Styx Shards of Darkness – Le retour du gob’ mal embouché

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S’il avait remporté quelques suffrages pour sa première aventure sortie fin 2014, Styx, le gobelin voleur passé maître dans l’art de l’assassinat léché et le pillage tous azimuts, rempile pour une seconde aventure sur PC mais aussi sur nos consoles next gen. Styx Shards of Darkness est dans la place, profitons-en pour le décortiquer.

Si le premier épisode, Styx Master of Shadows avait apporté un petit vent de fraîcheur nauséabonde dans le petit monde assez fermé de l’infiltration, avec ce second jet, Styx se devait de faire mieux et d’enrichir la formule autant que faire se peut. Malheureusement, s’il s’est visuellement embelli sans trop d’efforts depuis 2014 – merci l’Unreal Engine 4 – il n’est pas exempt de défauts assez prononcés, tant techniques qu’en termes de gameplay.

Et c’est la jouabilité tout d’abord qui fait franchement défaut. Alors que l’intro vous présente un Styx leste, à la fois furtif et quasi infaillible, enchaînant les kills sans sourciller, une fois le pad en main, c’est plutôt un gob nourrit à 300% au McDo auquel on se frotte. Quand un “simple” assassinat tourne au cauchemar plusieurs fois d’affilée (merci les sauvegardes rapides et les temps de chargement corrects !), on a beau se remettre en question, la jouabilité et son manque criant de précision est au final en grande partie responsable des échecs cuisants à répétition. Quand, par la même occasion, les sauts de cordage en cordage puis de corniche en rebords de toiture moisies deviennent carrément prise de tête et se soldent les trois quart du temps par une bonne grosse loose des familles, il y a de quoi titiller la partie la plus primaire du cerveau humain qui cri “jette-moi ce pad, jette moi ce pad !!!!”. Vous l’aurez compris, on est bien loin de la fluidité de ce que l’on nous présente depuis des mois dans de jolis trailers bien montés et agrémentés de cinématiques où furtivité et facilité d’exécution étaient les maîtres mots, en apparence. Axé infiltration pure, il est très difficile de s’en sortir lors d’un combat au corps à corps basé essentiellement sur un contre sur timing réussi pour finir sur un assassinat classique une fois sur cinq et sur un game over et une insulte façon Styx le reste du temps…

Ajoutez à cela le côté toujours plus badass et décalé de l’ami Styx, qui vous charrie un peu in-game et carrément énormément à chaque game over et vous obtenez l’un des titres d’infiltration les plus horripilants du moment. Le côté décalé est sympa les premières minutes mais se prendre des “fuck” et de l’humour US bien gras et centré American Pie à ne plus savoir qu’en faire use rapidement la patience et le respect pour un titre qui ne vous respecte au final pas vraiment, en tant que joueur. Pour le reste du gameplay, on a droit à des missions à objectifs désignés comme le nez au milieu de la figure ainsi qu’à moult éléments à glaner ça et là permettant de faire office de quêtes secondaires du pauvre, histoire d’augmenter la difficulté et de gonfler la durée de vie de la façon la plus artificielle qui soit. Côté système d’évolution, un bon vieil arbre de compétence se décline en plusieurs branches telles que celle permettant d’augmenter les capacités du clone de Styx, de l’invisibilité temporaire dont notre antihéros dispose ou bien de sa capacité à crafter fléchettes et autres objets utiles pour éviter les rixes à tout prix. Faire plus classique tient clairement de la gageure.

Graphiquement le jeu tient la route mais sent à mille kilomètres à la ronde l’Unreal Engine 4, comme souvent. Résultat, le rendu est relativement clean, les niveaux alternant entre espaces sombres et parties éclairés comme il se doit profitent d’effets de lumière bien gérés mais le tout manque clairement de personnalité. Le level design tout en verticalité ne tient pas non plus du génie et ceux qui en ont ras le pad des univers heroic-fantasy glauques seront servis. En clair et pour faire court, l’ensemble manque cruellement d’originalité. Côté qualité des animations, si Styx bénéficie d’un traitement de faveur, on est loin de ce résultat du côté des pauvres hères qui nous servent de proie. Le syndrome du balais dans le fondement a encore frappé. Pour couronner le tout, le frame rate descend souvent sous la barre des 30 fps sans raisons apparentes. D’autant que, comme souvent ces derniers temps, les chutes de frame rate surviennent à des moments bien loin des phases les plus surchargées. Quand on a vu ce que donne un Horizon Zero Down sur PS4 Pro et même sur un PS4 classique, on a franchement du mal à pardonner à ce niveau. Testé sur une PS4 Pro, mon soupçon se porte sur un portage non optimisé du titre puisque la version PC ne semble pas souffrir de tels défauts techniques qui impactent le gameplay général. Peut-on espérer des patchs d’optimisation?

Au final, j’attendais personnellement ce Styx Shards of Darkness avec intérêt et j’ai été au final plus que déçu par ce qui nous est servi. Si le titre est graphiquement sympa, techniquement il ne tient pas la route et se paie en sus le luxe de proposer une jouabilité poussive et parfois à la limite de l’archaïsme. Saupoudrez d’une bonne dose de manque cinglant d’originalité, de musique insipide et d’absence de doublages français (qui se sont pourtant bien améliorés ces derniers temps) et d’ennui profond à jouer ce énième titre en monde dark-heroic-Fantasy et vous obtiendrez un petit jeu d’infiltration qui peut éventuellement mériter un achat en occaz’.

5.5

Moyen

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu'il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d'éditeurs et de sites web. Côté jeux, il monte ses trois gardiens sur Destiny 2 et se prépare pour divers jeux de course comme Project Cars 2 et GT Sport.
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