Capcom Arcade Stadium – L’arcade à la maison

Switch Tests

Le commun des joueurs n’a pas attendu le confinement et le couvre-feu pour déserter les salles autrefois enfumées. L'éditeur d'Osaka propose aux nostalgiques de redécouvrir le plaisir de l’arcade des années 80 à 2000 à domicile. 

On a souvent reproché à Capcom ses pannes d’inspirations, ses nombreux recyclages de licences à l’occasion de compilations (MegaMan, Street Fighter, Devil May Cry…), remastérisés à la sauce HD… ou non. En faisant fi de la foule de portages vers les PC et consoles, le géniteur de Rockman et Resident Evil a commencé à revaloriser ses glorieuses productions issues des salles d’arcade dès l’époque de la PlayStation et la Saturn par le biais de la collection Capcom Generations.  Chaque CD contenait quelques versions de certaines des franchises (194X, Ghouls’n’Ghosts, Street Fighter II). Depuis on ne compte plus les compilations parues sur PS2 et PSP, les ressorties individuelles sur le Live/PSN ou par l’intermédiaire d’une borne d’arcade virtuelle sur PS3/X360 et même – plus original – via un stick arcade aux couleurs de Capcom vendu à prix d’or. La compilation exclusive à la Switch qui déboule aujourd’hui sur le grill a le bon goût d’être bien moins onéreuse que ses prédécesseurs, et s’avère assez généreuse en Beat Them Up, en Beat Them All, en jeux d’action et en Shoot Them Up ! C’est l’arcade à la maison baby !

Téléchargeable gratuitement avec le Shoot Them Up 1943, Capcom Arcade Stadium propose de s’offrir 31 jeux supplémentaires pour moins de quarante euros. Une bonne affaire ! On retrouve dans cette compil des déclinaisons de l’indispensable Street Fighter II – dont l’excellent Super Street Fighter II Turbo -, les inévitables Ghouls’n’Ghosts, Final Fight et Captain Commando, 1942 et ses nombreuses suites ainsi que des titres plus “originaux” comme GigaWing ou ProGear.  Comme dit en préambule de ce test, la compilation regroupe des titres, sortis entre le milieu des années 80 et le début des années 2000, déjà vus et revus ou inédits, certains jeux ne sont pas sortis en occident et nécessitent d’être joués en nippon. Evidemment loin d’être une anthologie des jeux sortis en arcade, énormément de titres incontournables de Capcom manquent à l’appel tels SonSon, Alien Vs Predator, Knights of the Round Table, les Street Fighter Alpha et MarvelVsCapcom, les DarkStalkers et même Puzzle Fighters. Un titre un peu plus cérébral au milieu de toute ce déchaînement d’action et de violence n’aurait pas fait de mal à nos doigts boudinés qui doivent déployer fréquemment des trésors de dextérité ! Vous avez deux mains gauches ? Eh bien pas de problème, Capcom a pensé à vous !

On le disait un peu en filigrane, mais quelques-uns des jeux vendus avec cette compilation ont déjà fait l’objet d’une multitude de conversions vers les consoles et micros des années 90. Si l’on a profité de portages plus ou moins réussis de Street Fighter II, Final Fight, Forgotten Worlds, Mercs et Ghouls’n’Ghosts, Capcom Arcade Stadium permet de s’adonner aux versions arcade d’origine. Graphiquement plus abouties que nos portages domestiques, ces mouture arcade, Pixel Perfect, permettent de profiter aussi de “crédits” infinis. Au lancement d’un jeu on peut moduler le niveau de difficulté, la vitesse de l’action et rajouter ou ôter des vies supplémentaires. Mais ce n’est pas tout.  Arcade Stadium permet de consigner sa progression à tout moment par le biais d’une trentaine de Save States, partagés entre les titres de la compilation. En sus, on peut recourir à outrance à un retour-arrière (replay de quelques secondes) pour se sortir des situations les plus inextricables. Particulièrement utile pour venir à bout des nombreux Shoot Them Up qui accompagnent cette compil’. Enfin notez que le jeu permet aussi d’accélérer la vitesse de l’action, une fonctionnalité destinée aux joueurs qui ont des réflexes surhumains comme aux nostalgiques des modes Turbo de SF2.

Capcom emploi son nouveau moteur graphique à tout faire – le RE Engine – pour faire carburer les différentes générations de bornes (Z80, CPS, CPSII) et le résultat est convainquant. Les jeux tournent bien, comprenez sans infliger de ralentissements même lors des tirs les plus nourris dans les Shoot Them Up, et Arcade Stadium propose évidemment pas mal d’options de rendu qui lissent les graphismes, rajoutent des scanlines, simulent un affichage cathodique ou modifient l’orientation de l’écran. Dommage, dans ce dernier cas les commandes ne s’adaptent pas au changement de sens et obligent à détacher le JoyCon de la console pour s’adonner à une partie de Shoot Them Up vertical. Un genre particulièrement appréciable sur le grand écran de la Switch à condition d’employer des scanlines pour adoucir le rendu. Côté son et musiques, pas de fioritures sonores, au niveau de l’interface pas de mignardises bonus (artworks…) ou de résumé accompagnant le choix du jeu. Capcom a fait un peu le service minimum.  En dehors du multi local sur la même machine, Arcade Stadium ne propose pas de multijoueur en ligne (coop ou compétitif). Histoire de se mesurer aux autres joueurs du globe à travers des défis de chrono, de score et même des défis spéciaux qu’on n’a pas pu expérimenter lors de cette review.

Bien fournie, dotée de fonctionnalités appréciables, voilà une sympathique compile de jeux d’arcade exclusive cousue main pour la Switch et vendue au juste prix. Seul vrai bémol, le catalogue de titres manque de variété et certains gros hits n’ont pas répondu à l’appel.

Good

  • Trente-deux titres un tarif assez honnête
  • Retour arrière, sauvegarde, freeplay !
  • Super SF2 Turbo

Bad

  • Des genres pas très variés, beaucoup de jeux déjà vus et revus
  • Les commandes ne s’adaptent pas au changement de sens de l’écran
  • Que sur Switch, pas de version PC,PS4 ou Xbox... pour l’instant
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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