Max Payne troque la pluie et la grisaille de New York pour le soleil du Brésil. Mais quelque soit le temps et le lieu, son instinct de préservation ne va pas mieux. Alors une fois encore il enchaîne les missions suicides dans l'espoir d'une fin violente et d'une mort libératrice qui ne semble pas vouloir lui ouvrir les bras.
Et nous, on le suit encore une fois dans cette fantastique histoire concoctée par Rockstar Vancouver. Remedy, génial studio créateur de la série étant partie continuer de nous enchanter avec Alan Wake, on pouvait craindre le pire. Limite même préférer laisser reposer tranquillement au fond de son verre le Max que l'on connaissait.
Mais cela aurait été bien dommage finalement tant Rockstar s'est échappé avec brio de ce piège quasi sans issue. La construction de l'histoire, ses personnages, ses dialogues à l'humour noir inimitable... L'ambiance est posée dès les premières secondes et c'est avec un plaisir certain qu'on traverse chaque séquence de jeu pour en apprendre un peu plus sur l'intrigue jusqu'à son dénouement.
Le choix des musiques, la mise en scène véritablement digne d'un long métrage, même pendant les séquences de jeu, les doublages... Rien n'a été laissé au hasard pour accrocher le joueur durant la dizaine d'heures d'action proposée en mode normal. A tel point que ses imperfections, pourtant réelles, ne deviennent rapidement que détails que l'on accepte sans trop se forcer.
Il arrive effectivement parfois que Max décide de tirer en l'air plutôt que sur ses ennemis quand il est en couverture, qu'il se cogne maladroitement dans le décor pendant un plongeon en Bullet Time ou que le niveau de difficulté fasse parfois des bonds assez frustrants. On n'aurait sûrement pas dit non, non plus, à l'utilisation de grenades ou à passer de façon plus naturelle entre deux couvertures.
Néanmoins on retient plus volontiers le plaisir pris à chaque fois que l'on plombe un bad guy. Les impacts sont violents, les morts douloureuses, le tout emmené par le moteur Euphoria, qui fait de véritables miracles dans l'animation des collisions. Idée nouvelle et plutôt bien vue, s'il vous reste une dose d'anti-douleur au minimum, vous pourrez éviter une mort certaine grâce au Last Stand.
L'aventure solo justifie à elle seule de se pencher sur le pathétique cas d'un des héros déchus les plus attachants de l'histoire du jeu vidéo. Celle-ci finie, les plus hargneux d'entre vous, pas encore rassasiés de cadavres pourtant déjà nombreux, pourront continuer le massacre en rejouant chaque niveau en mode arcade pour comparer ses scores au reste de la planète.
Mais pour savoir qui est le véritable roi du Bullet Time en ligne, il faudra rejoindre les guerrilleros du Xbox Live, du SEN ou du réseau PC pour différents types d'affontements en solo ou en équipes. Comme dans la plupart des multi dignes de ce nom aujourd'hui, DLC à gogo, évolution des personnages et des équipements sont de la fête. Les parties essayées tournent très correctement, avec des joueurs motivés à toute heure, et se révèlent un bon complément à la campagne sans révolutionner le monde du jeu de tir à la troisième personne.
Un beau package, bien complet, comme Rockstar sait les délivrer depuis quelques années, avec peut-être ce petit supplément d'âme grâce à ce sacré Max Payne qui pense pourtant tellement l'avoir perdue.
Note : 8.5/10








































