Bloodstained Ritual of the Night – Sang pour sang plateforme

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Récemment, les amateurs de la saga Castlevania se sont vus “offrir” une compilation anniversaire, qui faisait l’impasse sur Symphony of the Night : crime de lèse-majesté ! Si de nouvelles péripéties des Belmont ne sont plus vraiment d’actualité chez Konami, le créateur de l’opus “majeur” nous livre aujourd’hui son digne successeur. Bienvenue !

Après une campagne Kickstarter rondement menée en 2015, Bloodstained Ritual of the Night débarque enfin ! Certes, IntiCreates avait livré en 2018 un sympathique Bloodstained Curse of the Moon, mais rassurez-vous, il s’agissait en vérité d’une simple mise en bouche à cet univers inspiré de Castlevania. Pas étonnant. Le créateur de BloodstainedIGA pour les intimes – est également celui à qui l’on doit l’excellent Symphony of the Night et tous ses dérivés parus par la suite sur GBA et Nintendo DS. Vous l’aurez compris Bloodstaind Ritual of The Night n’est pas qu’un simple Metroidvania, c’est le fils spirituel de la glorieuse saga de Konami que tous les fans attendaient. Du moins en théorie…     

Si Curse of the Moon offrait d’incarner un chasseur de démon, un sorcier, un vampire et une farouche guerrière armée d’un fouet, ce “second volet”, à savoir le jeu backé lors de la campagne kickstarter, ne s’entiche pas d’un casting de personnages jouables aussi étoffé. À la place Ritual of the Night se focalise sur l’histoire de Miriam, une humanoïde crée (améliorée) par des alchimistes qui a délaissé le bon vieux fouet des familles de Curse of The Moon pour occire du démon à coups de tatane ou par le biais d’instruments de torture tranchants ou contondants. En sus d’être une redoutable et agile combattante, elle possède surtout la capacité d’absorber les âmes des démons vaincus afin d’employer de nouvelles attaques spéciales ou compétences passives. Un principe que l’on retrouvait déjà dans le Castlevania Aria or Sorrow sorti sur GBA puisque son héros, Soma Cruz, possédait lui aussi cette aptitude. D’ailleurs niveau feeling, ce jeu s’avère être un metroidvania pur jus, puisqu’il offre d’intenses séances de plateforme en 2D à travers des successions de tableaux labyrinthiques. Un programme qui devrait faire baver d’envie tous les joueurs un brin nostalgiques et plus encore les amateurs de plateforme mâtiné de RPG.

Si Bloodstained Curse of the Moon rappelait fortement les premiers opus de Castlevania parus sur les machines 8bit (dont la NES), comme dit précédemment, ce second volet s’inspire quant à lui de l’excellent Symphony or the Night publié à l’époque sur les consoles 32bit et ressorti par la suite sur Xbox 360, PS3 et PSP. Le principe de Ritual of the Night est peu ou prou identique à celui de son lointain ancêtre. Il s’agit de crapahuter à travers un immense château en se livrant à des phases de plateforme plutôt conventionnelles tout en éradiquant moult ennemis et boss et en évitant les contacts répétés avec des pièges acérés. Le jeu n’étant pas linéaire, il impose comme ses prédécesseurs d’effectuer une multitude d’allers-retours dès que l’on se heurte à un obstacle afin de dénicher l’item ou d’obtenir la compétence qui permettra de poursuivre l’aventure. Si le déroulement et la mise en scène sont dignes des meilleurs opus de la franchise, sachez qu’on retrouve également un bestiaire assez similaire, un arsenal identique, un level design à l’architecture gothique équivalent et bon nombre de mécaniques de jeu bien rodées et gimmicks familiers (items cachés dans les murs destructibles), qui font que le fan de la saga Castlevania se sent assez immédiatement en confiance. Malgré toutes ces similitudes Ritual of The Night n’est pas vraiment un bête copié-collé d’un Castlevania vieux de vingt ans. En plus de son aventure principale le jeu permet d’accomplir des quêtes secondaires pour le compte de PNJ enfermés dans les murailles de la citadelle. Ils peuvent gratifier notre héroïne d’espèces sonnantes à dépenser sans compter chez le marchand voire du stuff (armes et équipements) pas banal. Durant l’aventure on ne se contente pas d’occire du démon à tour de bras. Le jeu permet aussi de glaner pas mal de matériaux qui servent à élaborer des décoctions, mais aussi des armes et de l’équipement. Quant aux âmes des esprits démoniaques, elles peuvent être cumulées et combinées à différentes matières premières afin de gagner en puissance et efficacité. Histoire de ne pas accabler le joueur comme notre héroïne de trajets répétitifs, on retrouve dans chaque zone des téléporteurs. Ces derniers permettent de se déplacer vers des zones déjà visitées du château. Bien sûr on retrouve aussi des points de sauvegardes disséminés dans cet antre du mal qui offrent de consigner la progression, à volonté, sur un ou plusieurs emplacements. Pratique !

Côté technique, Ritual of the Night fait un peu du vieux avec du neuf. Comprenez par là qu’au lieu de nous resservir un rendu en 2D pixelisé éprouvé, ce jeu d’un poids de 15Go (tout de même) s’est paré d’un moteur graphique 3D digne de ce nom – l’Unreal Engine 4 – et qu’il a opté pour une perspective en 2.5D. Pour résumer, c’est un rendu en 3D avec une caméra parfois dynamique (comme un vieux Pandemonium) mais vu le plus souvent de profil. Comme dit plus haut l’architecture gothique du château régale nos mirettes par ses environnements gigantesques, détaillés et somptueux. Ces décors contrastent un peu avec le chara design en cell shading et nettement plus “dépouillé” de certains protagonistes – sauf de l’héroïne assez stylée et de son rival – qui sont affublés de modélisations et textures moins chiadées. Testé sur PlayStation 4 dans sa version commerciale, le jeu a infligé quelques légers ralentissements dans l’animation lors de l’ascension (voire la descente) d’une tour, des écrans de chargements un tantinet “longs” entre chaque tableaux, ainsi qu’un unique retour au menu d’accueil suite à un plantage. Méfiance, une mise à jour a aussi causé quelques problèmes, obligeant certains joueurs à recommencer la partie. Bref, malgré ces anicroches le jeu tourne correctement dans l’ensemble et on espère que les développeurs de chez ArtPlay profiteront d’une mise à jour pour harmoniser un peu les modélisations. De même, le jeu tourne bien sur Switch ainsi que sur PC, les autres versions qu’on a pu tester. Dans l’ensemble le ressenti est homogène quelque soit la plateforme concernée. En ce qui concerne le gameplay pas de soucis. Le niveau de difficulté est assez bien calibré, quant à la jouabilité, Miriam répond parfaitement au doigt et à l’oeil et surtout aux sollicitations de la croix directionnelle du pad PS4. Généreux sur le fond, réussi sur la forme, Bloodstained Ritual of the Night enchante en sus nos esgourdes par sa bande-son très “Castlevaniesque” et ses doublages en VO, comprenez en anglais, d’excellente qualité… présence de David Hayter (Solid Snake) et Robert Belgrade (Alucard) oblige ! Achevons le tour du propriétaire en signalant que les textes comme les menus du jeu sont intégralement en français. Voilà vous n’avez aucune excuse pour ne pas craquer pour ce nouvel opus de Bloodstained !  

Faute de news d’un quelconque Castlevania du côté de chez Konami, on ne peut que se réjouir de retrouver dans la franchise Bloodstained la digne héritière spirituelle tant espérée. Une alchimie d’action, de plateforme et de RPG prenante et réussie.

Good

  • Une aventure assez longue et prenante
  • Un gameplay aux petits oignons
  • Une réalisation assez réussie dans l’ensemble
  • Une bande son somptueuse
  • Pas trop cher

Bad

  • Quelques défauts techniques de jeunesse... on espère
8

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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