Concrete Genie – Laisse béton !

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L’année 2019 aura été une fois de plus fastueuse, vidéoludiquement parlant. Alors après une indigestion de Triple A, bien gras, il est bon de manger léger en s’essayant à un petit jeu indépendant. Pour l’amour de l’art.

Paru au tout début du mois d’octobre, soit un peu avant le coup d’envoi d’une période hyper embouteillée en sortie vidéoludiques, Concrete Genie était passé – volontairement – sous la couverture radar. La faute à un titre peu vendeur, combiné à un univers visuel assez prépubère qui ne donnait franchement pas envie au “gamer en mâle d’action” d’y prêter attention. Exclusif à la PlayStation 4 ce titre était disponible en téléchargement mais il a aussi profité d’une sortie au format physique. Voilà pour la petite histoire. Le studio américaine Pixel Opus a enfanté de sa seconde création exclusive à la PS4. La précédente, Entwined était un jeu de rythme qui semblait résulter d’un mix contre-nature d’un REZ et d’un Tempest. Cette fois, le cocktail de jeu d’aventure à la troisième personne mâtiné de plateforme et de réflexion de Concrete Genie semble presque plus cohérent. Mieux encore, le programme pourrait carrément paraître alléchant puisque certains, à l’image d’un des créateurs du jeu, n’ont pas hésité à le comparer à Jet Set Radio. Carrément, mais modérez vos espoirs et rangez vos rollers ! Si  Concrete Genie offre bien de faire “mumuse” avec la peinture, le jeu de SEGA, sorti sur Dreamcast en 2000 (il y a vingt ans déjà ! ) était infiniment plus fun et speed. Infiniment plus…

Le pitch de de ce jeu est assez simple. L’action se déroule à Denska, une petite ville située en bord de mer pas vraiment paradisiaque car plongée dans les ténèbres et en proie à la pollution. Durant une dizaine d’heures on y suit les péripéties d’un gamin –  Ash – qui s’est mis en tête de redonner des couleurs à cette sinistre bourgade laissée à l’abandon. Gare ! Si les bonnes gens ont fui la cité depuis longtemps, des petits canailles continuent de rôder malgré tout dans les zones les plus inhospitalières et brutalisent Ash à la première occasion. Il faut croire qu’ils restent hermétiques aux talents artistiques de notre héros comme à sa noble quête : les sots ! Pour parvenir à faire de Denska un lieu de vit à nouveau meilleur, il peut compter sur la participation des Génies, des créatures “monstrueuses” quoique bienveillantes sorties de son imagination (ou de celle du joueur puisqu’il est possible de les personnaliser). Un petit coup de main difficilement refusable, même si elles vous laissent faire un peu le sale boulot. En effet, plutôt que d’empoigner le rouleau, ces créatures surnaturelles dotées de pouvoirs uniques peuvent assister notre avatar d’autres manières. En ouvrant notamment des passages vers d’autres zones de jeu en “actionnant des mécanismes” ou en remplissant la jauge de super peinture (indispensable pour effacer les résidus de ténèbres les plus tenaces).

N’allez pas croire qu’il s’agit de badigeonner de peinture l’intégralité des murs de la cité comme dans un Splatoon. Pour passer à la zone suivante et éliminer toute trace des ténèbres il faut “peindre” les ampoules désactivées et rétablir ainsi l’éclairage dans les zones et artères plongées dans l’obscurité.  S’il sert essentiellement à appliquer de la peinture (ou plutôt des motifs), le pinceau peut aussi servir à rassembler/guider les esprits vers des points d’intérêts, afin qu’ils activent différents types de mécanismes sensibles à leurs pouvoirs “élémentaires”. Avant de bouger le petit doigt, les génies exigent auparavant que l’on peigne sur les murs des motifs bien spécifiques qui les emplissent de joie et d’allégresse. Un bonheur simple, qui pourrait attendrir tous les cœurs de pierre. Hélas de l’autre côté du pad on ronge un peu notre frein.  La faute à une maniabilité un chouia lourdingue lors des phases de mise en peinture qui a troqué l’usage du second stick analogique contre le gyroscope du pad PS4.  Au final on se retrouve avec un gameplay qui ne brille pas par la précision, ni par l’intuitivité de la maniabilité, ni par la diversité. Comprenez par-là que le jeu devient vite redondant, quant à l’interface qui permet d’accéder à la palette de motifs, elle s’avère tout aussi peu intuitive. Et on rechigne à devoir aller piocher un motif, puis un autre afin de résoudre un puzzle annexe ou que ces maudits génies daignent se bouger le … mais ils sont tellement trognons ! Comme dit un peu plus en amont de ce test lors de l’invocation on design les monstres à notre guise. On les affuble de cornes, de longues oreilles, de queues et autre faciès choupinesque et il est assez “attendrissant” de voir nos créations prendre vie, interagir avec leurs semblables et se balader librement sur les murs de la ville.  Achevons ce tour du gameplay en précisant que le jeu est compatible avec le casque de réalité virtuelle de la PS4. Après une mise en place laborieuse de l’engin, l’expérience au PlayStationVR est bien cloisonnée du reste du jeu et se borne à des mini-jeux qui doivent être pratiqués avec deux PlayStation Move. Des suppléments sympathiques mais à la place on aurait préféré une aventure principale qui aurait pu être aussi intégralement praticable au PSVR. Dommage !

Carburant à l’Unreal Engine 4, la dernière création de chez Pixel Opus peut se vanter d’être assez jolie. L’univers et le chara design (et notamment celui du héros) rappel un peu des films d’animation comme Coraline ou les productions animées de Wes Anderson ou Tim Burton. Les environnements un tantinet glauques et tarabiscotés s’avèrent détaillés au niveau des textures plus qu’en terme de complexité de l’architecture.  La faute à des niveaux pas vraiment ouverts mais constitué d’assemblages de sections de levels collées les unes-aux-autres. S’il offre une perspective à la troisième personne, le jeu inflige plus rarement des angles de caméra fixes qui ne s’avèrent pas très pratiques lors de phases de plateformes. Les décors lugubres baignés dans les ténèbres et le smog offrent par contre de jolis effets graphiques (éclairage, environnement mapping dans les flaques…) après notre passage de pinceau magique. Dans l’ensemble, le rendu est tour à tour terne puis chatoyant. Enfin achevons ce tour d’horizon du proprio en précisant que le jeu bénéficie de textes et voix intégralement en français. Parfait pour le jeune public adolescent auquel il est destiné.

Sympathique sans plus. La dernière production de chez Pixel Opus passée relativement inaperçue en fin d’année dernière offre en définitive une expérience rafraîchissante, qui combine plateforme et réflexion.  Hélas les monstres gentils ne font plus recette, car cette épopée bourrée de bons sentiments est répétitive et sa maniabilité un tantinet pénible.    

Good

  • Un univers original et des personnages attachants
  • Graphiquement c’est joli et mignon
  • De la VF intégrale

Bad

  • Hélas pas d’aventure principale jouable en VR
  • Un mix de plateforme réflexion répétitif
  • La maniabilité lourdingue
6

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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