Resident Evil 7 Biohazard – A la source de l’horreur

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Sous titré Biohazard sous nos latitudes ou Resident Evil au Japon, ce nouveau volet de la saga est loin d'être l'énième suite tant attendue ou plutôt redoutée. Attachez vos ceintures et préparez-vous à un retour aux sources horrifiques de la licence. Attendez-vous à en prendre plein les yeux et à avoir l'estomac retourné en découvrant ce reset, pardon, ce RE7 aux faux airs de reboot !

Après avoir donné ses lettres de noblesse au genre du survival-horror (initié par le mythique Alone in the Dark), la licence Resident Evil avait perdue de son lustre d’antan en lorgnant trop souvent du côté du jeu d’action résolument bourrin et spectaculaire. Adoptant un rythme bien moins effréné que ses plus proches prédécesseurs, ce septième volet aux allures de reboot – voire de prélude – va vous filer les pétoches et vous glacer le sang. Oubliées les péripéties explosives de Chris Redfield ou Leon Kennedy ! Cette fois, le joueur incarne Ethan Winters, un héros torturé semblant tout droit échappé d’un Silent Hill et dont la douce moitié a mystérieusement disparu dans un coin reculé de la Louisiane. Trois ans après sa disparition, notre héros part à la recherche de sa dulcinée. Il se retrouve alors à crapahuter/enquêter sur les terres inhospitalières et marécageuses du domaine de la famille Baker. Une bande de terrifiants péquenauds anthropophages dont le quotidien se résumerait à enlever, séquestrer et torturer des inconnus, pour le plaisir de la bouche… et pas seulement.

Le titre renouant avec le genre du survival-horror, pas question de se lancer dans d’intenses pétarades. Au contraire, Resident Evil 7 invite à faire profil bas ! Désarmé en début de partie, Ethan doit jouer la carte de l’infiltration et fuir tout contact douloureux ou sanglant avec les membres de la famille Baker. Ces croque-mitaines déambulent dans les couloirs de leurs vastes résidences à la recherche de l’invité indésirable. Prudence ! Le casque audio vissé sur les cages à miel, on reste à l’affût des claquements de porte et des pas lourds et menaçants qui s’avancent sur le parquet grinçant. Les membres horrifiques de la famille Baker sont loin d’être les seuls occupants des propriétés délabrées. Comme dans tout bon Resident Evil, on se retrouve aussi confronté à un bestiaire cauchemardesque qui va du moustique surdimensionné, à l’ogre surpuissant en passant par la créature maléfique qui rôde dans l’ombre. Le plus généralement les ennemis émergent des ténèbres pour tendre des guet-apens sournois à notre avatar au détour d’un couloir mal éclairé ou encore d’une pièce que l’on croyait sécurisée. Ne vous fiez pas à l’allure grotesque des « infectés » ou à leur démarche semblable à celle d’un pantin désarticulé, ils sont parfois bien plus agiles et dangereux qu’il n’y paraît.

Même si l’on récupère quelques armes – flingue, lance-flammes, fusil d’assaut… – lors de l’aventure, les rares munitions disséminées dans les niveaux obligent malgré tout à fuir les confrontations et à économiser les balles. Pas question de récupérer des cartouches sur les cadavres des bestioles fraîchement décomposées ! Et puis, ne comptez pas trop sur le couteau obtenu en tout début de périple pour occire les ennemis, car il s’avère moins redoutable que le bon vieux poignard de Jill Valentine. Pour se soigner le joueur peut évidemment employer des plantes vertes combinées à des agents chimiques pour élaborer des remèdes ou booster la puissance des munitions. Mais gare ! L’inventaire de départ devient de plus en plus étroit à mesure que l’on glane des clés, armes et items. Le jeu oblige donc à emporter le strict minimum et à laisser l’excédent dans un coffre. Pour accroitre la capacité de l’inventaire on récupère au fil de l’épopée des gilets, qui permettent de porter davantage d’armes, des cartouches, des items curateurs et des objets de quêtes.

Bien que l’action reste de la partie, Resident Evil 7 remet au goût du jour des gimmicks et des ingrédients éprouvés qui ont fait le succès de la série. Durant cette aventure qui dure un peu moins d’une dizaine d’heures (sans forcer), on se retrouve à explorer des vastes demeures, à résoudre des puzzles et à dénicher des clés et mécanismes enfouis dans des souterrains glauques aux eaux croupies. Amateurs de frissons réjouissez-vous, l’horreur fait son grand retour ! Si les précédents jeux étaient au mieux sanglants et un peu bizarres, ce septième volet repousse quant à lui les limites de l’horrifique et du gore ! A l’écran, l’hémoglobine gicle en quantité généreuses, ça tronçonne, ça éviscère et la perspective en vue subjective nous immerge en plein cœur de la chasse à l’homme menée par la famille Baker et leurs sbires !

Si ce point de vue inédit s’avère immersif, combiné à un casque de réalité virtuelle comme le PlayStation VR de la PlayStation 4, seul supporté pour l’instant, l’expérience s’avère encore plus saisissante et effroyable ! L’immersion est totale malgré une résolution inférieure. PS VR et casque audio vissé, et vous voilà plongé au coeur même du domaine des Baker. Reste à savoir si les possesseurs de la bécane de Sony ont le cœur suffisamment accroché pour tenir sur toute la durée de l’aventure. Testé sur PC, Resident Evil 7 profite d’une adaptation très réussie et ce malgré une sortie simultanée sur les machines de salon. Stable et offrant une kyrielle d’options visuelles, le dernier né de chez Capcom s’avère parfaitement jouable en HD même sur une bécane aux composants vieux de trois ou quatre ans… à condition de sacrifier quelques détails notamment au niveau de la gestion des ombres. Techniquement toujours, le titre offre des environnements détaillés, des effets graphiques convaincants et il n’impose que de rares temps de chargement assez longuets lors de la reprise d’une sauvegarde. Sur consoles, il n’y a pas grand chose à en dire. C’est plutôt soigné et maintient le 60 images/seconde dans l’ensemble. On peut juste noter que la version Xbox One présente lors de certaines séquences un framerate moins stable.

En définitive, ce septième opus ne déçoit que par le design assez sommaire de certaines des créatures cauchemardesques, l’absence d’environnements vraiment ouverts ou des coups de mous occasionnels de l’animation dans les décors les plus détaillés ! Rien de vraiment rédhibitoire qui risque de refroidir les ardeurs du fan de la saga comme le joueur PC le plus acharné ! Captivante, immersive et délicieusement gore, cette plongée d’une petite dizaine d’heures dans l’horreur, relance avec maestria une licence Resident Evil qui était au point mort depuis quatre ans… et peut être même avant.

8.5

Super

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek. LIFE IS SHORT PLAY MORE
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