Shiness The Ligthning Kingdom – Un action/RPG frenchie à grands coups de menhirs

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Tout est dans le titre en ce qui concerne la substance et l’héritage de Shiness, développé par Enigami, un studio indépendant français. En gestation depuis 2013, ce RPG pas comme les autres bénéficie de quelques arguments intéressants malgré des défauts de jeunesse et un manque de moyen certains. En route pour les météoras !

Univers chatoyant, personnages fortement typés manga, beaucoup (trop) de dialogues, un système de jeu complexe, pas de doute, l’inspiration des développeurs lorgne bien du côté du Pays du Soleil Levant. Et ce n’est pas le système de combat carrément inspiré des beat’em up qui pourront faire penser le contraire. Riche et proposant un bon challenge ainsi qu’une courbe d’apprentissage exponentielle, ce système de combat est certainement LE gros plus apporté par cette production indépendante. De la magie aux coups spéciaux en passant par les déplacements, tout se déroule en temps-réel et sous seul ordre du joueur qui ne reste pas passif, n’en déplaise aux fans du système largement trop assisté d’un Final Fantasy XV. Bien entendu, le joueur contrôle un seul personnage à la fois durant les joutes mais peu switcher à l’envie entre les différents personnages qui composent son équipe. Un système de commandes permet également de réaliser quelques macros déclenchées par un évènement bien précis. On pourra prendre l’exemple simple d’une action de soin à déclencher en dessous de 75% de vie restante pour le personnage en cours d’utilisation. Sachant que ces commandes peuvent être paramétrées pour chaque personnage, on a largement de quoi élaborer de nombreuses stratégies et contenter les adeptes de bidouilles en tout genre.

Pour le reste, Shiness The Lightning Kingdom se révèle assez classique voire en demi-teinte. Son scénario tout d’abord laisse assez indifférent et s’avère assez décousu. Les tribulations de Chado et Pooky accompagnés de l’esprit magique Terra, en quête des mythiques Terres de la Vie, berceau de la force élémentaire représentée par le Shi sont loin d’être des plus palpitantes. Flanqué de longs dialogues souvent inutiles et d’une alternance typique exploration/village/dialogue/donjon, le titre manque globalement de rythme. Les phases d’exploration sont en effet plombées par une difficulté à s’orienter assez exaspérante, la faute à un level design pas toujours inspiré mais aussi à une carte trop imprécise. On erre souvent quelques minutes entre chaque objectif de quête principale ou secondaire. C’est bien dommage car les personnages de Shiness sont attachants et l’univers du titre vraiment plaisant et travaillé. On esquisse de temps à autre un sourire à l’évocation de certains noms, comme celui du pouvoir spécial de Chado utilisé notamment pour résoudre certaines énigmes en phase d’exploration : le Shi Menhiro. Ce pouvoir permet en fait à notre héros un rien survolté de faire apparaître un menhir bien gaulois afin de l’utiliser pour briser des accès fragilisés dans des parois ou encore déclencher des interrupteurs à l’image d’un Link dans Zelda. Les énigmes sont d’ailleurs assez sympas sans non plus demander de faire surchauffer nos neurones. On regrettera simplement la relative rigidité de la jouabilité ainsi que son imprécision durant les phases d’exploration. C’est une fois de plus bien dommage puisque cette même jouabilité est vraiment bien calibrée durant les phases de combat.

Techniquement enfin, si le titre rend bien avec son cell-shading de bon aloi, il est néanmoins aux antipodes de ce que l’on peut réaliser sur les machines d’aujourd’hui. Les environnements sont certes vastes mais constitués assez souvent de (larges) couloirs entre lesquels sont intercalées des zones de jeu plus conséquentes. Et c’est sans compter la modélisation globale assez anguleuse et des textures relativement simplistes. Dans le même genre graphique, Zelda Breath of the Wild sur Wii U/Switch et ses mondes ouverts sont passés par là et Shiness en paye un peu le prix. Testé sur PS4 Pro, l’absence d’anti-aliasing est étonnant et rend le look général peu net. Ce défaut est moins flagrant sur PC pour ceux qui ont de grosses configurations. Mention spéciale toutefois aux animations de l’ensemble des personnages et monstres qui ont fait l’objet d’un beau travail de la part des équipes d’Enigami. Les compositions musicales sont pour leur part relativement inégales. Assez souvent soporifiques et répétitives en phase d’exploration, les compositions musicales savent pourtant se montrer de bonne facture lors des combats, proches des musiques à base de riffs de guitare bien sentis à l’image de celles des meilleurs jeux de combat japonais. Côté doublages, pas de quoi crier au génie non plus, avec des doublages anglais qui manquent cruellement de conviction.

Avec son univers attachant et ses couleurs chatoyantes, Shiness aurait pu faire mieux. Techniquement en retrait par rapport aux productions actuelles, le soft se place néanmoins dans le haut du panier des productions indépendantes. La jouabilité bien trop rigide en phases d’exploration, la difficulté que l’on éprouve à s’orienter gâchent néanmoins le plaisir que l’on peut éprouver à progresser au sein du monde de Shiness The Lightning Kingdom. Le système de jeu, complexe ainsi que le système de combat en temps réel du titre rattrapent néanmoins le tout. Attention toutefois à ne pas considérer Shiness comme un jeu destiné au jeune public. Il y a du challenge et les menus sont relativement nombreux et font preuve d’une certaine complexité. Le studio français Enigami a réalisé globalement un travail colossal et on attend avec une certaine impatience un nouveau projet de leur part qui pourrait gommer une bonne partie des défauts de jeunesse de Shiness The Lightning Kingdom.

Good

  • Direction artistique sympathique
  • Personnages principaux attachants
  • Système de combat en temps réel aux petits oignons

Bad

  • Techniquement en retard
  • Scénario minimaliste, trop de blabla
  • Jouabilité trop rigide
6.5

Correct

Gamer depuis presque 30 ans, sa passion pour le jeu vidéo demeure pourtant intacte. Touche à tout et ouvert, il a néanmoins toujours un faible pour l'univers de Nintendo, entre nostalgie des glorieuses années passées et marasme des dernières générations ! Jonglant entre Warhammer 40,000 Dawn of War III sur PC et NieR Automata sur PS4, il attend avec impatience l'arrivée de Tekken 7, Wipeout Omega et Micro Machines World Series sur PlayStation 4... En attendant les parties avec Michel sur Destiny 2 !
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