Valkyria Chronicles Remastered

Jeux PS4

Quelques huit années plus tard, SEGA passe par la case remasterisation HD pour un titre assez particulier. C’est donc Valkyria Chronicles sorti sur PS3 qui se voit porté sur PS4 en version HD upgraded. Chronique d’un soft qui, en son temps, a tenté de dépoussiérer avec un certain brio un genre aux codes usés jusqu’à la moelle et qui se fait dépoussiérer à son tour, tout droit sorti des décombres du marasme du jeu vidéo Japonais qui peine à retrouver ses heures de gloire passées.

Autant en faire part d’emblée pour ceux qui auraient encore des doutes, le jeu est en anglais dans le texte et, du texte, il y en a des tonnes. Difficile de suivre la trame scénaristique ô combien complexe et parfois trop détaillée pour ce qu’elle apporte, sans maîtriser un minimum la langue. Les doublages sont eux disponibles en anglais et en japonais. Ce dernier choix proposant comme souvent le jeu d’acteur le plus affûté et convaincant, avis aux amateurs de japanim. Pour le pitch, l’intrigue de Valkyria Chornicles débute en 1935 sur le continent Européa, pendant de notre continent Européen et prend place dans un univers qui n’est ni plus ni moins qu’une uchronie basée sur la seconde guerre mondiale, saupoudrée d’un soupçon de style steampunk. Ici, l’Alliance Impériale à l’est du continent Européa fait face à la Fédération Atlantique à l’ouest dans une lutte acharnée pour la suprématie et le contrôle de la principale ressource de ce monde parallèle, la ragnite. Ce minerai est utilisé en tant que source d’énergie pour les véhicules, certaines armes, les soins… Se trouvant au beau milieu du conflit mondial, la principauté Gallia, pourtant  sera forcé de se défendre contre l’envahisseur et prendra finalement les armes. Incarnant Welkin, commandant du Squad 7, une grande partie de la tâche vous incombera, forcément. Comme dans de nombreux animés Japonais, le scénario du titre est extrêmement détaillé et se perd assez souvent dans de (trop) nombreuses cinématiques entre chaque bataille attendue avec impatience. Il faudra également passé sur un côté très “tragico-dramatico-sentimental”.

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L’intrigue posée, partons pour notre première escarmouche. Devenu assez emblématique du genre de niche qu’est le Tactical-RPG, avec un scénario touffu comme il se doit, Valkyria Chronicles amène surtout une nouvelle approche de ce genre assez spécial en terme de gestion des combats, point crucial s’il en est. Le T-RPG est en effet pétri de bon nombre de codes et clichés plus que tout autre type de jeu. Ici, durant les aventure du commandant Welkin et ses troupes, exit la bonne vieille vue de dessus de la carte du champ de bataille pour les déplacement de troupes et l’éternel damier pour les déplacements. Le tout en principe mâtiné d’animations répétitives, au tour par tour, afin de matérialiser les combats une fois les décisions prises au péril de son pad.

Valkyria nous propose un système de combat dynamique et atypique, associant de manière classique, d’une part, le choix et l’agencement des troupes alliées sur le champ de bataille sur une carte mentionnant également les positions ennemis connues avant le début des batailles et, d’autre part – et c’est là la nouveauté, des combats se déroulant directement en 3D, à la troisième personne et en temps réel que ce soit pour les déplacements, la visée, les attaques, la mise à couvert et autres actions de chaque unité individuelle. C’est donc au joueur solidement vautré sur son canapé de déplacer chaque unité mais surtout de viser, tirer, se couvrir, secourir, soigner, réparer, tout en prenant en compte la réalité du terrain, avec ses pièges et ses avantages, moins évidents à appréhender que dans un déroulement classique de T-RPG. L’attention et la réflexion seront plus que jamais les maîtres mots d’une victoire sans trop de casse.

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En terme de casting disponible pour créer une escouade complète, outre les personnages principaux imposés selon les missions, un nombre faramineux de recrues potentielles pour chacune des cinq classes sera disponibles pour le recrutement, le nombre des volontaires gonflant au fil de la progression dans l’épopée. Les classes, réparties entre les éclaireurs (Scouts) rapides et extrêmement mobiles au détriment d’une protection légère, équipés de fusils moyenne portée, les troupes d’élite (Shocktroopers) dotés de fusils mitrailleurs et mieux protégés, les unités antichars dotés de lance roquettes et d’un blindage lourd à l’épreuve des mortiers (Lancers ici), les sempiternels Snipers et enfin les cruciaux ingénieurs permettant de ravitailler les troupes d’un simple contact, réparer le char de Welkin ou encore des éléments comme des tours de guet qui pourraient être endommagés par l’ennemi. Tout ce petit monde peut également user pour la plupart de grenades à main et de fioles de soin pour eux-mêmes ou leurs coéquipiers.

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Tout ce petit monde a son caractère et ses affinités avec certains protagonistes, héros ou simples soldats. Ces liens permettent en cas de besoin de lancer des actions spécifiques qui pourront changer le coeur d’une bataille et mener le Squad 7 à la victoire ou bien à sa perte. c’est selon. Chaque protagoniste dispose également de capacités dormantes qui se déclencheront sous différentes conditions. Certains verront leur précision augmenter, d’autres leur attaque etc. S’il est facile de s’attacher à certains soldats recrutés dans votre équipe, il faudra en prendre soin au cours des affrontements car ceux-ci pourront mourir au combat et ne plus être disponibles définitivement, à l’image du système éprouvé de la série Fire Emblem. Les héros resterons quant à eux toujours disponibles, leur mort menant fatalement à un joyeux Game Over que l’on apprécie tant… Lorsque un de vos soldat est à terre, il faudra donc rapidement – dans les trois tours qui suivent – faire parvenir à sa hauteur un de ses équipiers afin qu’il puisse être rapatrié par le médic sans quoi il pourra garnir le cimetière de guerre du jeu. Le fait de pouvoir utiliser ses points de commandement plusieurs fois pour le même personnage, afin de le faire progresser plus rapidement sur le champ de bataille ou attaquer à nouveau, pourra, dans ce cas précis, se montrer d’une utilité primordiale. Une fois un camarade tombé, il sera possible de faire appel à une nouvelle recrue du régiment via les différents camps alliés ou camps annexés en cours de bataille pour combler le manque. Ce système permettra également d’ajuster son effectif selon les situations rencontrées, en amenant un ou plusieurs soldat déployé à battre en retraite afin de laisser sa place moyennant un point de commandement.

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Du reste, la jouabilité lors des phases de combat en temps réel – unité par unité, char de Welkin compris, est assez bonne, même si l’ajustement de précision pose parfois problème s’il on veut tirer en finesse. Les dégâts, localisés tant bien sur les chars que sur les troupes à pieds, appellent en effet le joueur en quête d’efficacité à ajuster au mieux ses tirs et ce n’est pas toujours simple, même à distance raisonnable. Le déploiement des troupes ainsi que leur gestion sur la carte principale est, en outre, relativement simple. Les phases ennemis se déroulent par contre en intégralité, et il est impossible de les zapper ce qui alourdi passablement le rythme des affrontements . Regrettable mais pas non plus rédhibitoire; on sait au moins exactement ce que l’ennemi est en train de fomenter. Seuls les menus principaux pêchent en fait réellement et manquent sensiblement d’ergonomie. On s’y fait, mais cela reste parfois pénible de naviguer à travers leur structure étagée. D’autant que les allez retour entre le livre principal dépeignant le scénario, le camp d’entraînement, permettant d’augmenter à sa guise le level des différentes classes du jeu grâce aux XP glanés lors des affrontements, la salle de commandement pour le recrutement, la section R&D pour le développement des armes et du tank moyennant finances, la gazette…

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Pour parachever ce titre maîtrisé, la technique n’a pas trop souffert même huit ans après. Utilisant le sempiternel “cell-shading”, associé à un effet de crayonné et d’aquarelle, usant et abusant de filtres en tout genre pour donner l’impression de se trouver tant devant un manga avec les onomatopées s’affichant à chaque tir d’arme à feu ou déplacement en véhicule, que devant un animé, Valkyria Chronicles conserve un cachet certain, sublimé par un passage à la HD de bon ton. Les animations lors des cinématiques in-game demeurent classes, en combat c’est un poil en deçà mais cela reste suffisant en comparaison des titres du genre se contentant de simple tour par tour, avec des animations redondantes utilisées simplement pour l’aspect cosmétique. En terme de bande son, les compositions orchestrées par Hitoshi Sakimoto – à l’orignine en vrac des BO de Tactics Ogre, Vagrant Story, FF XII, Odin Sphere – collent à chaque situation, que ce soit lors des scènes à vocation émotionnelles qu’au niveau des affrontements. Les doublages japonais sont comme souvent les plus réussis, face à un jeu d’acteur moins crédible et poussé côté anglais disponible également. Cela reste néanmoins une question de goût !

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Avec ce remaster, SEGA prend le risque de se mettre à dos les fans de la série, en apportant un Valkyria Chronicles premier du nom dépoussiéré graphiquement mais sans valeur ajoutée à sa substantifique moelle, en attendant un futur nouvel opus de la saga. Ceux-là pourront clairement passer leur chemin. En dépit de ceci, je ne saurai qu’inviter les joueurs étant passés à côté du soft sur PS3 et qui ont envie de goûter un des meilleurs T-RPG à ce jour, de tenter l’expérience. Avec son habile association de tour par tour pour la sélection des troupes et de temps réel permettant de vivre l’expérience sur le terrain et de diriger chaque action de chaque unité, Valkyria Chronicles faisait et fait malgré tout toujours souffler un vent de renouveau sur un genre sombrant petit à petit vers la désuétude. Le soft n’est bien entendu pas exempt de défauts. La narration prends, par exemple, une place souvent très voire trop importante et l’on se languis parfois de passer directement sur le champ de bataille. L’impossibilité de zapper les phases d’attaque ennemies casse également un poil le rythme mais l’essentiel est là: les affrontements sont tout simplement jouissifs et chaque bataille offre une approche différente en terme de tactique.

8

Super

Gamer depuis 28 ans, sa passion pour le jeu vidéo demeure toujours aussi forte. Touche à tout et ouvert, il a néanmoins toujours un faible pour l'univers de Nintendo, entre nostalgie des glorieuses années passées et marasme de ces dernières années !
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