Yakuza Kiwami – 30 millions d’amis

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La saga Yakuza a soufflé en 2005 ses dix années d’existence, l’occasion pour SEGA de livrer avec quelques longs mois de retard une nouvelle mouture de l’épisode fondateur sorti à l’époque sur PlayStation 2. Est-il possible de faire encore mieux et encore plus fort qu’un banal remake estampillé HD ? La preuve que oui !

A peine remis de la claque infligée par un sympathique Yakuza Zero sorti au printemps dernier (du moins de ce côté de la planète), SEGA invite à (re)plonger dans le Tokyo crapuleux du premier épisode de la franchise Yakuza. Loin d’être une pseudo adaptation HD aux modélisations dépassées et aux textures baveuses, comme l’était le portage paru sur WiiU et PS3 au Japon, Yakuza Kiwami reprend l’histoire du jeu sorti en 2005 sur PS2, tout en profitant d’une réalisation et prise en main réactualisés. Sur la forme, ce jeu est semblable aux plus récents opus de Yakuza parus sur PS3 ou PS4, puisqu’il a troqué ses caméras fixes et travellings d’autrefois pour une perspective à la troisième personne qui ne risque pas de dérouter les habitués de la série.

Dans les grandes lignes, Kiwami propose peu ou prou la même chose que la plupart des autres opus de la saga . Ainsi Il s’agit de s’aventurer une nouvelle fois dans rue mal famées de Kamurocho, une version revisitée de Kabuki-Cho (le quartier chaud de Tokyo, sans mauvais jeu de mot), afin de suivre les péripéties mouvementées de Kazuma Kiryu. Après dix années passées à l’ombre pour le meurtre du patriarche de la « famille », notre golden boy crapuleux n’est pas accueilli à bras ouverts par ses anciens frères d’armes, ni par les gangs rivaux comme les autres Yakuzas. Gardez un œil ouvert et préparez-vous à d’intenses et à de fréquentes (pour ne pas dire répétitives) séquences de castagne. Les bandes de criminels comme les petites frappes postées à tous les coins de rue n’hésitent jamais à provoquer notre héros ou à lui chercher des noises dès qu’il passe à proximité. Pour se débarrasser des gêneurs durant les phases de beat’em all, Kiryu peut alterner entre quatre techniques de combats – Rush, Dragon, Brawler et Beast – qui mettent l’accent sur la vitesse, la puissance de frappe ou la force brute au corps à corps. Histoire d’infliger davantage de dégâts aux groupes d’adversaires, il est aussi possible d’employer des flingues, des battes de baseball et des katanas voire des armes de fortunes disposées dans la zone de combat.

Lors de cette aventure libre au joueur de jouer les bons samaritains en s’attaquant aux criminel qui malmènent les ivrognes ou les innocents, ou de passer tranquillement son chemin pour se focaliser sur la quête principale. Difficile pourtant d’y parvenir quand Yakuza Kiwami offre d’accomplir en parallèle une kyrielle de missions secondaires. Disséminées dans toute la ville, ces dernières se déclenchent à l’approche du héros. Pas forcément chronophages, les missions annexes vite accomplies ont néanmoins le mérite de gratifier le joueurs de liquidités, de points d’expérience supplémentaires et elles s’avèrent souvent amusantes. Le reste du temps on va d’un bout à l’autre de ce monde ouvert en composant avec les embuscades adverses, en s’essayant aux différents mini-jeux et activité praticables aux quatre coins de ce bac à sable urbain. Pour regagner de l’énergie en cours de combat on dépense toujours des sommes folles aux supérettes pour s’offrir des victuailles ou des boissons énergisantes… également trouvables dans les zones de combat. Grosse nouveauté, le titre impose aussi de survivre aux attaques surprises d’un Goro Majima un brin taquin. Le Yakuza borgne et déjanté dont on avait découvert les premiers exploits dans Yakuza 0 s’est ainsi mis en tête « d’aider » son rival à se remettre en jambe. Des confrontations parfois inévitables mais qui sont souvent amenées par des entrées en scène de Majima assez comiques. Certes, le jeu est violent, sanglant, et son univers sulfureux ne le destine clairement pas à un jeune public. Toutefois il n’en oublie pas de nous faire rire par des dialogues ou situations assez improbables. Un peu de douceur dans ce monde de brutes épaisses avouez que ça ne fait pas de mal ! Surtout que le scénario de ce premier opus de Yakuza s’avère palpitant car il se focalise durant une douzaine d’heures sur les exploits explosifs de Kazuma Kiryu. Et ils sont ponctués par un déluge de séquences cinématiques à la mise en scène somptueuse !

Brièvement évoquée au début de ce tour du propriétaire la réalisation de Yakuza Kiwami répond au cahier des charges des productions actuelles. Sur la PS4 de base, le 1080P et les 60 images par secondes sont ainsi de la partie. Les environnements sont détaillés, les rues et ruelles grouillent de vie, les enseignes et néons colorés se reflètent dans les flaques d’eau au sol et quelques effets graphiques et météorologiques (brouillard, pluie…) prodiguent un soupçon de mystère aux nuits « électriques » de Kamurocho. Si l’atmosphère s’avère toujours aussi envoûtante, quelques légers bémols viennent toutefois un peu ternir le tableau. Les textures et modélisations de certains PNJ sont nettement plus simplistes que celles des principaux protagonistes charismatiques, on note également un affichage tardif de certains éléments du décor, enfin l’animation et la caméra perdent les pédales lors d’une séquence de course poursuite « inspirée » de Virtua Cop. Malgré ses anicroches ou fautes de goût, saluons tout de même l’effort de Sega de ne pas avoir cédé à la facilité en produisant un vrai remake de Yakuza et non un simple portage HD.

Les allergiques aux câbles composites et aux écrans de chargements qui ont boudé Yakuza sur PS2 n’ont plus aucune excuse pour ne pas s’essayer à l’opus fondateur d’une des grandes saga de chez Sega. Passionnant, vendu à prix doux c’est un jeu d’action/aventure captivant, presque un monument qui soutien enfin la comparaison avec ses plus récents descendants.

Good

  • Yakuza premier du nom a fière allure
  • Une aventure captivante
  • Un tarif accessible

Bad

  • Une action percutante mais répétitive
  • Quelques faiblesses techniques
  • Voix en japonais.... mais textes en anglais
8.5

Super

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek. LIFE IS SHORT PLAY MORE
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