Tandis qu’Hideo Kojima s’active au développement de deux mystérieux « projets », Raiden en profite pour s’accaparer le rôle titre d’un épisode de Metal Gear… plutôt à part.
Cette fois, pas question de jouer les doublures ! En effet dans Rising, il « incarne » un Cyber Ninja, comme celui qu’il campait dans MGS4. Loin d’être une préquelle au quatrième opus – comme le laissait entendre les gens de chez Konami -, le scénario de Metal Gear Rising Revengeance se déroule en fait quatre ans après les exploits d’Old Snake. Finies les histoires de serpents, de Big Boss et autres Ocelots, Raiden est confronté cette fois à une puissante industrie d’armement et à ses régiments de sbires cybernétiques.
Pour notre plus grand bonheur ce spin-off développé par Platinum Games joue la carte de l’action débridée, c’est à dire hyper-speedée et virevoltante. Comme dans tout bon Beat Them All, les sept stages de ce MGRR offrent de suivre un sentier balisé où quelques escouades ennemies tentent de barrer la route à notre héros charismatique. Constituées de cyborg armés de sabres ou de sulfateuses, de Gekkos, de droïdes aux formes félines ou simiesques, ces troupes kamikazes ont beau débouler en nombre, elles achèvent leurs existences débitées en fines tranches de « carpaccio » ou coupées en deux. Pourtant, n’espérez pas survivre aux attaques de ce bestiaire cybernétique sans maîtriser un minimum les aptitudes spéciales de Raiden comme le « contre », l’esquive et la technique dite du Zandatsu. Mieux encore, moyennant quelques points de compétences, le joueur peut s’équiper d’une seconde arme – empruntée à un boss - aux effets généralement dévastateurs. Si l‘action est à l’honneur, l’infiltration n’est pas boutée hors de ce spin-off pour autant. Faute de camouflage optique comme celui d’Old Snake dans MGS4, Raiden est contraint de se dissimuler (à l’ancienne) sous un carton ou un bidon, afin d’approcher d’un ennemi et l’embrocher avec son katana. Imparable.
En plus d’offrir d’abondantes phases de castagne, Revengance catapulte à quelques reprises notre ninja dans des séquences speedées et spectaculaires. En vrac, Raiden pique un sprint sur la façade d’un buildin, il échappe in extremis au bombardement d’un pont ou s’offre le luxe d’occire un gigantesque MetalGear en guise de mise en jambe. De courtes scènes époustouflantes mais qui ne s’éternisent pas : Un mal pour un bien… voire inversement. Contrairement au Bayonetta du même développeur, MGRR n’accable pas le joueur de séquences annexes interminables. Droit à l’essentiel, à savoir l’action, il peine du coup à masquer sa durée de vie assez « limite », qui flirt quand même avec la demi-douzaine d’heures. Le temps d’une grosse soirée, le joueur peut donc s’attendre à de l’action à foison, à des combats épiques, de l’humour, des doses massives de bons sentiments et moult cinématiques mettant en scène un héros poseur et des méchants énigmatiques. Une fois l’aventure achevée, le joueur peut alors s’essayer aux missions VR ou rejouer à la campagne solo en profitant des compétences « surboostées » du héros… afin d’exploser les chronos ou infliger une défaite cuisante aux ennemis qui ont osé le malmener au premier run. Jouissif ! Mais à cause d’une gestion de la caméra parfois aux fraises, n’espérez pas faire mordre la poussière à un ennemi véloce ou réaliser un saut un chouia périlleux du premier coup. Rageant. Dommage, car sur le plan technique, la réalisation graphique s’avère plus qu’honorable, du niveau d’un bon vieux MGS4. Le titre offre ainsi une avalanche d’effets graphiques, les environnements sont détaillées et dotés de suffisamment d’éléments destructibles, pour combler les pulsions destructrices du joueur sans pour autant faire faiblir l’animation. Du moins en théorie, car en pratique la pauvre Xbox360 peine un peu à offrir une fluidité sans faille, lorsque l’on s’est mis en tête de débiter de vulgaires étagères en Apéricubes. Pas de panique, dans le feu de l’action, l’animation ne mollit pas lorsque l’on débite un soldat cybernétique en fines rondelles. Et puis difficile de rester de marbre face à des affrontements épiques à souhait qui sont boostés par une BO très Hard Rock… ou Metal. A défaut de frôler la perfection ou de la tutoyer, Metal Gear Rising Revengeance présente tous les aspects d’un très bon jeu d’action, imparfait sur bien des points, mais terriblement prenant, jouissif et bien rythmé.
Note : 8.5/10
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