Assassin’s Creed Odyssey – Pas de pitié pour les 300 !

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Kalimèra ami-notaures ! Enfilez jupettes, chaussez spartiates, exhibez vos torses velus à l’occasion d’un périple hellénique, entre terre et mer, au temps de Périclès et Hérodote ! Qu’elle est belle ma Grèce ! Elle te plait ?

Après s’être laissé un semblant de temps de réflexion de deux années, entre 2015 et 2017, la franchise Assassin’s Creed est finalement repartie de plus belle, en retrouvant une cadence de sortie annuelle. Souvenez-vous. L’an passé le fan affamé par une diète forcée s’était réjouit du retour de la licence en se jetant sur un sympathique opus Assassin’s Creed Origins. Hélas cette nouvelle cuvée a perdue son effet de surprise, pour ne pas dire sa saveur ! Pas étonnant. Ubisoft semble avoir « recyclé » les meilleures idées des épisodes passés pour enfanter cette Odyssée qui se déroule naturellement en pleine Antiquité, quelques cinq siècles avant les événements d’Origins… vous suivez ? Oubliées les péripéties du Medjai, le titre offre cette fois d’incarner un mercenaire ou une farouche guerrière spartiate. Dans la peau d’Alexios ou Kassandra, on écume la Grèce à l’occasion d’une quête vengeresse, qui ne tarde pas à virer à la recherche des géniteurs disparus et au démantèlement d’une confrérie énigmatique. Une sacrée odyssée en perspective ?

Si l’Egypte « ancienne » d’Origins arborait un vaste terrain de jeu en guise de bac à sable, la superficie de la Grèce Antique d’Assassin’s Creed Odyssey semble encore plus immense et impressionnante. Car en sus de crapahuter/cavaler à travers l’énorme partie continentale, le titre invite à s’embarquer vers une multitude d’îles et îlots et aussi à s’aventurer sous les eaux turquoises de la mer Egée à la recherche de trésors immergés. Pas question de parcourir ce monde ouvert librement, car à l’instar d’Assassin’s Creed Origins, les différentes régions sont fractionnées en différents niveaux d’expérience. Dans ces conditions, il n’est pas évident, voire impossible, de survivre même aux confrontations les plus banales lorsque les différences de level sont trop marquées. Du coup, le titre impose de se résigner à grappiller progressivement de l’expérience afin de réaliser une lente et trop laborieuse ascension en niveau. Hélas cette Odyssée flirt davantage avec les Douze Travaux d’Hercules, et plus particulièrement au nettoyage des Ecuries d’Augias, car nombre de missions secondaires infligées à notre héros ou héroïne frisent l’anecdotique. Ainsi, on se résigne à enchaîner les basses besognes à la gloire de Sparte ou Athènes voire pour le compte des autochtones du coin, on part à l’assaut de forts, on tue des dirigeants despotiques et on se lance dans des – simulacres de – batailles qui sont tout sauf rangées. Dans ces conditions, pas étonnant que la quête principale que l’on espérait homérique, peine à avancer !

Plombé par sa dimension RPG qui freine les ardeurs de l’aventurier impatient, Assassin’s Creed Odyssey n’en reste pas moins un jeu d’action mâtiné d’infiltration ! A l’instar de ses pairs, ce titre invite toujours à tromper la vigilance des ennemis en se faufilant dans les buissons ou les hautes herbes, voire à se hisser au sommet des édifices pour observer les mouvements des opposants ou repérer les coffres et réserves stratégiques. Histoire de gagner en furtivité, lors de la montée en niveau, Alexios comme Kassandra peuvent débloquer des compétences qui leur permettent d’être aussi discrets qu’une ombre… ou de développer leurs aptitude au combat en obtenant des coups spéciaux dévastateurs. Ces derniers offrent par exemple de rusher vers un adversaire afin de lui infliger une frappe surpuissante ou de repousser un voire plusieurs ennemis d’un bon coup de pied digne du Léonidas du 300 de Zack Snyder. Envoyer valdinguer les adversaires dans les airs s’avère particulièrement expéditif, notamment lors des combats en hauteur ou à proximité d’un précipice. Répétitifs à souhait et parfois brouillons, les affrontements sont légion. Et si nos héros armés d’épées (de dagues, de lances, de masses…) peuvent esquiver, parer et contrer les attaques, impossible de ne pas laisser quelques plumes face à des garnisons de spartiates ou d’athéniens enragées. Méfiance ! Des mercenaires surpuissants – parfois épaulés par des bestioles sauvages – patrouillent systématiquement dans les environs et ils n’hésitent jamais à prendre part à des confrontations où les ennemis sont déjà avantagé par leur supériorité numérique ! Les lâches ! Plus frustrant encore, la population locale, pourtant opprimée, vole parfois au secours de l’occupant équipé d’armes de fortune. Vous êtes seul contre tous ! Assassin’s Creed Odyssey fait la part belle aux combats rapprochés, notez qu’il offre pourtant aussi de développer des compétences en archerie afin de maintenir à distance les ennemis à l’aide d’un arc et de toutes sortes de flèches aux pointes enflammées, empoisonnées ou explosives. Ces dernières peuvent êtres fabriquées – même dans le feu de l’action – par le biais de différents matériaux trouvable en quantité dans les environnements comme dans les cales des bateaux que l’on dézingue lors de nos virées en mer. Inspirées par Assassin’s Creed IV, les phases nautiques sont plaisantes. En sus de pouvoir rallier le continent ou les îles, on s’adonne aussi régulièrement à des batailles palpitantes mais infiniment moins grisantes que celles du quatrième opus. Les eaux turquoises de la « Méditerranée » ne sont pas aussi tumultueuses que celles des Caraïbes et faute de canons – et de poudre – les confrontations à base d’arc et de flèches sont infiniment moins explosives ! Étonnant, non ? Côté technique, pas d’inquiétude, le titre en met plein les mirettes et réalise un quasi-sans-faute!

L’an passé, Origins avait offert de magnifiques reconstitutions de villes et édifices égyptiens, les cités helléniques d’Assassin’s Creed Odyssey n’ont rien à leur envier car elles sont absolument somptueuses. Même sur une Xbox One S toute simplette on est bluffé par la richesse des environnements, qui s’affichent à perte de vue. Quant au Chara design des principaux protagonistes, il est réussi, puisqu’ils ne manquent ni d’allure, ni de personnalité. Malgré son manque de rythme, en vérité, on ressent presque du plaisir à se perdre dans ces décors naturels ou citadins dignes de cartes postales. Les modélisations des temples dédiés à la gloire des divinités sont sublimes et on passe d’environnements extérieurs détaillés vers l’intérieur de bâtiment tout aussi richement décorés sans temps morts… enfin presque. Testé sur une version commerciale, même une bonne semaine après son achat en magasin et deux patchs, Odyssey inflige toujours des micro-freezes assez frustrants. Immersion dans l’Antiquité garantie puisque tout autour de nous ça cause en grec. Inutile de potasser vos manuels de langue morte ! Les dialogues sont en français et ils bénéficient d’un casting de qualité. Seul bémol, les voix françaises doivent être – à nouveau – téléchargés séparément après l’installation du jeu. Malàka !

A défaut d’être l’odyssée fantastique tant attendue, Assassin’s Creed Odyssey est un titre essentiel à tout fan de la franchise en cette fin d’année. Rendez-vous l’an prochain chez les Sumériens ?

Good

  • Des panoramas, bâtiments et modélisations de toute beauté
  • Un terrain de jeu énorme, les phases en navire
  • Une aventure looongue…

Bad

  • … qui perd haleine
  • Des combats brouillons, des batailles inutiles
  • Des microfreezes fréquents
8.5

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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