Sonic Mania – SEGAGAGA

PC PS4 PS4 Pro Switch Tests Xbox One

Le hérisson bleu revient dans un épisode résolument oldschool destiné aux fans de la première heure. Si vous avez connu Sonic sur Master System, Game Gear ou Megadrive alors préparez-vous à briser le mur du son avec ce jeu de plateforme aux allures de déclaration d’amour à l’âge d’or de la mascotte de Sega !

Pendant que que la Sonic Team apporte les dernières touches au développement d’un Sonic Forces dont la sortie est calée en fin d’année, c’est un trio de studios indépendants qui livre aujourd’hui un pot-pourri des aventures du hérisson supersonique. En résumé voici un titre développé pour les fans par des fans. Ce projet a ainsi été porté par Christian Whitehead, un indé qui avait notamment adapté avec brio le sympathique Sonic CD et les deux premiers opus de la saga Sonic sur consoles HD et smartphones. S’il avait réussi à rendre Sonic jouable sur un Lumia 830 tous les espoirs sont permis.

A la manière de Sonic Generations, ce Sonic Mania revisite quelques mondes emblématiques des jeux sortis sur les machines 8 et 16bit , comme la Green Hill Zone et Hydro City. Toutefois il apporte son lot de nouveaux niveaux ainsi qu’une « jouabilité » légèrement remaniée. Ce jeu de plateforme 2D invite toujours à foncer d’un bout à l’autre d’une vingtaine de stages, en ramassant des anneaux et différents types d’items protecteurs. Un principe qui n’a pas bougé d’un iota depuis la sortie de la première aventure de Sonic en 1991. Et si vous caressez l’espoir d’affronter « le » boss final sous la forme de Super Sonic et ainsi voir la vraie conclusion de Sonic Mania, sachez qu’il faudra déployer des trésors de persévérance et passer les niveaux au peigne fin afin de dégoter les bonus stages menant vers les Chaos Emeralds. A l’instar de Sonic et Knuckles, dont il est la suite directe, le jeu offre de suivre les péripéties de Sonic et de Tails le renard à deux queues ou de Knuckles le marsupial bagarreur. Nos héros sont de nouveau opposés à l’inévitable et revanchard Docteur Robotnik (et à son armée de robots) qui s’amuse à chambouler le temps grâce à une mystérieuse gemme enfouie dans l’Angel Island de Knuckles. Pas étonnant que l’on crapahute à travers des versions alternatives ou inspirées de mondes bien connus ou que l’on retrouve des boss déjà vaincus, et de nombreuses références aux jeux de la licence Sonic… Voire à de nombreuses autres franchises de chez SEGA. Les Segamaniques qui ont passé des dizaines d’heures sur des titres comme Sonic R, Sonic The Fighters, Docteur Robotnik Mean Bean Machine voire Streets of Rage et Daytona USA, jubileront à coup sûr à chaque cameo ou clin d’œil à ces jeux mythiques.

Tandis que les deux premiers monde ont des allures de promenade de santé, on ne tarde pas à découvrir que ce jeu de plateforme fun de prime abord n’en reste pas moins exigeant. Et même si l’on dispose de continus illimités pour parvenir à la fin de l’aventure, on ne possède que dix minutes par level et un total de trois vies (de base), pour boucler deux niveaux, vaincre un demi-boss puis un boss, avant de voir notre progression consignée et passer au monde suivant. Une expérience bien plus intense et éprouvante qu’il n’y paraît, et ce même si le mode « histoire » se boucle en l’espace d’une soirée. Ainsi la progression à travers les niveaux exagérément longs et labyrinthiques est pimentée par une surabondance de pièges acérés et d’ennemis féroces, qui veillent jalousement sur les items protecteurs et vies supplémentaires. Du coup, il n’est pas évident d’achever le niveau d’un trait sans s’y reprendre à plusieurs fois en mémorisant les actions à exécuter dans les passages les plus périlleux. Certes, le jeu reprend le feeling global et de nombreux ingrédients indispensables à l’élaboration d’un bon Sonic, toutefois il tente d’atténuer l’impression de déjà vu en obligeant le joueur à composer avec des mécaniques inédites. L’usage du bouclier de feu dans les pipelines de l’Ocean Oil Zone mettent le feu à l’or noir, on peut évoluer à travers un level en passant du premier plan à l’arrière plan et notre héros se retrouve miniaturisé en passant sous un rayon réducteur. Les bonus stages sont accessibles depuis les checkpoints, ils reprennent la forme (et la musique) des level bonus de Sonic 3 et Knuckles. Une fois achevés ils prodiguent non pas des émeraudes du Chaos mais des aptitudes supplémentaires à nos héros et des mignardises supplémentaires aux joueurs. Testé sur Nintendo Switch, le jeu s’est avéré être bien plus coopératif avec l’ersatz de croix directionnelle qu’au stick analogique. Si la texture du stick est plus agréable pour nos pouces vite endoloris, ce contrôleur manque cruellement de précision et de réactivité lors des passages les plus ardus. Oubliez le JoyCon, pour plus de confort optez plutôt pour un pad Switch Pro. La console foisonnant de titres néo-rétro, à l’image de ce Sonic Mania, l’amateur de jeux rétro l’aura vite rentabilisé. Gardez toutefois les JoyCon à portée de main notamment pour essayer le mode versus qui offre de sympathiques « courses » à deux joueurs en écran splitté ou même de jouer en coopératif avec Sonic et Tails… Comme au bon temps de la Megadrive.

D’ailleurs en terme de réalisation, Sonic Mania tente de nous ramener vingt-cinq ans en arrière en adoptant un rendu 2D, Megadrivesque, qui n’en reste pas moins taillé pour nos consoles HD. Pas besoin de rebrancher sa 16bit adorée pour se rendre compte que le jeu possède des graphismes plus généreux, une palette de couleurs étoffée. Sonic Mania dispose ainsi d’arrières plans complexes, des animations plus fluides et détaillées, il offre des effets de transparence et de zoom jamais vus sur Megadrive et il intègre aussi parfois naturellement des éléments en 3D au milieu d’un rendu 2D. Même si le rendu global est plus fouillé, il manque hélas aussi parfois de lisibilité. Ce qui risque de causer quelques morts stupides ou – moins grave – d’irritantes pertes d’anneaux. Côté musiques on retrouve des reprises fidèles des thèmes d’origines ainsi que des remix nettement plus nerveux et entraînants. Une bande son globalement réussie qui risque de vous trotter dans la tête, au point de vous rendre dingue.

Retour gagnant pour le hérisson bleu ! Sonic Mania est un jeu de plateforme incontournable destiné aux amateurs, nostalgiques ou non, de la mascotte de SEGA. Malgré ses imperfections, il s’impose comme une digne suite spirituelle de Sonic&Knuckles.

Good

  • Un bon Sonic 2D
  • Une réalisation soignée… Dans l’ensemble
  • Un prix raisonnable

Bad

  • De fréquentes sensations de déjà vu
  • Des niveaux exagérément longs
  • Les stages bonus pour choper les émeraudes du Chaos
8

Super

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek. LIFE IS SHORT PLAY MORE
Average User Rating
6.8
3 votes
Rate
Submit
Your Rating
0

Lost Password

Sign Up