The Legend of Zelda Breath of the Wild – Une véritable bouffée d’air frais chez Nintendo

Jeux Switch Tests Wii U

Je n’irai pas par quatre chemins. Autant être clair dès le départ. The Legend of Zelda Breath of the Wild fait le buzz. C’est un fait. Et il le mérite, n’en déplaise aux infatigables détracteurs. Aux confins de l’éternelle guéguerre pré-pubère qui oppose “partisans” de l’univers PlayStation et ceux qui carburent au Big N depuis leur enfance, ce nouvel opus de la saga est évidemment comparé à Horizon Zero Dawn. Nous n’entrerons pas comme certains de nos confrères dans un débat stérile et vain, le tout pour nous concentrer sur le sujet principal : The Legend of Zelda Breath of the Wild (version Nintendo Switch). En avant…

Autant se débarrasser de ce point d’emblée, oui The Legend of Zelda Breath of the Wild sur Nintendo Switch n’est pas une claque graphique. Mais il n’est pas non plus immonde, loin de là. Effectivement, ce Zelda nouveau cru est techniquement loin d’être parfait, et comme vous le savez certainement déjà, il est victime de ralentissements assez poussifs à certains moments en mode Switch dockée. Le problème se produit néanmoins uniquement en mode TV. Après un minimum d’analyse et comme le semblent le confirmer nos confrères bien calés de chez Digital Foundry, cela ressemble plus à un problème lié à la gestion du streaming de données, propre aux jeux open world. Les ralentissements ne se produisant par ailleurs que très rarement lors de scènes surchargées. A contrario, en mode nomade sur le (magnifique) écran de la Switch, aucun problème de fluidité n’est à déplorer, même durant les phases de jeu les plus chargées. Passé ce problème qui est certes parfois gênant mais pas non plus constant, un monde d’une rare diversité d’une richesse et d’une beauté artistique rares s’offre à vous. L’ensemble est appuyé avec brio par une des meilleures OST rencontrées dans un Zelda tant elle s’adapte à chaque situation de manière complètement naturelle. Savant mélange de sonorités électroniques alliées à de discrets passages symphoniques mâtinés d’envolées d’instruments folkloriques, cette bande originale s’éloigne clairement des thèmes souvent un poil trop guillerets des précédents opus « modernes ». On notera également des doublages français de bon ton lors des cut-scenes, une fois n’est pas coutume. Car oui, les personnages parlent enfin :D.

Mais revenons-en un peu à la technique. Les textures parfois simplistes demeurent la plupart du temps suffisamment travaillées pour offrir un style bien particulier au titre, entre cellshading à l’ancienne, rendu 3D classique et divers effets comme pour l’eau, pour les effets de lumières et autres effets spéciaux. L’ensemble est associé à un rendu à mi-chemin entre pastel et aquarelle avec une direction artistique, à mon sens, proche de celle d’un animé du Studio Ghibli. Toujours dans le registre technique, la physique, gérée de façon minutieuse et proche de la perfection n’est ici pas simplement utilisée pour quelques caisses volant en éclat ou du rag-doll d’ennemis fraîchement abattus glissant bêtement jusqu’au bug fatidique. Ici, le moteur physique fait du moindre élément de décor, de la moindre aspérité un potentiel élément de soutien ou au contraire un obstacle majeur lors de certaines énigmes à résoudre. D’ailleurs, les pouvoirs conférés à Link dès le début de son aventure tirent partie de ce moteur physique léché et réfléchi pour apporter un plus au gameplay. S’il est impossible de dévoiler ces fameux pouvoirs sans vous en spoiler la découverte, je peux par contre vous dire avec certitude que certains puzzles vont vous donner du fil à retordre et faire travailler un minimum votre bon sens. Le vent et son fameux souffle (Breath) sont également servis par ce moteur physique qui n’a certes rien d’innovant en soi mais qui est utilisé intelligemment, impactant l’environnement direct et les situations.

Que dire également de la gestion du cycle jour/nuit ainsi que du cycle de la météo ? Evidemment, les développeurs de chez Nintendo n’ont rien inventé. Cependant, les décors aux dénivelés et à la variété vertigineux changent du tout au tout selon l’heure et les conditions météorologiques du moment. Des modifications qui, une fois encore, impactent le gamplay et l’approche de certaines situations. Débuter, par exemple, l’ascension d’une falaise abrupte en plein beau temps et se retrouver en train de glisser inexorablement à cause de l’humidité générée par une averse orageuse, voilà de quoi frustrer, mais au final quoi de plus logique ? Quid de la possibilité de mettre le feu à tout et n’importe quoi et de voir l’incendie se propager rapidement dans les broussailles, vous débarrassant au passage des mobs de la zone ? L’incendie s’accompagne par ailleurs de vents violents pouvant également influencer le gameplay et les approches offensives ou défensives possibles. Nous sommes alors face à un ensemble cohérent et permettant d’aborder de la manière que l’on souhaite et de façon crédible une même situation. Certains se plaignent de la brume prépondérante dansThe Legend of Zelda Breath of the Wild donnant ainsi un aspect fade aux couleurs. Cette brume n’est pourtant qu’une des nombreuses conditions parmi tant d’autres, influençant par la même occasion le rendu des couleurs et des textures. Pour ceux qui en douteraient encore, non ce jeu ne propose pas des graphismes ternes en permanence ! Que dire également du champ de vision quasi infini dans un monde d’une étendue telle qu’elle en vient à donner le vertige ?

Le cœur du gameplay du titre fait quant à lui table rase du passé de la série qui commençait d’ailleurs à s’embourber dans ses traditions. The Legend of Zelda Breath of the Wild est une ode à la liberté de faire ce que l’on veut, dans l’ordre qu’on le souhaite. Rien n’est révolutionnaire dans les éléments et l’approche abordée, une fois encore. The Legend of Zelda Breath of the Wild récupère ça et là le crafting d’objets, la cuisine – d’une importance capitale pour concocter petit plats et potions offrant soins et bonus d’endurance, de résistance à un élément donné ou de rapidité – les armes à la durée de vie limitée, et plus globalement, l’équipement à la force ou à la défense différentes d’un objet à l’autre. Des éléments qui sont évidemment tirés de l’univers du RPG dont The Legend of Zelda Breath of the Wild se rapproche clairement. Les combats se font également bien plus stratégiques et difficiles à aborder qu’auparavant. Le moindre mob représente une menace potentielle car la moindre erreur ne pardonne pas. Et ce d’autant plus si l’on est mal préparé, que ce soit en termes de plats de soin à disposition et autres potions de boost de caractéristiques autant que d’armes – arcs, haches, hallebardes, épées, espadons, etc. – en bon état.

Les mobs, à juste titre, méritent bien que l’on s’attarde sur leur cas le temps de quelques mots. Ces derniers bénéficient en effet d’une IA très affutée et d’un sens de la hiérarchie poussé leur permettant d’ordonner de manière efficace offensives ainsi que contre-offensives. Ces derniers sont rarement seuls et aiment à mélanger les genres et disposent bien souvent d’un voire de plusieurs guetteurs dans leurs camps. Autant dire qu’une bonne grosse brute de 2,50 m de haut accompagnée d’un chef Gob’ et de quelques fantassins et autres archers auront tôt fait de vous faire mordre la poussière en attaque frontale. Il faudra donc user de la sacro sainte discrétion, symbolisée par une courbe de monitoring dans le HUD du jeu, représentant en fait le bruit généré par les déplacements de Link. Le vent vient également jouer les éléments perturbateurs durant l’utilisation d’un arc ou lors du lancé d’un quelconque élément, bombes comprises. Tout ceci participe au grand chambardement qu’opère The Legend of Zelda Breath of the Wild dans une série si ancrée et embourbée dans ses codes et autres gimmicks depuis tant d’années.

Pour en revenir à la progression, si le fil conducteur de l’histoire est amené de façon délicate et discrète, le jeu ne vous force pas la main et laisse libre court à vos envies de joueur. Crapahuter à la recherche des nombreux sanctuaires vous permettra par exemple de glaner des orbes permettant de procéder à une sorte de leveling up des caractéristiques de Link. Une offrande de ces orbes auprès de la déesse Hylia permettra en effet d’obtenir un cœur de plus ou bien d’augmenter la taille de la jauge d’endurance. Les sanctuaires en question prennent en fait la forme de mini-donjons. Chacun offrant une épreuve basée sur la réflexion et l’utilisation des pouvoirs à la disposition de Link. Globalement, il est assez crucial de fouiner au maximum afin d’upgrader la vie et l’endurance de notre héros. Ceci pour la bonne et simple raison que les combats sont haletants et que l’exploration réclame pas mal d’escalade, sous entendant une bonne jauge d’endurance ainsi que pas mal de préparations à base de champignons et viandes en tous genres. Toujours dans le registre de la liberté, sachez qu’il est également possible de capturer et dresser des chevaux sauvages. Certains étant plus dociles que d’autres, mais cela reste à vous de le découvrir.

Switch oblige, la façon dont vont jouerez ce The Legend of Zelda Breath of the Wild aura un léger impact sur sa prise en main. À dire vrai, je préfère personnellement jouer avec un Joy-Con dans chaque main, cela permettant d’user du gyroscope de manière efficace pour le tir à l’arc par exemple. Mais le jeu reste tout à fait jouable avec le support Joy-Con ou tout simplement en mode nomade avec les deux Joy-Con attachés à la tablette. Quelle que soit la configuration, les commandes répondent aux doigts et à l’œil. On se retrouve finalement assez vite dans cette interface qui demeure bien plus complexe et exigeante que dans les précédents opus mais qui est finalement parfaitement agencée. On regrettera parfois les quelques rares déconnexions des Joy-Con si la machine est située trop près d’une source d’interférences potentielles (ie: box wifi, dongle bluetooth d’un PC etc.). Rien de dramatique cependant, n’ayant personnellement rencontré le problème que trois ou quatre fois après de nombreuses heures de jeu.

Au final, The Legend of Zelda Breath of the Wild est enfin le chef d’œuvre vidéoludique que nous attendions pour beaucoup depuis Ocarina of Time. À l’instar de ce dernier ainsi que du tout premier volet de la saga sur NES et de l’éternel Zelda A Link to the Past (SNES) – dont il est le descendant direct quant à la liberté qu’il offre, The Legend of Zelda Breath of the Wild se pose au rang des épisodes majeurs de la saga, tout simplement. Après, à ceux qui scandent à tort et à travers les sempiternels “c’est révolutionnaire !” ou à contrario pour les haters “c’est Nintendo c’est gamin, Zelda c’est d’la merde, jouez à Dark Souls XXI” je répondrai tout simplement jouez-y et forgez-vous un avis clair et mesuré. Car non, The Legend of Zelda Breath of the Wild n’est en aucun cas une révolution en termes de jeu en monde ouvert. Oui, par contre, ce qu’il fait il le fait avec brio et maestria. The Legend of Zelda Breath of the Wild est un titre exceptionnel et qui trace une nouvelle route pour la saga, apportant qui plus est bien plus de maturité par rapport aux précédents opus. On ne nous prend enfin plus pour des niais ou pour des gamins que ce soit dans le fond, la forme ou le ton et ça, c’est déjà une preuve de remise en question chez les créatifs de Nintendo. Ceci, tant en terme d’ambiance que de difficulté globale et d’approche de gameplay. On sent ici que la vieille garde cède peu à peu du terrain aux jeunes loups qui brûle d’envie de dépoussiérer Nintendo et ses licences phares. Le seul écueil de cet épisode réside finalement dans son adaptation de dernière minute sur Switch un poil bâclée, avec pour conséquence une partie technique parfois limite et ces fameux ralentissements en mode TV 1080p qui font tâche. Mais qu’est-ce face à tant de possibilités, de richesse et plus simplement de fun, apportés par ce nouvel opus ? À vous d’en décider et, si vous décidez d’en être, que ce soit sur Wii U ou Switch, à vous de forger votre propre légende et votre propre expérience.

9

Magnifique

Gamer depuis 28 ans, sa passion pour le jeu vidéo demeure toujours aussi forte. Touche à tout et ouvert, il a néanmoins toujours un faible pour l'univers de Nintendo, entre nostalgie des glorieuses années passées et marasme des dernières !
Average User Rating Write A Review 0 User Reviews
9.1
3 votes
Rate
Submit
Your Rating
0

Lost Password

Sign Up