Astérix et Obélix XXL 2 – Baffes en gros, pas de détail !

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Le duo de gaulois le plus célèbre d’Armorique fait un retour fracassant sur les consoles et même sur PC, à l’occasion d’une séance de rattrapage en haute définition. Comment ça ? Il est pas frais mon poisson ?!?

De nombreux titres mythiques de la PS2 ont eu les honneurs de profiter de ressorties en HD au cours de ces dernières années. Ainsi, nous avons eu plaisir à redécouvrir les aventures de Kratos, les péripéties explosives de Snake ou les exploits de Dante de DMC recuisinés à la sauce haute définition sur PS3 et/ou sur PS4. En revanche, pour le coup, on ne peut que s’étonner de voir Anuman/Microïds exhumer ce second volet des péripéties XXL des irréductibles gaulois d’un tombeau poussiéreux ! Sorti en 2006 sur la 128bits de Sony, le jeu a également été “porté” la même année sur PC, PSP et adapté… sur Nintendo DS. Cette fois pas de jaloux ! Astérix et Obélix XXL 2 déboule sur toutes les plateformes du marché – sauf sur PS Vita et 3DS évidemment – et il revient même sur PC ! Une remise à jour bienvenue, pour un jeu vieux de douze ans d’âge, et donc forcément indispensable ?

Oubliée les paysages bucoliques de l’Armorique, préparez-vous à voir du pays ! Une fois de plus, Astérix et Obélix volent au secours de leur bon vieux druide. Panoramix serait semble-t-il devenu un traître. Astérix & Obélix partent alors dans le parc d’attractions de Las Vegum à Rome pour en avoir le coeur net. N’espérez pas y passer du bon temps, ni enchaîner les tours de manèges pour le fun. Ce complexe qui s’inspire d’une demi-douzaine de destinations “touristiques” pittoresques (Lutèce, Louxor, Venise…) n’offre pas de séjour détente. Mêlant l’exploration à la plateforme et à la baston, Astérix et Obélix XXL2 se rêve comme un cocktail à priori détonnant d’action/plateforme… hélas, il devient trop vite redondant. La faute à des challenges qui manquent cruellement de variété. En évoluant à travers les différents environnements, Astérix et Obélix font face à des portes closes. Pour poursuivre leur périple, nos gaulois doivent inlassablement activer des séries de mécanismes et combattre moult légions de romains lors d’innombrables phases de beat’em all tout aussi répétitives. Même si l’on prend parfois un plaisir monstre à envoyer valdinguer les romains dans les airs, les séquences de castagne sont trop fréquentes et imposent de décimer parfois plusieurs dizaines de légionnaires, centurions, gladiateurs… ou super soldats. Ces derniers parodient une multitude de héros de jeux vidéo, tel Sonic, Mario, Pacman ou même encore Ryu de Street Fighter. Les ennemis s’inspirent de leurs looks et reprennent en sus quelques-unes de leurs fameuses bottes secrètes. Pas étonnant de voir un apprenti karatéka musculeux balancer un Hadoken ou un légionnaire sapé en plombier italien moustachu refroidir nos ardeurs à l’aide d’un J.E.T tout droit sorti de Mario Sunshine ! L’aspect le plus sympathique de XXL 2 est d’ailleurs d’avoir disséminé une multitude de références, plus ou moins subtiles, à d’autres jeux vidéo. Des clins d’oeils qui font plaisir à voir !

A défaut d’offrir un mode deux joueurs, le titre permet de contrôler alternativement Obélix ou Astérix. Si cela apparaît comme une hérésie pour tout beat’em up qui se respecte, ce XXL 2, à l’instar d’un Lost Vikings ou d’un Trine, joue plutôt la carte de la complémentarité et de la coopération. Sachez conjuguer leurs talents ! Grâce à la potion magique, Astérix peut défoncer des formations de légionnaires solidement retranchés derrière leurs boucliers. Et s’il manque de force lors des castagnes, il s’avère bien plus vif et agile que son compère. En effet, le gros… pardon, Obélix peine hélas à échapper aux attaques fulgurantes et il ne peut passer dans les passages trop étroits. En revanche il arrive à faire voler et tournoyer sans peine la plupart des ennemis, et il peut même s’en servir en tant que fouet. Pour sa part “Môssieur »Astérix – lorsqu’il n’utilise pas la potion magique – semble bien plus à l’aise face aux gabarits les plus fluets. Enfin, précisons qu’Idéfix, s’il ne participe pas aux combats, le petit roquet s’avère d’une aide assez précieuse en indiquant les objectifs de missions au joueur un peu perdu. Une sorte de GPS canin en somme.

Pour sa réalisation Astérix et Obélix XXL 2 fait presque peau neuve. Nouveaux effets, des textures retravaillés grâce au nouveau moteur graphique d’Osome Studios. Mission accomplie pour ce remake HD donc. Il permet de savourer les nombreuses références aux jeux vidéo dissimulées dans les décors en infligeant peu ou plus d’aliasing. Et naturellement, HDMI oblige (dans le cas des versions consoles surtout), le rendu s’avère enfin plus net qu’avec le bon vieux câble composite des familles. Revers de la médaille, le jeu a accusé à quelques moments des chutes de frame-rate assez violentes sur la PlayStation 4 ayant servie au test. Quant aux cinématiques d’époques elles n’ont pas été retravaillées. Dommage ! Côté son, le bilan est tout aussi mitigé. Pas au niveau des doublages, rassurez-vous. Ceux qui ont passé d’innombrables fêtes de fin d’années devant les (re)diffusions des dessins animés Astérix à la télé, seront ravis d’entendre Roger Carel et Pierre Tornade se donner la réplique. En ce qui concerne les musiques, c’est là que le bât blesse. Loin d’être toujours harmonieux, certains titres qui composent la bande-son font penser à ce que serait de “l’électro pop druidique” aux résonances chamaniques. Une torture auditive qui semble nous ramener parfois au beau milieu des 80’s. Bien plus qu’une fausse note, une faute de goût qui ne colle pas vraiment à l’univers d’Astérix et Obélix… comme un 45 tours de Plastic Bertrand.

Plus détaillé, toujours bourrin et parfois fun, Astérix et Obélix XXL 2 a conservé malgré ses douze ans d’âge les qualités du titre d’origine. Hélas, il perd haleine bien trop rapidement et devient vite redondant. A moins d’être un inconditionnel des irréductibles gaulois, difficile de craquer au prix fort pour ce jeu. Sympathique, sans plus.

Good

  • Les nombreuses références à d’autres jeux vidéo
  • Graphiquement l’univers est coloré, bien plus net que sur PS2 (c’est déjà ça)
  • Les voix de Pierre Tornade et Roger Carel, doux retour en enfance

Bad

  • Un tohu-bohu cacophonique en guide de bande son
  • Vite répétitif parfois fun
  • Les ralentissements
6.1

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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