Assassin’s Creed Origins – Appellation d’origine contrôlée

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Affichant désormais dix années d'existence au compteur, la franchise d'Ubisoft nous revient après deux années d'absence. L'éditeur nous ayant habitué à une cadence de parution annuelle depuis le second volet sorti en 2009, on se languissait des exploits de nos assassins préférés. Et bien que le titre invite à s'aventurer sur un terrain de jeu inédit, ses mécaniques sont en revanche bien rodées et ne devraient pas dérouter les fans de longue date.

Petit rappel. A la sortie d’Assassin’s Creed Brotherhood ceux qui avaient tout juste fini le second chapitre des aventures d’Ezio Auditore, imaginaient alors que le prochain opus allait se dérouler en France voire… en Egypte. Dans les deux cas, c’était raté ! Il aura fallu quand même patienter six longues années, des tribulations par l’Empire Ottoman, l’Amérique du Nord, les Caraïbes, la France et l’Angleterre et aussi l’arrivée d’une nouvelle génération de consoles, pour enfin fouler le sable des dunes du pays des pharaons dans la peau de Bayek. Ce précurseur (fondateur ?) de la ligue des assassins se retrouve lancé dans une quête vengeresse contre un ordre secret qui dirige d’une main de fer un pays sur le déclin puisqu’en proie au mysticisme et à la tyrannie. Comme d’habitude, lors de sa chasse à l’homme, notre héros/avatar est baladé d’un bout à l’autre d’un « immense » monde ouvert qui offre une reconstitution assez fidèle – quoique miniaturisée – de l’Egypte Antique.

Pas question d’arpenter à pied ce vaste bac à sable poussiéreux constitué d’un patchwork d’oasis éparses, de marécages, d’étendues désertiques de roches ou de sables. Pour limiter les déplacements pédestres à travers les contrées inhospitalières, on peut toujours employer divers moyens de locomotions terrestres (chameau, cheval…) voire aussi, pour les plus flemmards, des transferts instantanés vers les lieux déjà visités. Les eaux du Nil étant mal famées, car peuplées de crocodiles et d’hippopotames, mieux vaut aussi utiliser les frêles embarcations qui sont laissées le long des rivages. Mais, à l’instar de Connor Kenway d’Assassin’s Creed III, le héros que l’on incarne n’est pas qu’un assassin en devenir, puisqu’il est aussi un véritable chasseur. La chasse tient d’ailleurs une place assez prépondérante au cœur du jeu notamment pour récupérer les différents composants qui permettent d’améliorer son équipement afin d’infliger plus de dégâts ou de renforcer la résistance de l’armure. Oubliez les QTE, les affrontements contre les bestioles sauvages (lion, guépard, hyènes, crocodiles…) qui rôdent à l’écart des grandes villes ont gagné en naturel et se déroulent de la même manière qu’un combat lambda. Au lieu de foncer tête baissée dans la mêlée, le titre permet de repérer les ennemis – voire aussi le gibier lors des parties de chasse – par le biais de la vision de l’aigle apprivoisé de Bayek. Grosse nouveauté du jeu, ce rapace peut servir d’éclaireur (et s’aventurer jusqu’aux confins de la cartes), distraire un ennemi pour permettre à son propriétaire de passer incognito ou le prendre sournoisement à revers.

Composante essentielle de la saga Assassin’s Creed et ce depuis la premier épisode paru en 2007 sur PS3 et Xbox 360, l’infiltration est bien évidemment de la partie. Le joueur n’a pas d’autre choix que de se faire aussi discret qu’une ombre pour éviter de rameuter tous les mercenaires des environs en sonnant l’alerte. Il faut plutôt supprimer un à un les adversaires en s’attaquant en priorité aux francs tireurs, ici les archers, qui aiment jouer les troubles fêtes lors des combats. Ces couards aiment rester à distance afin de décocher une série de flèche tandis qu’on s’évertue à pourfendre un soldat ou que l’on fait face à un ennemi plus massif et lourdement armé. Un principe décliné à répétition tout au long du jeu. En effet, la plupart des quêtes offertes par ce jeu consistent – lorsqu’elles ne sont pas anecdotiques – à des missions d’infiltration et d’exfiltration d’otage. Dans ces conditions difficile de ne pas trouver le jeu un brin redondant. Toutefois le titre offre une bonne variété d’activités annexes qui permettent de varier un peu les plaisirs et de récolter de précieux points d’expérience : Venger la mort d’un joueur tombé au combat en tuant ses assaillants, courses de chars, combats de gladiateurs, etc…

S’il se repose énormément sur ses acquis, Assassin’s Creed Origins apporte sa contribution à la saga par le biais de quelques nouveautés. En sus de prodiguer la vision de l’aigle – déjà évoquée plus haut -, il offre aussi des duels plus immersifs. Il introduit un inventaire digne de ce nom et un système de montée en niveau qui à chaque gain d’expérience fortifie notre héros et lui confère de nouvelles compétences. A l’instar d’un RPG, l’Egypte d’Assassin’s Creed Origins est découpée en une trentaine de régions qui foisonnent de quêtes – principales ou annexes – adaptées à une fourchette de niveaux d’expérience. Impossible d’espérer survivre dans les zones les plus hostiles lorsque l’écart de niveau est trop conséquent. On a vite fait de crever et de recommencer. Côté gameplay toujours, Ubisoft a prodigué avec cet opus Origins de nouveaux modes de contrôle, pas très agréables – du moins sur Xbox One -, où les boutons d’attaques sont placés sur les gâchettes de droite de la manette. Rien de grave, puisque le titre permet de revenir à des contrôles plus conventionnels via un petit tour dans le menu des options. Désormais plus besoin de claquer tout son fric chez l’armurier pour obtenir de nouvelles épées ou de nouveaux arcs ! En effet, cet épisode permet de looter de l’armement dans des coffres placés dans les repaires des ennemis ou dans des caches d’armes généralement bien dissimulées. Histoire de maintenir à niveau ses rapières ou bardiches préférées et accroître leur efficacité, on peut toujours faire un tour chez le forgeron. Ainsi contre quelques milliers de Drachmes, il redonne une nouvelle jeunesse à l’armement mais rachète à vil prix le stuff dont on ne se sert pas. Si le jeu ne permet plus de regagner de l’énergie en cours d’affrontement via des potions de soin, il offre toutefois un système de checkpoint assez indulgent. Lors d’une mission d’infiltration, si vous succombez après avoir vaincu un ennemi plus costaud, ce dernier ne réapparait pas en relançant la partie, il ne reste plus qu’à occire le menu fretin. En revanche durant les affrontements scriptés, en cas de mort, il faut se résigner à se retaper la même séquence, les mêmes dialogues des alliés radoteurs depuis un point de contrôle. Un peu frustrant !

Côté réalisation, Assassin’s Creed Origins réalise quasiment un sans faute. La distance d’affichage s’avère impressionnante et le niveau de détail des éléments proches est assez ahurissant, même sur une Xbox One toute simplette. La gestion des effets d’éclairage flatte agréablement les mirettes du joueur par la grande finesse de ses ombres projetés au sol et les modélisation des principaux protagonistes sont de toute beauté. Même si l’on déplore une palette de couleurs parfois un peu terne, on reste néanmoins bluffé par les environnements vivants du jeu, notamment les combats qui peuvent opposer deux fauves, et le fait de pouvoir passer d’un monde ouvert à l’intérieur d’un bâtiment (temple) sans temps mort ou chargement intempestif. Ces derniers surviennent toutefois lorsqu’on quitte l’animus, ou que l’on passe à une autre séquence…  ou que l’on meurt en plein combat. Là où le jeu pêche malheureusement, c’est par de fréquents ralentissements dans l’animation voire carrément des freezes. Si nos yeux pleurent souvent – de bonheur – , nos oreilles ne sont pas en reste. Le jeu est doté de bruitages immersifs et offre une bande son assez réussie dans l’ensemble. En, ce qui concerne les voix, par contre, il vous faudra télécharger un patch d’environ 1,6Go pour profiter des doublages en français qui ne sont pas présents sur la galette d’Assassin’s Creed Origins. Dommage.

Extrêmement attendue, la cuvée 2017 d’Assassin’s Creed est en définitive un Millésime ! Il ne s’agit rien de moins que l’un des meilleurs épisodes de cette licence et qui saura à coup sûr conquérir le coeur des fans de la saga. Un Must Have de cette fin d’année au pied du sapin !

Test réalisé sur la version Xbox One.

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Good

  • Une réalisation qui atteint des sommets
  • De nouvelles mécaniques RPG qui se combinent bien aux anciennes pour un gameplay en béton armé
  • Un monde ouvert, une durée de vie assez conséquente

Bad

  • Des ralentissements ou des freezes
  • Un brin répétitif
  • De nouveaux contrôles qui ne vont pas plaire à tout le monde
8.5

Super

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek.
LIFE IS SHORT PLAY MORE

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