Xbox Series X – Microsoft mise sur la continuité

Xbox Series X – Microsoft mise sur la continuité

Comme lors de la génération précédente les deux constructeurs, Sony et Microsoft, ont lancé leurs nouvelles consoles à quelques jours d’intervalle. Pendant ces derniers jours, j’ai jonglé entre la PS5 et la XSX. Je vous ai déjà donné mon feeling concernant la nouvelle console de Sony. Voici donc celle concernant la Xbox Series X alias la XSX.

Après un lancement chaotique de la Xbox One, l’équipe Xbox a tenté de corriger le tir petit à petit en recentrant leur stratégie – parfois discutable – sur le jeu et purement le jeu. Sans doute n’avez vous pas oublié leur martelement de l’aspect multimédia de la Xbox One là où Sony prônait le jeu pur et dur pour sa PS4. Résultat des courses, Microsoft s’est fait battre à plate couture sur le nombre de consoles vendues. Les estimations du nombre d’exemplaires de Xbox One vendus font état d’au bas mot 2 PlayStation 4 pour 1 Xbox One dans le meilleur des cas. Et même si cela reste un bon business, vous pouvez comprendre aisément pourquoi Microsoft ne préfère pas donner de chiffre officiel des ventes.

Habituellement, lors d’une nouvelle génération de machines on fait quasiment table rase. Sauf que cette fois-ci, cela ne sera pas le cas. En effet, aussi bien la PS5 que la Xbox Series X (ainsi que la Xbox Series S que je n’évoquerai pas ici) font dans la continuité. C’est d’autant plus flagrant chez Microsoft.

Un monolithe épuré et compact

Vous avez tous vu la console sur des photos depuis un moment. Microsoft a montré sa Xbox Series X il y a des mois. Se présentant sous la forme d’un parallélépipède, la XSX fait évidemment monolith lorsque posé à la verticale – elle peut être posée à l’horizontale mais cela est à mon avis à déconseiller compte tenu du système de refroidissement. De dimension honorable, elle reste moins haute mais plus épaisse que sa concurrente la PS5. En main, la Xbox Series X fait dense. Son plastique noir est similaire ce qu’on a sur la Xbox One X. Si vous avez de la place à côté de votre téléviseur, la Xbox Series X est suffisamment sobre pour ne pas dépareiller dans votre décor. Pour celles et ceux qui ont un meuble TV et veulent mettre la console dedans, pensez à laisser l’air circuler car il va falloir refroidir le joujou. Dans l’ensemble, Microsoft a opté pour un design minimaliste et conventionnel là où Sony a pris des risques avec non seulement une taille colossale mais également un design atypique qui antagonise.

Contrairement à sa petite soeur, la Xbox Series S, la Xbox Series X comprend un lecteur Blu-Ray pour qui possède et compte acheter des versions physiques des jeux. Outre le lecteur, on trouve sur la façade le bouton d’allumage, le même que sur la Xbox One X, un bouton d’éjection de disque et un port USB-A. A l’arrière, on retrouve deux autres ports USB-A (tous 5Gbps là où Sony a opté pour du 10Gbps), un port Ethernet, un port optique, un port HDMI 2.1 et un port d’alimentation. Du traditionnel donc pour une console de nos jours. Toutefois, Microsoft a ajouté un port propriétaire pour des cartes SSD fabriquées par Seagate. Ces cartes de 1To (pour le moment) d’un coût plutôt élevé actuellement – environ 270€ – sont les seuls moyens d’étendre les capacités de stockage SSD de la console à la vitesse requise. En comparaison, Sony a opté pour un port SSD M.2 PCIe 4.0 standard qui n’est toutefois pas activé pour le moment. Enfin Microsoft a intégré le WiFi 5. Si cela est suffisant pour la majorité des foyers, il est dommage, à l’instar des ports USB 5Gbps, que Microsoft ait eu une approche conservatrice plutôt qu’opter pour des technologies plus future proof comme les WiFi6 ou les ports USB 10Gbps.

De la puissance brute

Microsoft l’a clamé haut et fort depuis le début. L’objectif est de proposer la console la plus puissante. Le constructeur a donc mis en avant la puissance du CPU et du GPU. A l’instar de Sony et sa PS5, les entrailles de la Xbox Series X reposent sur de la technologie AMD. On a droit à un CPU AMD Zen 2 8 coeurs à 3,8GHz et un GPU AMD RDNA 2 avec 52 CUs tournant à 1.825GHz avec 16Go de RAM GDDR6. C’est assez similaire à la PS5.

Côté stockage, Microsoft intègre un SSD PCIe 4.0 NVMe de 1To soudé à la carte mère. Pour l’étendre, il faut donc passer par les fameuses cartes externes propriétaires. Compte tenu de la taille des jeux de nos jours, remplir le SSD interne est très rapide surtout si vous êtes abonnés à un Xbox Game Pass et vous amusez à récupérer plein de titres. Heureusment, on peut utiliser des disques durs externes (mécaniques ou SSD) pour jouer à des titres Xbox One, Xbox 360 ou Xbox. Même si on perd la vitesse du SSD interne, je vous conseille de placer vos jeux d’ancienne génération sur un disque externe plutôt que de saturer le SSD interne.

La vitesse brute de ce SSD est de 2,4Go/s (4,8Go/s en compressé). C’est en ligne avec ce qu’on trouve actuellement dans le monde micro. Toutefois, sur ce point, Sony a opté pour un SSD nettement plus rapide, le double. Il faudra voir à l’usage au fil des mois et des années si cela ne va pas impacter les jeux, la vitesse de ces SSD pouvant ouvrir la voie à de nouvelles conceptions pour les développeurs.

Toute cette puissance a nécessité un travail important sur le système de refroidissement. La peur était évidemment le bruit généré par la console. Sur ce point, la Xbox Series X est dans l’ensemble silencieuse – plus que la PS5. Evidemment, pour le moment, peu de titres poussent la console dans ses derniers retranchements donc je n’ai pas rencontré de cas extrême. Même le bruit généré par les vibrations du lecteur Blu-Ray semble avoir été traité par les ingénieurs. Sur ce point, Microsoft fait mieux que Sony, le lecteur de la PS5 étant particulièrement bruyante à mon goût même si la console reste relativement silencieuse surtout comparé à son prédécesseur la PS4.

Sur le papier donc, la Xbox Series X est plus puissante que sa concurrente mais difficile de ne pas penser que l’approche de Microsoft a été de proposer de la puissance brute là où la philosophie de Sony a été de concevoir une machine plus “fluide”. La Xbox Series X intègre toutefois également des technologies pour réduire les goulots d’étranglement qui impactent souvent les machines mais pas de manière aussi poussée que Sony. Les deux approches se justifient surtout d’un point de vue coût. On verra à l’avenir laquelle des jeux va tirer son épingle du jeu sur les productions à venir. Pour le moment, sur les premiers titres multiplateformes, c’est un peu 50/50 en ce qui concerne les performances des jeux.

Un pad familier

Soyons clair, sur les photos, on a presque l’impression que Microsoft n’a pas changé le pad de la Xbox Series X comparé à celui des Xbox One. Toutefois dès qu’on le prend en main on sent des différences. Ainsi, les deux grips sont texturés et bien plus rugueux que les précédents modèles. Certains n’aimeront pas car la rugosité est, à mon sens, assez grossier surtout comparé à celle du DualSense de la PS5 plus subtile. On s’y fait toutefois assez rapidement. Cette rugosité se retrouve aussi sur les gâchettes R2/L2. J’apprécie l’idée car cela évite de “déraper” sur les gâchettes en pleine action. Sur ce point, j’aurais apprécié que Sony fasse de même. De forme et de dimension, ce pad ne diffère guère de l’ancien. Il est un chouillat plus petit mais honnêtement à l’usage on s’en rend pas compte. Un aspect qui m’agace un peu sur ce pad est le bruit fait par la croix directionnelle lorsqu’on presse les directions. De même lors qu’on touche les bords en utilisant les sticks. C’était déjà le cas avec le pad Xbox One et ce point n’a malheureusement pas été corrigé. Si vous vouliez jouer en silence, c’est raté donc. Un dernier point positif cette fois. Microsoft a enfin ajouté un bouton Share comme sur le DualShock 4 de la PS4 et le DualSense de la PS5. On peut enfin accéder facilement à des fonctions de partage et surtout à la capture d’écran ou l’enregistrement vidéo. Pour finir, le pad fourni dans la boîte de la Xbox Series X fonctionne sur piles. Un conseil, remplacez par des piles ou des batteries rechargeables.

Une interface quasi-identique

Si vous possédez une Xbox One, vous ne serez pas dépaysé. L’interface de la Xbox Series X est dans la grande majorité identique. On retrouve donc les mêmes volets, les mêmes pages, le même store et la majorité des fonctionnalités. Toutefois, dans son fonctionnement, l’ensemble est bien plus fluide et plus réactif. Microsoft semble avoir optimisé le système ainsi que la récupération de données sur internet pour proposer un affichage plus rapide. C’est donc familier mais bien plus agréable.

La Xbox Series X (et la Xbox Series S) possède une fonction particulière toutefois, le Quick Resume. Ainsi, la console conserve la dernière position où vous vous trouviez dans un jeu et vous permet d’y retourner directement sans passer par le menu principal et vous coltiner tous les autres aspects d’un démarrage d’un jeu. Microsoft a ainsi appliqué à une console de jeu le concept qu’on a pu découvrir sur les smartphones et les tablettes. C’est sans doute accessoire pour certains mais il faut bien avouer que le temps gagné est pertinent d’autant plus que grâce au SSD, les temps de chargement ont été réduit. De ce fait, on s’habitue vite à pouvoir accéder au jeu de manière quasi-instantané. Terminé les longues minutes de chargenement, en tous les cas pour les titres Xbox Series X – quoique les titres des précédentes générations comme la Xbox, la Xbox 360 et la Xbox One en bénéficient aussi dans une moindre mesure.

Patience, patience

A l’instar de ce que j’ai dit sur la PS5, la Xbox Series X souffre du même problème à savoir un manque de titres dédiés. Evidemment on a les mêmes titres des éditeurs tiers que sur PS5 et dans l’ensemble ils tournent bien et sans problème. Mais dans le cas de la Xbox Series X, il n’y a aucun titre inédit en provenance de Microsoft. On a droit à des mises à jour de titres comme Gears 5 ou Ori and the Will of the Wisps mais à part cela, point de production pour vous faire acheter la console. Evidemment, cela est à imputer au report d’Halo Infinite à 2021. On ne peut donc que se faire une petite idée du potentiel de la console. La possibilité du jeu 4K60 voire 120 est tentante mais limitée à un public ayant le bon téléviseur. Ceux-ci commencent tout juste à se généraliser.

Si vous avez une Xbox One X, je pense que le passage à la Xbox Series X dès à présent n’est pas vraiment utile. La différence entre les versions ne se justifie pas pour la grande majorité des joueurs à moins que vous fassiez partie des geeks et de ceux qui veulent toujours la dernière technologie. C’est d’autant plus vrai que Microsoft a pour stratégie de continuer à développer des titres multi-générations à savoir développés aussi bien pour les XSX/XSS que pour la Xbox One ou le PC. Leur stratégie ne repose donc pas vraiment sur la présence des nouvelles consoles. En cela, on pourrait se demander pourquoi avoir lancé ces nouvelles consoles si ce n’est pas pour apporter de l’inédit.

Au final, ma conclusion est similaire à la PS5. Devez-vous acheter la console dès à présent ? Dans la majorité des cas, non. Vous allez pouvoir continuer à profiter de votre console de précédente génération sans problème pendant encore un an ou deux. D’ici là, on pourra enfin voir des titres poussant plus ces consoles next gen et là il sera toujours temps de changer. C’est d’autant plus vrai que de toute manière la Xbox Series X est difficile à se procurer. Patience donc…

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu'il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d'éditeurs et de sites web. Gamer sans être un hardcore, Michel joue à un peu tout même s'il a une préférence pour l'action.

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