Gravity Rush 2 – Kat is back et la gravité part de nouveau en vrille

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Titre majeur de la PS Vita, Gravity Rush développé par Sony Japan Studio a été très bien accueilli au royaume des « hardcore gamers » de l’extrême comme diraient certains. Evidemment peu connu du grand public au vu de la faible popularité de la très bonne PS Vita de Sony, le premier Gravity Rush s’est vu gratifié d’une assez bonne adaptation sur PS4. Sony a ainsi préparé le terrain pour cette suite. Kat et son mystérieux chat Poussière sont donc de retour pour de nouvelles aventures sens dessus dessous.

Autant être clair tout de suite, le jeu est bon, très bon. Mais il risque de partager de façon assez brutale. Tout d’abord par sa jouabilité. Si les commandes répondent au quart de tour, le cœur même du jeu étant la maîtrise de la gravité, il faut tout de même un certain doigté et pas mal de patience pour apprivoiser cette jouabilité si particulière. La gestion de la caméra y est aussi pour beaucoup. Plus que dans tout autre titre 3D, il faut jouer constamment du stick droit pour la replacer correctement, à la fois pour se diriger mais aussi pour bénéficier de la meilleure vue d’ensemble possible. Ceci, que l’on soit en phase d’exploration pour apercevoir clairement les objectifs à atteindre ou en combat contre les Nevis. Ces êtres ténébreux sont de retour en provenance directe du premier épisode et leurs points faibles sont matérialisés par des sphères rouges plus ou moins visibles selon la taille et le type des bestioles. Dans les faits, pour que les combats contre les plus gros Nevis ne s’éternisent pas, il faut bien identifier les différents points faibles et viser au mieux. Ce qui implique gérer la gravité et la jauge du pouvoir associé de Kat, gérer les attaques, les esquives et la caméra afin de faire le point sur la situation mais également de viser les points faibles durant la phase d’attaque, que ce soit à grand coup de pied gravitationnel ou de jet de projectiles divers. Oui, ça en fait des choses à gérer !

Le second point qui pourrait éventuellement rebuter un public plus ou moins large demeure le style graphique et son rendu global. Ceux qui ont fait une overdose de cell-shading depuis son arrivée sur nos consoles de salon en auront pour leur compte. Le style BD s’assume pleinement avec des scènes de dialogues sous forme de cases de BD sans animations ainsi qu’une utilisation intensive du fameux cell-shading durant les phases de jeu et les cinématiques. Si pour certains ce rendu graphique est un « cache misère » (sic), je trouve personnellement ce Gravity Rush 2 graphiquement bien gaulé. Il y a bien entendu quelques écueils, surtout au niveau des environnements urbains, volontairement tristes et grisâtres la plupart du temps. Mais il y a bien de variété dans ce nouvel opus que dans le précédent. Tantôt enchanteurs, mystérieux et féériques, tantôt à la limite de l’anxiogène, les niveaux arborent en général une palette de couleurs bien plus variée qu’auparavant. Petit écueil cependant en ce qui concerne les textures, assez souvent peu détaillées et bien plates en ville alors que d’autres environnements offrent des textures organiques juste sublimes. Oui, le cell-shading a beau être une représentation crayonné et une façon de donner un aspect 2D a de la 3D, il est tout à fait cohérent et réalisable d’avoir de belles textures avec un certain relief ! Au registre de la technique, on note également une petite raideur dans l’animation des personnages humains, Kat comprise. Le syndrome « balais dans le fondement » est donc de la partie et c’est bien incompréhensible quand on voit la qualité des animations des Nevis, tout en déformations et contorsions en tous genres. Kat étant la plupart du temps en train de virevolter dans les airs au gré de ses pouvoirs, on passera largement au-dessus de ce léger souci.

Côté scénario, difficile de ne pas spoiler en évoquant ne serait-ce que le début de l’aventure. En gros, on retrouve notre petite blonde aux supers-pouvoirs et son acolyte policier dans le village de bateaux volants délabrés Banga, constitué des descendants d’une ancienne et très lointaine tribu aujourd’hui disparue. Sans ses atours sexy ni son catalyseur de pouvoirs que représente son chat Poussière, Kat en est réduite à la simple condition d’humaine lambda et travaille pour une équipe de mineurs qui récoltent le précieux minerai traditionnel pour le Conseil qui a la main mise sur ce nouveau monde. Kat et Syd se retrouvent en fait dans cette situation suite aux derniers évènements s’étant déroulés à Rikseville, les plongeant dans une faille gravitationnelle. Ceci ne durera bien entendu pas longtemps, même si le prologue qui présente le tout et permet enfin à Kat de retrouver ses pouvoir parait bien long. De même, les séances de blabla par bulles de BD interposées sont souvent trop longues, inutiles et qui plus est pas doublées. N’hésitez donc pas à les zapper à l’envie. La bande originale du jeu est par contre de très bonne qualité, avec des thèmes musicaux variés, orchestrés et collant parfaitement aux différentes atmosphères.

Enfin, puisqu’il en faut pour tous les goûts et que le social façon réseau sociaux est définitivement le gimmick du moment, il est possible de prendre des photos des environs ou carrément de Kat et de les publier pour approbation par les autres gamers « sociaux » mais pas forcément très sociables. Ainsi, évaluer les photos des autres joueurs et faire évaluer les siennes rapportera quelques points de poussière utiles à la progression des stats et aptitudes de Kat, en marge des gemmes et talismans d’amélioration que l’on récolte lors des missions principales ou annexes. Toujours en online, il est également possible de déclencher une chasse aux trésors en prenant la photo d’un des nombreux coffres disséminés dans les environnements. L’idéal étant de prendre un cliché permettant de guider au mieux les joueurs, grâce à un monument ou une caractéristique clé. Il est en effet dans votre intérêt pécuniaire que les autres trouvent également les coffres. Pas de quoi crier au génie mais les amateurs de online à tout va seront certainement contentés, l’intérêt du titre ne résidant de toute manière pas dans cet aspect gadget.

Au final, Sony Japan Studio nous proposent un titre first party exclusif de haute volée. Gravity Rush 2 est beau, parfois même sublime, extrêmement fun à jouer malgré une jouabilité non pas mal réglée mais parfois complexe à gérer. Pour couronner le tout, ce second opus apporte encore plus de caractère avec une direction artistique inspirée et un rendu cell-shading proche de la BD. L’utilisation de filtres en tous genres, de motion-blur et autres effets de lumière volontairement exagérés donnent une patte très sympa à l’ensemble mais aussi très particulière. En définitive, ceux qui ont déjà craqué pour l’épisode original sur Vita ou sur le remake PlayStation 4 peuvent se ruer sur Gravity Rush 2. Pour les autres, une démo est disponible sur le PlayStation Store pour vous faire une idée. Une chose est certaine, Gravity Rush 2 a du caractère et il faut savoir l’apprivoiser mais également adhérer à son style graphique si particulier.

7.9

Bon

Gamer depuis presque 30 ans, sa passion pour le jeu vidéo demeure pourtant intacte. Touche à tout et ouvert, il a néanmoins toujours un faible pour l'univers de Nintendo, entre nostalgie des glorieuses années passées et marasme des dernières générations ! Jonglant entre Warhammer 40,000 Dawn of War III sur PC et NieR Automata sur PS4, il attend avec impatience l'arrivée de Tekken 7, Wipeout Omega et Micro Machines World Series sur PlayStation 4... En attendant les parties avec Michel sur Destiny 2 !
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