, de nombreux problèmes techniques, à commencer par un système de caméra qui n’est ici pas à la hauteur du dynamisme effréné des affrontements dantesques auxquels nous sommes conviés. Les curieux pourront tenter l’expérience pour découvrir l’univers A.O.T, si particulier, avec ses Titans aussi volontairement grotesques que terriblement « inquiétants » de par leur côté suggéré et laissant libre court à l’imagination, comme voulu par l’auteur du manga.

6.8

Correct

Gamer depuis 28 ans, sa passion pour le jeu vidéo demeure toujours aussi forte. Touche à tout et ouvert, il a néanmoins toujours un faible pour l'univers de Nintendo, entre nostalgie des glorieuses années passées et marasme de ces dernières années !
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