Mass Effect Andromeda – 2 balles et un mars

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Annoncé par Bioware lors de l'édition 2014 de l'E3 soit quelque mois seulement après l'arrivée des PS4 et Xbox One sur le marché, le nouveau volet de Mass Effect aura malheureusement tardé à pointer le bout de son nez. A peine débarqué déjà dépassé ?

Depuis la sortie du troisième opus à la conclusion remaniée, on piaffait d’impatience à l’idée de découvrir les nouvelles aventures du très libidineux commandant Shepard. Précisons d’emblée que le tombeur de ses dames et l’équipage du Normandy n’ont pas repris du service. S’il conserve quelques routines propres à la saga à l’instar des romances et du système de dialogue, dans l’ensemble mettez de côté la plupart des ingrédients – alliés attachants, scénario en béton armé, sauvegarde employée par trois épisodes – qui faisaient le charme et l’attrait de la précédente saga! Ce nouvel opus propose de découvrir de nouveaux protagonistes et antagonistes, un nouvel univers ainsi qu’un gameplay « inédit » qui semble répondre au cahier des charges d’un jeu de 2016… voire plutôt de 2014 ou même d’avant.

Se déroulant quelques centaines d’années après le conflit qui opposait Shepard aux Moissonneurs, cet action/RPG invite à suivre les péripéties d’un Pionnier. Un explorateur qui s’aventure aux confins de la galaxie d’Andromède, afin de trouver une nouvelle planète pour des colons placés en stase depuis six siècles. Incarnant l’un des rejetons inexpressifs d’Alec Ryder (garçon ou fille), on se retrouve embarqué dans une épopée mal rythmée et ce malgré une mise en jambe introductive qui se voulait pourtant riche en émotions : dommage ! Loin d’être aussi bien orchestré que ses pairs, Mass Effect Andromeda propose d’explorer des planètes et astéroïdes constituées de vastes étendues désertiques à bord d’un véhicule tout terrain, le Nomade, l’équivalent du Mako mais avec des lignes plus racées. On carbure à travers les contrées inhospitalières pour accéder à certaines quêtes principales, pour dégotter – parfois par hasard – des missions secondaires mais aussi des monolithes qui servent à terra former les corps célestes en proie aux radiations ou aux températures extrêmes. Cette dernière partie vient d’ailleurs plomber encore un scénario qui peine déjà à décoller. Ainsi avant d’implanter les colons dans un nouvel habitat, il faut explorer des sanctuaires pour dénicher des glyphes, et résoudre d’ennuyeux puzzles – équivalents aliens du Sudoku – par trois fois. Les énigmes résolues, les pylônes activés on plonge dans les profondeurs glauques d’un sombre caveau pour s’adonner à des phases de plateforme approximatives mâtinées d’action.

Les amateurs de jeux de tirs à la troisième personne peuvent se réjouir. Lors des affrontements « scriptés », l’action explosive et débridée est plus que jamais de la partie surtout depuis l’introduction de propulseurs qui permettent de s’élancer dans les airs ou d’esquiver les attaques ! A contrario, le système de pause active des premiers volets – qui prodiguait un soupçon de stratégie/tactique aux confrontations – est définitivement porté disparu. Ainsi lorsque l’on donne des ordres aux alliés contrôlés par l’IA, on se cantonne à désigner une cible à abattre ou une position à tenir. De son côté, le joueur doit faire de son mieux pour réanimer ses coéquipiers tombés au combat et survivre à des gunfights, qui se résument à crapahuter à travers des structures linéaires, activer des interrupteurs et dézinguer des successions de vagues d’ennemis belliqueux. Pas question de prendre racine derrière un abri salvateur ! Les adversaires n’hésitent jamais à contourner la position, à la dégommer ou à trouver l’angle approprié pour nous éliminer au corps à corps ou via une rafale de fusil d’assaut ou jet de grenade bien placée. Pour occire les gêneurs, il est toujours possible d’utiliser toutes sortes d’armes (mitraillette, fusil de précision, « poignards »…) ainsi que des capacités – plus ou moins – spéciales. Ces dernières s’obtiennent et s’améliorent au fur et à mesure de la montée en expérience par le biais des points de compétences. Attention les yeux, l’usage des pouvoirs biotiques engendre des effets pyrotechniques certes spectaculaires mais qui nuisent à la bonne lisibilité de l’action ! Au bord de l’agonie, la vision troublée, difficile de ne pas périr après s’être pris une balle perdue. Plus frustrant encore, le jeu oblige à recommencer la confrontation depuis le début, la faute à des points de contrôle beaucoup trop espacés. Entre ses mondes ouverts trop vastes et inintéressants et sa difficulté parfois faussée, Mass Effect Andromeda donne l’impression de chercher à gonfler artificiellement sa durée de vie, qui dépasse pourtant allègrement la trentaine d’heures. Aurez-vous la patience d’y jouer jusque là ?

Côté technique, le dernier né de chez Bioware brille presque plus sur le fond, que sur la forme ! Bien qu’il soit basé sur la troisième mouture du moteur graphique Frostbite – développé et employé depuis belle lurette par les jeux de chez DICEMass Effect Andromeda est loin d’être aussi éblouissant que ne l’est un Star Wars Battlefront vieux de deux ans. Testé sur Xbox One – version commerciale, patchée dès le jour de la sortie – le titre émerveille a de trop rares reprises. Les environnements manquent d’homogénéité, ils vont du splendide à l’esthétiquement douteux. Vus de près lors des virées en « bagnole » les décors naturels affichent des polygones trop saillants et sont aussi flanqués de textures répétitives. Mais ce que l’on reproche le plus à ce jeu sur la partie de la réalisation? Sûrement un gros manque de soin au niveau des animations, des expressions corporelles et faciales pas forcément raccord. Plus globalement l’animation du jeu est aussi parfois aux fraises dans certaines zones – du Nexus notamment – les mouvements du héros et les environnements restent figés l’espace de trois/quatre secondes, le temps que les données soient transmises à la mémoire par ce gros flemmard de disque dur de la Xbox One. Réalisation trop ambitieuse ou manque d’optimisation ? Le problème sera sans doute réglé dans les prochains mois à grands renforts de patchs. Croisons aussi les doigts pour que Bioware mette à profit ces mises à jour afin de simplifier au maximum l’interface du jeu qui est flanqué de menus et sous-menus peu intuitifs et vraiment trop lourdingues. Achevons enfin ce tour d’horizon en précisant que le titre propose toujours une VF soignée et une BO manquant de gros synthés bien gras qui peine à rester en mémoire.

Difficile d’accrocher d’emblée aux premiers exploits de la famille Ryder. La faute notamment à une aventure mal rythmée, et à une réalisation qui n’exploite pas toujours au mieux les capacités du moteur graphique. Joli sans plus, un titre sympa mais certainement pas inoubliable.

Avis de Michel sur la version PS4 Pro

Je suis dans l’ensemble d’accord avec Olivier-Brice sur ce Mass Effect Andromeda. Cet épisode est un peu un condensé d’actes manqués pour en faire la superproduction qu’on en a attendu. Sur bien des aspects, j’ai eu l’impression d’un titre qui manquait de direction avec un manque de cohérence général aussi bien d’un point de vue artistique que technique. C’est dommage car le gameplay, même s’il est perfectible, est plaisant. J’ai passé des heures à écumer les planètes et remplir petit à petit les missions principales ou les quêtes annexes. J’aurais juste aimé que la réalisation soit à la hauteur de l’enjeu ce qui n’est pas le cas donc. Même sur PS4 Pro, l’animation ne parvient pas à rester fluide. De fortes baisses de framerate bien souvent incomprehensibles car pas dans des situations qui nécessiteraient toutes les ressources du CPU et du GPU de la PS4 Pro. Sans être un incontournable, Mass Effect Andromeda va être pour moi un titre que je vais picorer au fil des mois et non le genre de titre qui me maintiendrait scotché du début jusqu’à la fin en quelques dizaines d’heures.

 

Galerie Xbox One

Galerie PS4 Pro

Good

  • Enfin un nouveau Mass Effect
  • Un gameplay nerveux
  • Joli, des planètes dépaysantes
  • Une durée de vie énorme

Bad

  • Une aventure mal rythmée
  • Une histoire pas assez dirigiste
  • Une réalisation parfois aux fraises
  • Des menus lourdingues et pas intuitifs
6.6

Correct

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek. LIFE IS SHORT PLAY MORE
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