Call of Duty WWII – Tableau d’honneur

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Si la licence Battlefield s'était aventurée l'an passé sur les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, sa rivale de chez Activision a opté cette année pour un retour aux sources en renvoyant le joueur sur les théâtres de la Seconde Guerre Mondiale. Un sympathique remember pour une cuvée de Call of Duty qui n'a pas à craindre cette année la concurrence du poulain de chez EA et DICE...

Après nous avoir emmené au temps de la Guerre Froide, puis loin dans le futur et aux confins du système solaire, la franchise Call of Duty nous fait finalement revenir sur la terre ferme durant la seconde guerre mondiale. Pour mémoire, la licence avait déserté les théâtres de ces opérations il y a neuf ans, après un opus World at War vite éclipsé par les deux premiers épisodes de la trilogie Modern Warfare et suite à une exploitation sur-intensive de cette période historique par les FPS dès le début des années 2000. Dans ces conditions, difficile de ne pas être gagné par un fort sentiment de déjà-vu en pataugeant d’entrée de jeu dans les eaux froides de la Manche, lors d’une reconstitution un brin « Low Cost » du débarquement allié.

La campagne solo, qui s’étale sur une douzaine de chapitres, invite à suivre les pérégrinations du soldat Daniels et d’une escouade de vaillants bidasses trimballés depuis les plages de la côte normande jusqu’au coeur de l’Allemagne nazie, en passant par une reconstitution approximative du centre de Paris occupé. Un pitch sans grande surprise, pour un FPS résolument linéaire. Comprenez par là que le joueur est placé – une fois de plus – sur un sentier balisé dont il est impossible de s’écarter sous peine d’être sanctionné par le tir d’une mitrailleuse ou une explosion assassine. Les affrontements scriptés obligent à crapahuter à travers les ruines d’une ville allemande ou les routes de la campagne normande, de dézinguer les détachements d’ennemis teigneux qui ont l’audace de pointer le bout de leur nez, puis de se planquer ventre à terre derrière un abri de fortune pour échapper aux feux nourris des MP40 et des carabines. Classique. Cependant, à contrario des précédents volets, pas question de jouer les planqués pour voir sa jauge de santé remonter comme par magie. A l’image d’un Doom ou Wolfenstein, cette cuvée 2017 de « Call Of » impose d’employer des médikits afin de récupérer de l’énergie quand le besoin s’en fait sentir. Les trousses de secours peuvent se dénicher dans les environnements ou être confiées par le soigneur de l’équipe lorsqu’on le sollicite. L’escouade étant aussi consitutée – entre autres – d’un fournisseur de grenades et un autre de munitions, il est rare de tomber en panne sèche de balles ou de mignardises explosives lors des gunfights les plus intenses. Enfin, les deux derniers membres de l’escouade offrent au joueur de repérer les positions des bots contrôlés par l’IA ou d’invoquer un tir de barrage de l’artillerie pour faire pas mal de dégâts dans les rangs ennemis. Afin de faire vivre au joueur une aventure solitaire spectaculaire ou de juste varier les plaisirs, le titre jalonne les phases de FPS vite répétitives par des séquences de course poursuite, des QTE à la pelle, du dézinguage d’avion à la DCA, de pilotage de blindé et même d’infiltration. Ce dernier genre de mission offre de s’introduire dans un QG parisien du Reich en incarnant une officier de la Wehrmacht voire aussi d’exfiltrer une petite fille d’une cave inspectée par un détachement de soldats allemands. Des séquences sympathiques mais qui n’arrivent pas à estomper l’ennuyeuse sensation de déjà-vu qui émane de cette campagne solo. Même si elle peine à nous captiver, tout l’intérêt de Call of Duty réside heureusement ailleurs c’est-à-dire dans son multijoueur qui lui n’a pas à rougir de ses plus illustres prédécesseurs, puisqu’il garde les pieds sur terre.

Depuis l’épisode Advanced Warfare sorti en 2014 les confrontations en multi avaient un peu viré au n’importe quoi. Entre les sauts boostés, les courses sur les murs ou les combats en apesanteur, Call of Duty avait clairement perdu de sa saveur en ayant dans le collimateur la franchise Titanfall. Pour notre plus grand plaisir, cet épisode, renoue avec des affrontements en PVP plus conventionnels mais qui demeurent efficaces. Les matchs en multi se déroulent sur neuf arènes situées aux quatre coins du vieux continent (docks de Londres, Canon Gustav en Crimée, Ardennes…), qui sont taillées pour les combats rapprochés comme pour les « affrontements » à distance. Elles peuvent opposer de huit à douze joueurs : Seulement ! A titre d’exemple, on est bien loin des confrontations dantesques d’un Star Wars Battlefront ou Battlefield à 64 joueurs ! Même si les mécaniques s’avèrent aussi connues et érodées que celles du solo, il faut bien admettre que côté multi Call of Duty WWII reste bigrement captivant et addictif. Parmi les modes compétitifs intégrés à ce titre on retrouve les classiques match à mort en équipe et mêlée générale, de l’élimination confirmée, de la domination, de la capture de points stratégiques, de la capture de drapeau et son lointain cousin foot américain. Notez que l’on retrouve aussi un mode guerre qui impose aux équipes de détruire ou défendre une série de trois objectifs disséminés sur une carte en un temps limité. S’il dispose de neuf modes praticables en classique, la variante hardcore ne propose que quatre modes. Avant de se jeter dans l’enfer du multi et des confrontations en match à mort ou en domination, le titre impose auparavant de créer un avatar. En guise de « classe », il faut le rattacher à l’une des cinq divisions (infanterie, aéroportée, blindée…) ce qui prodigue des compétences passives ou physiques telles une rapidité améliorée ou furtivité accrue aux avions de reconnaissance. Comme toujours, la montée en expérience permet – suite à nos exploits dans les arènes – d’étoffer notre arsenal et bien sûr d’acquérir de nouveaux bonus de série de points, qui offrent d’infliger des dégâts supplémentaires aux adversaires après avoir réalisé une série de frags consécutifs. A la fin du match on reçoit des points d’expérience et aussi, de manière plus aléatoire, des caisses de loot (NDLR : ah les fameux caisses de loot…) qui confèrent des petites gourmandises purement cosmétiques (emotes, cartes de visites…). Pas de jaloux !

S’il parvient à séduire par son multi, en revanche, on cherche encore le bien fondé de l’existence du Quartier Général. Au lieu d’offrir une interface sympa et quelques menus, pour récupérer des « quêtes » et autres récompenses, les développeurs se sont inspirés – au pif – de la Tour de Destiny afin de coller quelques PNJ dans un univers vide et dépourvu de toute interaction sociale. Un hub privé un peu lourdingue, franchement inutile qui n’empêche pas – heureusement – de faire autre chose en attendant qu’une parti en multi daigne se lancer. Enfin, précisons que le mode Zombie introduit à l’époque de World at War est bien sûr de la partie. Ce mode coopératif invite un groupe de quatre héros d’unir leurs forces pour survivre à des vagues d’assauts de zombies en étant enfermé dans une maison ou en progressant de nuit à travers les rues glauques d’une petite bourgade teutonne. L’énergie engrangée à chaque frag de mort-vivant permet d’acheter de nouvelles armes ou de refaire le plein de balles. Mieux encore, nos héros peuvent employer des compétences uniques pour repousser les zombies un peu trop câlins ou se rendre invisibles, voire de profiter l’espace de quelques secondes de munitions illimitées. Si les modes multi et coopératifs offrent une action intense, dommage qu’ils s’avèrent un brin trop avares en maps. Evidemment on peut compter sur l’arrivée prochaines des DLC pour rajouter de nouveaux terrains de jeux.

Techniquement, Call of Duty WWII répond aux exigences des cahiers des charges actuels. Ainsi les développeurs de chez Sledgehammer Games se sont appliqués à modéliser fidèlement certains environnements et bâtiments (comme à Aachen), et à saupoudrer le tout d’effets d’éclairages et spéciaux chatoyants. Les décors sont donc souvent complexes et profitent de textures détaillées. Quant aux modélisations des protagonistes, elles sont tout aussi chiadées. Sur le plan technique il n’y a pas de gros reproche à faire à la version PlayStation 4 ayant servie au test, en dehors d’environnements parfois ternes à cause d’un horrible brouillard épais comme de la purée de pois, de décors aux destructions précalculées – quand ils ne sont pas monolithiques – ou d’enrageantes successions de sentiers trop étroits ou balisés. Côté son, le titre régale aussi nos tympans par de splendides thèmes militaires et des effets sonores réalistes et hyper immersifs, et il offre aussi des doublages en français convaincants.

Après s’être perdu l’espace de quelques « épisodes » la saga COD revient sur le droit chemin en retournant aux sources. S’il déçoit un peu par son solo qui s’essouffle vite, le multijoueur fait bien le job, même si l’on note quelques modes vite superflus et un enrobage un peu pompeux. Attention peinture fraîche !

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Good

  • Réalisation soignée sans anicroche rédhibitoire
  • Assez du contenu pour s'amuser en multi
  • Un COD à l'ancienne... gare à ne pas surexploiter le filon !

Bad

  • Campagne solo un brin répétitive
  • Une interface QG superflue
  • L'arrivée imminente de DLC
7.5

Bon

Parisien, ex-journaliste et ex-globe-trotter mais toujours papa, passionné, joueur, collectionneur, technophile et nostalgeek.
LIFE IS SHORT PLAY MORE

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