Dirt 4 – Pas si sale que ça

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En 2009 les créateurs de Grid et Dirt nous faisaient découvrir un Dirt 2 bourré de qualités, fun à souhait, qui venait dépoussiérer les jeux de Rallye (et notamment la licence Colin McRae Rally) par son univers un peu foufou, son solo bien rythmé et ses courses déjantées. Après un Dirt 3 chargé à Block enrichi en gymkhana et deux Spin Off, dont un simili Destruction Derby, Codemasters livre six ans plus tard le quatrième opus de la série Dirt.

Terminée l’ambiance survoltée digne d’une caravane du Tour de France et les apparitions d’as du volant comme Ken Block. Ce nouveau titre ne s’est pas donné pour objectif d’offrir des paddocks animés… au contraire. Flanqué d’une interface très austère, Dirt 4 propose au joueur de participer à différentes disciplines de courses, sur trois continents, à bord d’une cinquantaine de caisses, modernes ou vintage, venues de tous les horizons. En vrac, le titre offre de piloter quelques variantes de la Ford Fiesta, mais aussi la Citroën DS3, la Renault Alpine, la Lancia Stratos, la mythique Subaru Impreza de 1995 de Colin McRae et même des buggys et des trucks. Evidemment, comme dans tout bon jeu de course, les caisses se distinguent par leur « puissance », mais aussi, par leur prise en main. Quatre roues motrices, traction avant ou propulsion arrière, il y en a pour tous les goûts ! D’ailleurs, avant de nous laisser plonger dans l’enfer des courses du mode carrière, le titre propose lors de son installation – du moins sur PS4 – de (re)découvrir des techniques de pilotages avancées par le biais d’un circuit d’essai. Pratique !

En plus des épreuves de rallye – avec des voitures modernes ou historiques – en contre la montre, il est aussi possible de concourir contre des pilotes dirigés par l’IA dans les modes Rallye Cross et Landrush. Attendez-vous à voir du pays, car chaque discipline a ses terrains de jeux de prédilection. Ainsi le Landrush se pratique dans des arènes « boueuses » et chaotiques aux États-Unis et au Mexique, le rallye Cross s’apprécie pour sa part sur des circuits constitués d’asphalte et de gravier comme en France et au Portugal, tandis que les 2 disciplines de rallyes préfèrent les routes Galloises, Espagnoles ou scandinaves aux tracés sinueusx et étroits sans préférence de surface. Sur le goudron comme sur le gravier pas évident de foncer pied au plancher, le joueur doit garder le contrôle de sa caisse et jongler avec une myriade d’autres contraintes. Oubliés les flashbacks qui permettaient de revenir légèrement en arrière dans le temps avant un carambolage ou un accident, afin de corriger la trajectoire ou de donner un coup de frein. Restez concentré et gardez les yeux rivés sur la route, la moindre erreur peut être fatale ! Cette fois, il faut se résoudre à mener une spéciale de bout en bout, quitte même à la recommencer au moindre pépin (pneu crevé) ou sortie de route trop pénalisante. Ainsi le chrono du joueur est systématiquement sanctionné de quelques précieuses secondes à chaque embardée achevée au fond d’un fossé, à chaque virage en épingle à cheveux manqué et à chaque groupe de spectateur percuté. Plus rageant encore, les temps sur circuits peuvent être aussi « invalidés » si d’aventure vous coupez un peu trop un virage. De par une sensation de vitesse grisante, ce jeu lorgne résolument du côté de l’arcade, mais le fun est parfois plombé par une kyrielle de contraintes (règles impitoyables, avaries matérielles) dignes d’une simulation pure et dure. Frustrant et dommage, car Dirt 4 en a suffisamment sous le capot pour captiver – par sa ribambelle de modes solo et multi – les amateurs de jeux de course, comme les nouveaux venus.

En plus d’un inévitable mode carrière, le titre offre bien sûr un mode partie libre afin de s’essayer aux différentes épreuves, circuits et tracés en solitaire pour le fun. Histoire de varier les plaisirs, les tracés des rallyes peuvent être générés aléatoirement. Au joueur de décider de la longueur, de la complexité (virages, reliefs…) de la spéciale et de la pimenter des conditions climatiques. Lors des confrontations en multijoueurs, on se retrouve soit opposé contre les chronos réalisés par les sept autres joueurs dans les courses de rallye, à trois autres joueurs en rallye cross et sept fous furieux dans les courses en Landrush. Un multi simple, efficace quoiqu’un peu répétitif, et puis difficile d’accrocher aux courses de buggys et de trucks qui donnent parfois l’impression de virer à la foire d’empoigne tant elles sont chaotiques.

En terme de réalisation, au premier coup d’œil, l’Ego Engine qui anime la plupart des productions dérivées de Dirt et Grid (et des productions de chez Codemasters) semble avoir perdu un peu de sa superbe. Bien que certains environnements paraissent assez ternes et quelconques, à l’image des circuits ou des spéciales qui se déroulent au États-Unis, le titre exploite plutôt bien en vérité les capacités de nos consoles HD. De manière générale le titre offre une distance d’affichage assez confortable, et les décors s’avèrent bien plus complexes et réaliste que sur Xbox360 ou PlayStation3. Ainsi les forêts sont nettement plus boisées et la lumière du soleil perce de manière crédible à travers les arbres dont les ombres se reflètent sur la voiture en temps réel. Les modélisations des bolides sont bien évidemment impeccables et leurs tableaux de bord – vus en vue cockpit – tout aussi détaillés et soignés. Et ces voitures voient mêmes leurs carrosseries se déformer/désagréger de manière assez réalistes au fur et à mesure des accidents ou des collisions.

Oublié le fun de l’arcade débridée. Si les sensations sont de la partie, en revanche il faut composer avec une multitude de contraintes assez frustrantes. En l’état, cet hybride curieusement dosé entre simu et arcade, s’avère être malgré tout un bon jeu de course… assez exigeant.

Good

  • Assez joli sans être une claque
  • Des sensations fortes
  • Pas mal de contenu pour s’amuser en solo et en multi

Bad

  • Des temps de chargements longuets
  • Un chouïa répétitif
  • Un gros manque de fun beaucoup de frustration
7.5

Bon

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek. LIFE IS SHORT PLAY MORE
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