A Way Out – Par ici la sortie !

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Depuis quand n’avez-vous pas joué à un jeu en coop, c’est-à-dire à deux sur la même télé voire – plus improbable encore - via le net en écran splitté ? Les aventuriers en quête de nouvelle expérience peuvent foncer les yeux fermés sur la première production du studio Hazelight !

Rassurez-vous. Même si A Way Out est le premier titre sortant de ce studio suédois, il n’a pas été réalisé pour autant par des novices. Ainsi Hazelight Studios a été fondé par d’anciens de chez Starbreeze, à qui l’on doit les sympathiques adaptations des Chroniques de Riddick et The Darkness, ainsi que le reboot relativement « moyen» de Syndicate mais aussi l’excellentissime et fabuleux Brothers. C’est d’ailleurs de ce titre que semble descendre en droite ligne – plus ou moins rectiligne – A Way Out. Voilà qui augure d’emblée de très bonnes choses.

Oublié l’univers médiéval fantastico-nordique de Brothers. A Way Out est dôté d’un univers plus terre à terre, il propose de suivre l’épopée durant les seventies de Vincent et Leo, deux détenus qui se sont retrouvés derrière les verrous par la faute du même criminel. Avant de se lancer dans leur quête vengeresse, les deux compères doivent se serrer les coudes pour s’évader de prison et s’embarquer dans une folle cavale. Quant aux joueurs, ils ne peuvent laisser leurs neurones au repos, car A Way Out est un jeu d’aventure. Et plus précisément, un cousin pas si lointain des point & click qui, chose peu courante, ne se pratique qu’en coopératif. S’il était possible dans Brothers de contrôler les deux frangins simultanément grâce à un brin de dextérité et via les deux sticks analogiques du pad, cette fois un joueur doit se trouver à vos côtés dans le salon – ou même au bout du monde – pour diriger l’autre protagoniste. En solo, faute d’IA alliée, la partie ne se lance pas !

Le jeu oblige ainsi à se creuser la cervelle et à coordonner les actions pour subtiliser un outil en douce, réaliser l’ascension d’un conduit de ventilation ou fuir la cellule en accédant à un couloir de maintenance caché (ô surprise) derrière les toilettes. Tandis que l’un des joueurs fait le guet aux barreaux de sa cellule en surveillant l’arrivée des gardiens, l’autre n’a que quelques secondes de répit pour dévisser une plaque et faire apparaître une zone friable qui se désagrège en martelant un bouton d’action. L’issue dégagée on passe l’outil à l’allié et on surveille les environs ou on occupe le gardien – en parlant de la pluie, du beau temps, en prenant des nouvelles de sa femme – afin de laisser suffisamment de temps à notre compagnon d’infortune pour se frayer à son tour un passage. Si l’on évolue assez librement dans l’environnement comme dans n’importe quel jeu d’action à la troisième personne, le titre impose aussi de discuter avec pas mal de personnages (pour déclencher des bagarres ou détourner l’attention) ou d’employer des éléments du décor. Pas besoin d’être un aventurier chevronné ou de se bousiller les rétines, les objets interactifs disséminés dans le décor sont signalés par un point doré. Le titre laisse en définitive peu de liberté aux joueurs, et il leur inflige un nombre important de QTE et une histoire globalement très dirigiste.

En effet, A Way Out se hasarde parfois à offrir quelques embranchements scénaristiques. Lors de la cavale faut-il distraire les occupants d’une maison en libérant les chevaux ou faut-il les réduire au silence… en les bâillonnant ? Autre exemple. Pour rejoindre l’autre rive d’un pont étroitement surveillé, est-il préférable d’exposer un des héros à sa phobie de la hauteur ou faut-il tenter de passer un barrage routier en se déguisant en flic ? Lors des ces dilemmes, les joueurs n’ont qu’une poignée de secondes pour se décider du choix à faire via un système de vote. Histoire de pimenter un peu l’aventure, A Way Out offre aussi quelques séquences d’action. Durant ces dernières, un des fuyards prend le volant d’un vieux pick-up tandis que l’autre tire au fusil à pompe sur les voitures de police lancé à leurs trousses sirènes hurlantes sur des routes chaotiques. Moins spectaculaire mais certainement plus intense, le titre permet aussi de s’adonner à la descente d’une rivière déchainée en rafting. Les joueurs doivent ainsi pagayer sec pour lutter contre le courant et éviter que leur frêle esquif ne s’écrase – de trop – sur les rochers. Et en cas de mort, le jeu nous épargne l’agaçant « game over » punitif en nous ramenant simplement à un point de contrôle très proche. Sympathique !

En son temps Brothers A Tale of Two Sons offrait une petite histoire courte mais passionnante, riche en émotions qui s’achevait en l’espace d’une soirée. A Way Out possède quant à lui une durée de vie un peu plus respectable d’une demi-douzaine d’heures. Un rapport durée de vie/prix plutôt honnête, étant donné que le jeu est vendu moins d’une trentaine d’euros en dématérialisé sur le PlayStation Store ou le Market de Microsoft. En sus d’être praticable en coop en local, à deux sur la même machine, le titre est aussi jouable en ligne. Mais, pas besoin d’avoir acheté le jeu complet pour rejoindre la session d’un aventurier passé à la caisse, pour cela il suffit de télécharger la version d’essai. Cette initiative sympathique permet aux acheteurs d’être épaulés par des joueurs un brin curieux – ou désargentés – qui n’auraient pas acheté le jeu en temps normal.

Achevons ce tour d’horizon de la dernière production de Hazelight en abordant la partie technique. Graphiquement le titre satisfait assez bien aux exigences des cahiers des charges actuels. Si l’on déplore quelques modélisations réalisées à la serpe ou des animations un tantinet trop rigides, le titre ne s’en sort pourtant pas si mal. Notamment par ses effets d’éclairages réussis et ses environnements qui sont parfois fouillés et soignés. Le titre a beau proposer des voix en VO (anglais), il a l’heureuse idée de proposer des textes et sous-titres en français. L’aspect le plus sympathique de ce titre réside sans doute dans sa vue en écran splitté. Elle permet d’explorer les environnements à son rythme sans être pressé par l’autre joueur. Offrant une autre perspective sur l’aventure, cette vue permet de dénicher par exemple des issues manquées ou de voir que l’autre héros (Vincent comme Leo) peuvent accéder à des dialogues et actions opposés. Dynamique, cette fenêtre octroie plus ou moins d’espace à l’un des joueurs selon l’importance des événements qui se déroulent à l’écran. Afin de profiter au maximum de cette expérience en coopératif, en cas de coop en ligne, mieux vaut y jouer avec un micro-casque confortable pour conseiller l’autre joueur ou commenter simplement l’histoire. Difficile de faire plus convivial !

« Petit » jeu d’aventure sans prétention A Way Out s’avère être en définitive une sympathique bonne surprise. Moins poignant que ne l’était Brothers mais captivant quand même ! Une épopée originale qui ne se savoure qu’à deux joueurs.

Good

  • Deux héros, deux point de vue, un jeu acheté, le coop « offert »
  • Un jeu d’aventure accessible
  • Une réalisation dans la norme
  • Une durée de vie honnête

Bad

  • Des interactions assez limitées
  • Une aventure d’une platitude parfois extrême
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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