L'un des gros événements science fiction de ce printemps est le lancement quasi simultané d'une série télé et d'un jeu en ligne liés l'une à l'autre. Si l'initiative est intéressante, hélas, le jeu l'est beaucoup moins.
Le monde de Defiance, c'est notre futur immédiat, une trentaine d'années pendant le futur. La Terre est presque méconnaissable depuis qu'elle a fait la connaissance des Voltans. Cette coalition de plusieurs races aliens a fui son système solaire d'origine pour chercher refuge sur la planète bleue. Mais après d'intenses négociations au début de notre décennie, aucun accord n'a été trouvé pour l'implantation de millions de réfugiés. Du coup, les Voltans n'ont pas eu d'autre choix que d'entrer en guerre contre les humains. Le conflit fût sanglant et lourd de conséquences. La Terre a été partiellement terra formée et les rancœurs sont nombreuses dans les deux camps. Pourtant, une armistice a été signée, notamment grâce à la bataille de Défiance. C'est donc sur fond de tensions, et de chutes des Arches, les vaisseaux des aliens, que commence la série et le jeu qui en est tiré.
Il s'agit d'un mélange entre action en vue à la troisième personne et RPG en ligne se déroulant dans une vaste région, censée être autour de San Francisco. Que ce soit dans son univers ou dans son déroulement, Defiance ressemble beaucoup à Borderlands, l'humour en moins. Vous y déambulez dans le décor et exécutez diverses quêtes afin de monter en niveau, appelé ici Ego. Les quêtes proposées sont relativement basiques et très répétitives. Elles consistent le plus souvent à aller massacrer un groupe d'ennemi quelque part, ou éventuellement récupérer un objet ailleurs.
Certaines missions ont un aspect compétitif. Il s'agira par exemple de réaliser un tour de circuit improvisé le plus rapidement possible ou de faire une petite séance de ball-trap sur des bandits. Pour rompre cette relative monotonie, il existe également des quêtes « aléatoires » de plus ou moins grosse ampleur comme des embuscades, des missions de secours ou même des chutes d'Arches.
Enfin, Defiance propose quelques donjons avec des rencontres de boss plus ou moins évidentes. C'est plutôt bien fait, sans pour autant toucher au génie ou créer la surprise.
Le jeu s'appuie sur un arsenal assez copieux, ainsi que sur une poignée de pouvoirs spéciaux, à débloquer au fur et à mesure de votre progression. Certains donnent de petits bonus passifs, d'autres de devenir momentanément invisible ou de faire plus de dommages.
Du coté du PvP, la copie est également très loin d'être satisfaisante. Le gros des affrontements joueur contre joueur se déroule sur de petites cartes bien conçues mais où la combinaison pouvoir de camouflage/fusil à pompe est vraiment trop déséquilibrée.
S'il est loin d'être désagréable, Defiance souffre d'une erreur majeure : il n'a pas grand chose à apporter en tant que jeu massivement multijoueur. Seules les chutes d'arches, sortes d’événements aléatoires impliquant d'affronter des hordes d'aliens exigent un peu de nombre. Pour le reste, les interactions sont très limitées. Pire, avec son nombre limité de pouvoirs, ou d'emplacements d'armes disponibles dans l'inventaire, il est évident que Defiance a été clairement pensé pour les consoles. Mais il existe aussi sur PC, et c'est d'ailleurs là que devrait se trouver le gros de son public. Or, la version PC est pour le moins horripilante : interface peu pratique, canaux de discussions cachés au fin fond de menus et donc peu utilisés, toute puissance du fusil de sniper. De même, l'artisanat est embryonnaire et les possibilités de différencier son personnage se limitent à customiser ses armes et une poignée d'apparences prédéfinies.
Plus gênant, le contenu du jeu est pour l'instant assez chiche. La quête principale se résout en deux dizaines d'heures tout au plus, les autres quêtes sont rares et sans profondeur. En clair, ce que vous faites dans la première heure du jeu avec un certain plaisir, vous serez toujours en train le faire dix heures plus tard avec une grande lassitude. Pour un jeu vendu plein pot, c'est un peu léger, d'autant plus que son modèle économique implique de nombreuses mises à jours payantes dans les prochaines semaines.
Autant dire que pour le moment, il n'y a donc pas de quoi s'extasier sur Defiance. Son univers est intriguant mais pas assez pour palier aux lacunes du jeu. Reste à voir ce que donneront les interactions avec la série télé. Il faudra qu'elles soient passionnantes, et la série réussie, pour palier au manque d'originalité et d'intérêt de cette version ludique.
Note : 4/10



























