Dreamfall Chapters – Plus c’est long, moins c’est bon

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Quinze ans après ses débuts, la saga The Longuest Journey s'offrait une conclusion par le biais d'une suite aux allures de Spin Off. Abordable par son prix et peut être même par ses mécaniques, le titre profite aujourd'hui d'une sortie physique un peu tardive sur consoles et PC.

Les aventuriers allergique à l’achat de jeux dématérialisés et aux formats épisodiques, qui sont passés à côté de Dreamfall Chapters vont avoir enfin l’occasion de s’essayer au dernier volet de la saga The Longuest Journey. L’éditeur Deep Silver livre ainsi une adaptation physique de ce jeu d’aventure qui contient tous les épisodes sortis entre 2014 et 2015 au compte-goutte sur le PSN et sur Steam. Inutile d’attendre ! Préparez-vous à (re)plonger dans l’univers onirique de Dreamfall/The Longuest Journey sans avoir besoin de poireauter trois ou quatre mois (voire plus encore) entre deux chapitres. Alors heureux ?

Oubliés les splendides écrans fixes de son illustre ancêtre, The Longuest Journey, Dreamfall Chapters reprend le gameplay en 3D temps réel du second opus. Sous ses faux airs de jeu d’action à la troisième personne, puisqu’il en reprend la perspective, se dissimule en réalité un jeu d’aventure pur et dur. Le titre invite ainsi à crapahuter à travers divers environnements (futuriste, fantasy, rêves…), à tailler le bout de gras avec une multitude de protagonistes et à dégoter des items et à les caser dans un inventaire. Classique ! Histoire de ne pas perdre le nord lors de nos pérégrinations, on retrouve aussi un journal de quêtes ainsi qu’une carte des lieux sur laquelle figure les différents points d’intérêts liés aux missions en cours. Pratique, car il n’est pas toujours évident de trouver au premier coup d’œil les éléments interactifs. Plus rageant, aucun indicateur visuel ou aide ne vient au secours de l’aventurier archi perdu ou distrait. Il faut donc trimbaler le réticule de visée – faisant ici office de pointeur de souris – à travers l’écran dans l’espoir de tomber sur un item un tant soit peu utile à la poursuite de l’aventure. Côté interface et prise en main, le titre joue la carte du minimalisme. Ainsi l’inventaire apparaît uniquement en cas de besoin afin d’extirper un objet de la besace pour l’employer avec un perso ou le combiner avec un autre artéfact. Quant aux différentes interactions possibles, elles s’affichent autour du réticule lorsqu’on a ciblé un élément ou un quidam afin de l’observer, de le toucher voire de dialoguer avec. Dans ce cas de figure, comme le dit si bien l’adage, pensez à tourner sept fois la langue dans votre bouche avant d’engager la conversation. Le titre offre systématiquement plusieurs options de dialogues, qui peuvent altérer à plus ou moins long terme le cours des événements.

Malgré une histoire fouillée qui devrait combler de bonheur les aficionados de The Longuest Journey et de sa suite, une galerie de personnages parfois attachants et même une légère pincée d’humour, le jeu pâti d’une cruelle absence de rythme, plombé par des chapitres qui s’éternisent. Frustrant lorsqu’on a succombé – quasiment la même année – au charme d’un Wolf Among Us de Telltale, qui est certes plus dirigiste, bien moins long, mais nettement plus pêchu et passionnant ! La faute peut-être aussi à des environnements trop vastes dans lesquels on se perd au fur et à mesure des quêtes – parfois anecdotiques – sans jamais trop se prendre au jeu. Difficile en effet de se croire immergé dans une aventure épique d’une vingtaine d’heures lorsque la mission consiste à ramener la tambouille à sa douce moitié ou lorsque les répercussions de nos choix ne s’affichent clairement pas à l’écran. C’est comme si le jeu laissait parfois un léger sentiment d’inachevé, à l’image de la réalisation.


Carburant au très en vogue moteur Unity, Dreamfall Chapters est ainsi capable du meilleur comme du pire. Inconstant dans sa réalisation le titre émerveille parfois par les modélisations soignées de certaines de ses créatures et univers fantastiques. Mais il agace plus souvent encore par l’aspect générique de ses environnements semi-ouverts et son chara-design sans âme. Loin de pousser la PlayStation 4 – ayant servie au test – dans ses derniers retranchements, « Chapters » se paye en sus le luxe de manquer de fluidité dès que trop de PNJ s’affichent à l’écran et il inflige aussi des temps de chargements assez longuets. Pas vraiment digne d’une production récente le titre est aussi flanqué de quelques murs invisibles, agaçants à souhaits, qui séparent deux chemins pourtant très proches.

A moins de vouloir connaître la conclusion de The Longuest Journey difficile de conseiller mordicus ce Dreamfall Chapters. Assez réussi sur le fond, par la
richesse de son univers et sa durée de vie plus qu’honorable, il est pénalisé paradoxalement par son rythme léthargique et une réalisation en dent de scie. Un jeu d’aventure à réserver aux seuls fans de la saga, qui lui pardonneront sans doute ses imperfections.

Good

  • Une histoire fouillée
  • Une durée de vie honorable
  • Des personnages attachants

Bad

  • Un manque flagrant de rythme
  • Une réalisation inégale
  • Une interface un brin trop minimaliste
5.9

Moyen

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek. LIFE IS SHORT PLAY MORE
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