Ultra Street Fighter 2 The Final Challengers – Le nec plus Ultra ?

Jeux Switch Tests

Vingt-cinq ans après sa sortie, la référence du jeu de baston fait son grand retour sur la Switch de Nintendo. Si le mythe avait déjà été remanié en 2008, Capcom l'a peaufiné, à sa manière, à l'occasion de son arrivée sur la portable de salon.

Jamais aucun autre jeu de combat n’aura autant captivé toute une génération de joueurs. Toutefois, quand une énième resucée de Street Fighter 2 est exhumée d’un tiroir poussiéreux près d’un quart de siècle après la sortie de l’original, on peut légitimement faire la moue, et rester de marbre. Mais, une fois le Joy-Con en main on ne peut que se laisser prendre au jeu… comme au premier jour. Sortie en 1992 sur la SNES/Super Famicom, cette licence venue de l’arcade semblait déjà à jamais liée aux machines du constructeur de Kyoto, qui a réédité les versions parues sur 16bit à de nombreuses reprises sur les consoles virtuelles. Certes on aurait largement préféré une adaptation du plus récent Street Fighter V voire de l’autre Ultra de la saga, Ultra Street Fighter IV. Pour l’instant, on se contentera de cette « adaptation » Switch du Super Street Fighter 2 Turbo HD Remix sorti il y a neuf ans déjà sur Xbox 360 et PlayStation 3. Un portage presque parfait.

Cette fois, attaquons directement par la partie graphique du titre, puisqu’il s’agit là de la principale « nouveauté » de ce remake. Ultra Street Fighter 2 dispose d’un rendu 2D moderne, parfaitement adapté à nos écrans 1080P (et plus si affinités) et une bande son réorchestrée. Paradoxalement, il s’avère moins chiadé que le HD Remix sorti aux belles heures de la PS3 et de la X360. Certes, ça reste joli, les combattants (designés par UDON) semblables à ceux d’un animé sont assez énormes et plus ou moins détaillés, l’animation est à la fois rapide et fluide, mais l’ensemble laisse parfois comme une étrange impression de vide. Une faute revenant à certaines animations en arrières plans passées à la trappe ou drastiquement réduites. Signalons aussi que les effets graphiques semblent moins aboutis, avec notamment l’absence d’effets de transparence sur les « boules de feu ». Ces allègements cosmétiques ne nuisent bien sûr pas au plaisir de jeu, ils mettent toutefois en évidence que la Switch manque un tantinet de puissance sous le capot et peine à adapter parfaitement un titre pourtant sorti il y a presque dix ans. Frustrant ! Les amateurs de pixels baveux se réjouiront quant à eux de retrouver sous l’enrobage visuel modernisé une déclinaison arcade de Super Street Fighter 2. Après une balade dans le menu des options, on redécouvre avec plaisir le rendu typique d’une machine 16bit, les sprites et animations d’époque, les décors pixélisés aux arrières plans parfois plus vivants, les musiques et effets sonores d’origines et le format 4/3 d’antan… « fenêtré ». A contrario du récent remake de WonderBoy 3 sur Switch, impossible d’étirer ce format pour l’adapter aux écrans 16/9ème, et encore moins à l’écran de la portable ! Espérons qu’une mise à jour viendra corriger cette faute de goût.

Si certaines imperfections dans la réalisation viennent un peu ternir le tableau, difficile pour autant de bouder Ultra Street Fighter 2, puisqu’il s’avère très complet sur le fond ! En plus de réunir les seize combattants d’origine du Super Street, il offre aussi de contrôler trois « nouveaux » personnages : Akuma, Evil Ryu et Violent Ken. Des « doublons » certes, mais qui possèdent des panoplies de coups et d’attaques spéciales uniques et surpuissantes. Semblant descendre en droite ligne de Super Street Fighter 2 Turbo (malgré la suppression du Turbo et de bien d’autres mignardises ), le titre offre aux combattants d’engranger de l’énergie dans une jauge de Super, afin de pouvoir employer une botte secrète dévastatrice pour reprendre l’avantage au cours d’un combat ou achever l’adversaire. Pour le reste, les règles des combats n’ont pas trop changé. Il s’agit toujours de sélectionner l’un des dix-neuf combattant afin de remporter des affrontements en un ou plusieurs rounds en un temps limité, à grands renforts de coups de poings et de pieds et d’attaques spéciales. Depuis le Super SF2 de la SNES, les duels ont gagné en nervosité et il semble bien plus facile d’enchaîner un adversaire. Même si les Joy-Con de la Switch sont dépourvus de croix directionnelle, le titre s’avère étonnamment maniable. Via le stick analogique, on parvient à sortir sans trop de difficultés le fameux 360° du marteau pilon de Zangief et les inusables Dragon Punch de Ryu et Ken.

Côté modes de jeux, Ultra Street Fighter 2 ne manque pas de générosité ! En sus des inévitables modes Arcade et Versus en local, le titre offre aussi de perfectionner la maîtrise du combattant via un mode entraînement et il est bien sûr doté de fonctionnalités online qui invitent à combattre pour le plaisir ou pour participer à des matchs classés. Le joueur peut ainsi créer un lobby pour accueillir les opposants, rejoindre l’adversaire ou de défier un joueur à l’aveuglette. Un online « Ultra » spartiate, qui rappel fortement celui de Street Fighter IV. Plus étonnant, ce jeu est aussi doté d’un mode coop. Ce dernier invite deux combattants, dont un pouvant être dirigé par l’IA, à unir leurs forces contre les quatre persos surpuissants (Violent Ken, Akuma, M. Bison, Evil Ryu) du jeu. Fin du fin, Ultra Street 2 permet d’enregistrer les replays des matchs, afin de conserver une trace de ses plus beaux exploits en solo comme en multi. En bonus, le titre offre de découvrir une galerie remplie de jolis visuels issus de l’artbook the Art of Street Fighter, il est aussi possible de personnaliser les couleurs de ses combattants préférés via un éditeur de persos. Achevons le tour de cette version de Street, en évoquant le dernier mode de jeu intitulé la Voie du Hado. Capcom s’est sans doute senti contraint d’ajouter un mode taillé sur mesure pour la Switch en exploitant la reconnaissance de mouvements des Joy-Con. Basculant en vue subjective (à la première personne), ce « Shoot Them Up » oppose notre vaillant Ryu aux vagues des troupes de Shadoloo que l’on décime à grand coups de Hadoken, Dragon Punch et même de Tatsumaki Senpuu Kyaku. Pour déclencher ces coups spéciaux on mime des mouvements dans le vide, en espérant qu’une attaque daigne bien sortir, car en face les escadrons suicides de M. Bison déferlent en continu et vampirisent notre barre de vie à chaque coup raté. Amusant, dans un premier temps, ce mini-jeu peine à captiver sur la durée. La faute notamment à une maniabilité un peu trop approximative et un principe vite répétitif. Heureusement qu’il s’agit d’un simple mode « bonus ».

Que penser finalement de cet Ultra Street Fighter 2 ? On peut enfin se réjouir de retrouver si vite sur Switch la licence mythique de Capcom et nos combattants préférés dans un jeu de baston 2D bien fun, à la prise en main rapide. Malgré une réalisation jolie, quoi qu’imparfaite, le titre dispose d’un contenu généreux pour s’amuser seul et surtout en multi. Ce sont d’ailleurs ses versus endiablés en local comme les combats en ligne, qui scotcheront à coup sûr les joueurs à la portable de salon de Nintendo. A moins d’être allergique aux titres SNK (tels Samurai Shodown 4 ou Garou Mark of the Wolves) parus sur le eShop de la Switch, Ultra Street Fighter 2 The Final Challengers s’impose comme le Must Have de la castagne… par défaut !

Good

  • Enfin un Remake HD sur une bécane de Nintendo
  • La maniabilité agréable
  • Un titre complet... le SF2 définitif ?

Bad

  • Le rendu oldschool "fenêtré"
  • Un peu cher
  • Une interface online assez spartiate
7.5

Bon

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek. LIFE IS SHORT PLAY MORE
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