M1 Pro et M1 Max, les deux nouveaux SoC d’Apple

M1 Pro et M1 Max, les deux nouveaux SoC d’Apple

Je vous avais longuement évoqué la puce M1 d’Apple lancée l’an dernier et désormais au coeur de nombreux modèles de Mac. Cette année, Apple continue sa transition vers du “tout-Apple” avec deux puces pour ses nouveaux portables Mac destinés aux pros qui risquent de donner quelques migraines au monde Wintel.

Avant que les fanboys PC ne s’excitent, ces deux puces visent un marché professionnel et non le marché des gamers. Je ne doute pas que les configurations à base d’Intel Core ou AMD avec des cartes RTX de Nvidia vont garder la main sur le jeu encore un moment – quoique je suis bien curieux de voir ce dont sont capables ces nouvelles puces. Mais en intégrant les deux nouvelles puces dans ses nouveaux Macbook Pro, Apple va certainement changer la donne sur le marché des créatifs, des créateurs de contenu et donc du public qui commence à suivre Playscope maintenant que nous abordons régulièrement le matériel des “content creators” étant moi-même un membre de cette toujours plus grande communauté 😉

Alors que sont les M1 Pro et M1 Max ? Tout simplement des versions boostées du désormais célèbre M1 qu’on retrouve sur le Macbook Air, le Macbook Pro 13″, le Mac Mini, l’iMac 24″ et même l’iPad Pro. Pour rappel, le M1 et donc ces successeurs ne sont pas un simple CPU comme on l’évoque habituellement sur les PC ou les anciens Mac. Le M1 intègre à la fois CPU, GPU, mémoire et divers composants à des usages spécifiques comme le contrôleur, une puce dédiée à la gestion des fichiers média, etc.

Le grand avantage d’Apple est de pouvoir concevoir une puce en fonction de ses propres besoins. En ayant pour cible les professionnels de la 3D, de la musique, de la vidéo et de l’image, Apple a conçu deux SoC (system on a chip) intégrant de nombreux composants avec des fonctionnalités dédiées à divers aspects de ces métiers. Si le M1 avait déjà démontré toutes ses capacités – je travaille sur un Mac Mini M1 et un Macbook Pro 13″ M1 depuis leur lancement sur le site ainsi que sur des productions vidéo avec un gain de temps considérable par rapport à mes anciens Mac et PC – les M1 Pro et M1 Max vont encore plus loin dans la conception dédiée.

Alors comment Apple a pu aller encore plus loin que le spectaculaire M1 ? Tout d’abord, le CPU du M1 Pro et du M1 Max possède 8 coeurs performance et 2 coeurs économie à comparer aux 4 coeurs performances et 4 coeurs économie du M1. Le M1 Pro existe également avec un CPU avec 6 coeurs performance et 2 coeurs économie pour l’entrée de gamme. Le résultat annoncé par Apple est un gain de performance de 70% par rapport au M1. Difficile de faire plus substantiel.

Côté GPU, le M1 possédait un GPU 8 coeurs. Le M1 Pro double cela en passant à 16 coeurs. Le M1 Max quadruple en passant à 32 coeurs – un modèle M1 Max à 24 coeurs GPU est disponible aussi en option sur certaines configurations. Autant dire que le gain de puissance graphique est plus que substantiel de 2 à 4 fois la performance du GPU par rapport au M1. Ceux qui travaillent sur l’imagerie, la 3D ou la vidéo vont adorer. D’ores et déjà, plusieurs applications vont taper sur ces performances à la sortie des machines comme les logiciels maison comme Final Cut Pro ou Logic Pro mais également des applications tiers comme Davinci Resolve, Adobe Premiere, Cinema 4D, etc. Bref, les professionnels et les créateurs de contenu vont gagner en temps de production ce qui est bien souvent crucial. A titre personnel, je bosse quotidiennement sur des vidéos 4K UHD et 4K HDR donc tout gain est important.

Outre le nombre de coeurs, Apple a aussi décuplé la bande passante de la mémoire en passant à 200Go/s sur le M1 Pro et 400 Go/s sur le M1 Max. Sur ce dernier, c’est près de 6 fois la bande passante du M1. Autant dire que cela impacte forcément la vitesse de la machine d’autant plus que, comme sur le M1, ces M1 Pro et M1 Max ont une mémoire unifiée (jusqu’à 32 Go sur le M1 Pro et jusqu’à 64 Go sur le M1 Max).

Un autre aspect qui me tient personnellement à coeur est leur fameux Media Engine. C’est notamment grâce à lui que le M1 a pu exploser littéralement bien des configurations Mac et même PC dans l’encodage vidéo que j’utilise quotidiennement. On peut ainsi gagner un temps considérable à l’encodage vidéo pour divers codecs comme les répandus H264 mais surtout le fameux HEVC (alias H265) très gourmand en ressources. Avec les M1 Pro et M1 Max, on devrait conserver et peut-être gagner en performance sur ces encodages – en fait, sur certains encodages, le M1 Max va deux fois plus vite que le M1 Pro – mais surtout Apple ajoute la gestion de son codec professionnel, le ProRes. Avoir un hardware dédié au ProRes est juste incontournable pour les professionnels de la vidéo car il est devenu un peu de facto le format de travail le plus répandu. Le Media Engine va donc pouvoir accélérer également l’encodage et le décodage ProRes en plus des codecs précédemment cités. Cela permet notamment de lire plusieurs flux 4K et même 8K en temps réel chose impensable sur les configurations actuelles, PC ou Mac. Apple s’est certainement inspiré de son travail sur la carte Afterburner qu’utilise les professionnels sur le Mac Pro pour cela. Sauf qu’au lieu d’une carte de 2300€ (oui, oui 2300€ ^_^), on l’a comme élément du M1 Pro et M1 Max avec des performances supérieures. Autant dire que les possesseurs de configurations Mac Pro avec Afterburner vont un peu faire grise mine ou très vite commander les machines M1 Pro/Max. Sans surestimer ses capacités, ce Media Engine a donc de quoi très largement justifier le tarif des machines M1 Pro et M1 Max auprès des professionnels et des créateurs de contenu dans le domaine de la vidéo.

Parmi les autres composantes du M1 Pro et du M1 Max, on trouve le contrôleur Thunderbolt 4 pour gérer la connectique à cette norme. Le Display Engine permet de connecter deux écrans Pro Display XDR 6K sur le M1 Pro et jusqu’à 3 écrans Pro Display XDR 6K plus un écran 4K60 sur le M1 Max. Le Neural Engine et ses 16 coeurs aide pour bien des aspects de certains logiciels pour faciliter le traitement et notamment le machine learning et l’IA. Et on a toujours une enclave sécurité et divers autres composants comme la gestion de la mémoire cache. 

Ces puces sont donc des bêtes de course destinés à ses Macbook Pro également annoncés aujourd’hui. Les comparaisons qu’Apple a fait pendant sa conférence étaient faites en comparant des Macbook Pro M1 Max avec 64 Go de mémoire face à des portables PC Intel Core i9 avec carte graphique RTX 3080 de MSI et Razer de plus de 4000€ pour avoir des performances équivalentes. Cela donne une petite idée des performances possibles des nouveaux Macbook Pro. Evidemment, comme tout comparatif, chacun met en avant ses avantages. Il faudra attendre en usage réel ce que tout cela va donne. Je vous proposerais un test complet prochainement sur le M1 Max.

Pour sûr, les M1 Pro et M1 Max ont un avantage conséquent sur la consommation énergétique. Quelle que soit la configuration PC comparée, les M1 Pro et M1 Max consomment jusqu’à 70% moins d’énergie à niveau de performance équivalent. Le résultat est une plus grande autonomie ou une économie d’énergie. L’autre conséquence est la possibilité de profiter de la pleine puissance même sans être branché sur le secteur contrairement à nombre de PC portables qui ont tendance à voir leur performance chuter drastiquement lorsqu’ils fonctionnent sur batterie. On peut donc imaginer pouvoir travailler sur des projets importants même sur batterie.

Si le M1 était spectaculaire sur des machines à prix raisonnables, il était par définition la plus lente des puces Apple. Avec les M1 Pro et M1 Max, Apple démontre qu’on n’a encore rien vu. Là encore, ces M1 Pro et M1 Max ne sont que les premières puces Apple ciblant les professionnels. On peut s’attendre à ce que les futures versions dépassent largement leurs performances. Après tout, ces deux processeurs sont actuellement placés dans des ordinateurs… portables. Je n’ose pas imaginer ce qu’Apple a de prévu pour ses machines pro de bureau prévues pour 2022.

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu'il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d'éditeurs et de sites web. Gamer sans être un hardcore, Michel joue à un peu tout même s'il a une préférence pour l'action.

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