Cyberpunk 2077 – Les Keupons d’abord

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Juste à temps pour débouler au pied du sapin ! La dernière production des géniteurs de Witcher 3 fascine la toile autant qu’elle l’agace, puisqu’elle laisse dans la bouche comme un amer goût d’inachevé.

Une fois encore, Michel avait raison ! Il était inutile de se lancer sur une review de Cyberpunk 2077 dès sa sortie. Lancé dans la douleur après quelques reports, le jeu devait clore magistralement une année 2020 déjà marquée par le lancement des consoles nouvelle génération. La promesse était belle pour achever aussi en beauté la carrière des Xbox One et PlayStation4. Un monde ouvert de dingue dans une cité décadente à taille humaine et surpeuplée. En vérité il s’agissait presque d’une bonne blague. Attention même un bon mois après la sortie du jeu et la mise en ligne de quelques correctifs, la peinture est encore très fraîche !

Test ou preview ? En toute franchise, l’absence de version Next-Gen aurait pu refroidir nos ardeurs. Mais le jeu étant disponible dans le commerce depuis un bon mois, et même déjà soldé, on ne vous fera pas l’affront de vous livrer un simple premier verdict. Attaquons d’emblée par un rapide tour de la partie technique de Cyberpunk 2077. Plutôt que d’attendre la sortie de la version “définitive” (taillée pour la Series X ou la PS5) hypé comme jamais et poussé par une curiosité malsaine, j’ai voulu m’attaquer à ce monument imparfait enfanté par les méninges torturé – par de longues semaines de crunch – des développeurs de CD Projekt Red. Après un détour par le boulevard Voltaire où j’ai pu récupérer une version Xbox One à un prix décent, du moins à l’époque, j’ai pu lancer l’installation du jeu.  Sur la dernière console de Microsoft, la Xbox Series X, je n’ai pas rencontré de bug vraiment grave ou rédhibitoire qui ait affecté l’expérience Cyberpunk 2077. Ou plus exactement je n’ai pas rencontré de bug ou de glitch visuel qui n’ai pas été résolu après un redémarrage du jeu ou la recharge de la dernière sauvegarde. J’ai également tenté d’installer le titre sur Xbox One X. Là en revanche le résultat n’a pas été à la hauteur de mes espérances. Comprenez par-là que le jeu n’était pas d’une fluidité suffisante et certains effets graphiques étaient également moins impressionnant sur la bonne vieille One X : étonnant pour un jeu qui était destiné à tourner sur Xbox One ! Pas vraiment optimisé pour l’ancienne génération de machines le titre s’avère en revanche jouable sur Series X. On retrouve bien dans les paramètres la possibilité de pouvoir switcher entre qualité de rendu ou vitesse d’affichage ce qui apporte du peps aux confrontations armées. Malgré une réalisation pas vraiment à la hauteur de la dernière génération de consoles, j’ai pu achever la campagne solo en un peu moins d’une quarantaine d’heures. Une durée de vie honorable mais sachez que je suis passé à côté de nombreuses missions secondaires qu’il est heureusement possible d’accomplir une fois le solo achevé. Une attention sympathique pour tous les procrastinateurs qui cherchent avant tout à rusher la quête principale.

Pour ceux qui l’ignorent, et qui n’ont jamais bavé d’envie devant les différents trailers, Cyberpunk 2077 est un FPS mâtiné de RPG et de GTA-Like. Le titre invite à crapahuter à travers Night City une cité futuriste de Californie aux abords désertiques et constitué d’un patchwork de quartiers aux rues et ruelles plus ou moins glauques. Ce jeu lorgne résolument du côté de l’action de par des phases de shoot frénétiques et pétaradantes ou davantage axées sur l’infiltration. Enfin, par GTA-Like comprenez que notre héros peut utiliser/acheter une ribambelle de véhicules (motos, caisses…) afin de se déplacer à travers la cité ou employer des téléporteurs pour se rendre instantanément dans des zones déjà visitées : Pratique ! Un mot rapide sur les engins. Si le titre permet d’emprunter une ou deux fois la voie des airs à l’occasion de cinématiques, les véhicules restent hélas terre à terre. Les voitures volantes, l’an 2000 tout ça c’était du flan, tristesse !  Evidemment le dernier né de chez CD Projekt n’échappe pas à la comparaison avec The Witcher 3. Point commun des deux jeux, techniquement imparfaits et buggués à leur sortie. Mais là où le célèbre RPG Médiéval imposait d’incarner un Sorceleur bigrement charismatique, ce Cyberpunk permet de créer son héros/héroïne à sa guise en altérant pas mal d’attributs de l’avatar. Le résultat final est bien moins flatteur que la plupart des principaux protagonistes que l’on est amené à rencontrer lors de cette épopée. Difficile de rivaliser avec la coolitude d’un Johnny Silverhand – campé par un Keanu Reeves au sommet de sa forme – ou la beauté de la splendide Panam Palmers. Ces deux persos transpirent le charisme par tous les pores de la peau ! Sans trop en dévoiler sur l’histoire qui est plutôt réussie. On incarne “V” un mercenaire laissé pour mort et qui doit batailler contre une puissante corporation et des gangs de rue aux côtés d’une figure emblématique de Night City. La montée en niveau permet de renforcer différents talents et de débloquer de nouvelles aptitudes passives. Futur cyberpunk oblige, notre héros peut s’équiper d’améliorations cybernétiques chez le Charcu-doc du coin afin d’obtenir par exemple un double saut utile lors des missions principales les plus avancées. Il ne faut pas négliger les missions secondaires – plus ou moins rémunératrices – pour s’offrir des améliorations ou de nouveaux membres qui généralement… coûtent un bras. La blague était facile.

Lors des successions de missions on doit s’aventurer dans des places fortes de corpo ou des repaires de bandes étroitement surveillés. Libre à nous de jouer la carte de l’infiltration en aveuglant les ennemis, en piratant les systèmes de surveillance ou au contraire en faisant feu de tout bois à grands renforts de mitraille ou de mignardises explosives. Parfois épaulé par un co-équipier, on se retrouver le plus souvent seul en territoire ennemi pour exfiltrer une cible ou récupérer un objectif de mission. Les confrontations scriptées en milieu clos sont assez pêchues, mais il arrive que le jeu invite aussi à occire des ennemis en environnement ouvert à l’occasion de quêtes principales ou secondaires.  Dans ce dernier cas, il s’agit par exemple de filer un coup de pouce aux forces de l’ordre en éliminant un cyber-psychopathe qui sème la terreur dans un quartier, de réduire au silence une bande de criminels ou d’attaquer le convoi d’une corporation. Un dernier mot concernant les missions annexes, elles sont le plus souvent transmises par un commanditaire lors de nos virées motorisées et s’ajoutent automatiquement au journal des quêtes. Pas besoin de se précipiter, comme on le dit bien en amont de ce test, on peut y revenir même après avoir complété le jeu. D’ailleurs il est fort probable que Cyberpunk 2077 s’enrichisse de nouvelles missions annexes par le biais de contenus téléchargeables… heureusement gratuits.  En effet, le jeu a la bonne idée de nous renvoyer à un moment charnière de l’histoire où l’on peut accomplir les quêtes secondaires laissées suspens et s’essayer à différentes fins – plus ou moins heureuses – selon nos décisions.

 En sus des gunfights à la première personne, le jeu offre aussi des séquences de shoot sur rails à l’occasion de courses-poursuites, et certaines missions secondaires proposent carrément de la course de rue ou des matchs de Free Fight. En RPG pur jus, le jeu impose de faire régulièrement des choix lors des conversations et qui ont forcément une incidence sur la suite de l’histoire… et la relation avec les autres personnages. D’ailleurs les amateurs de romance torrides peuvent se réjouir, à l’instar d’un Commandant Sheppard ou d’un Geralt de Riv, notre avatar libidineux se livre aussi sans tabou à l’acte charnel avec tout ce qui passe à portée de ses filets. Le jeu étant clairement destiné à un public adulte, pas de raison d’être choqué par tant de débauche à l’écran ! Ce combo sympathique de GTA-Like, RPG et FPS, sans surprise la plupart du temps, parvient plus occasionnellement à rompre avec la monotonie en offrant quelques missions plus délirantes qui invitent à découvrir le passé ou les folles soirées de Johnny Silverhand. Des séquences fun et bien rythmées, si seulement tout le jeu avait été de la même trempe et les finitions davantage chromées…

En l’état, impossible de conseiller Cyberpunk 2077 sur Xbox One (S ou X même combat) et même sur PlayStation4. On ne peut que suggérer aux possesseurs de machines d’ancienne génération de prendre leur mal en patience en attendant que le jeu gagne en stabilité, puis de dénicher une bonne occasion pour craquer sans regrets. Sur One X par exemple, comme évoqué plus en amont de ce test, le jeu s’est avéré à peine jouable la faute à un framerate aux fraises et un gros manque de stabilité du jeu. En revanche sur Series X, malgré la présence de bugs/glitchs j’ai pu finir et apprécier la campagne solo dans – j’estime – d’assez bonne conditions. Même si Cyberpunk 2077 n’est pas encore optimisé pour les nouvelles consoles, le rendu graphique est propre, la distance d’affichage assez lointaine. En dehors de certaines affiches placardées sur les murs, les textures sont détaillées, les principaux protagonistes bien modélisés, mais le titre est un tantinet avare en fioritures. Généreux en lens flares et en brouillard volumétrique l’ensemble manque d’ambition (l’effet de la pluie qui tombe est d’une tristesse…), mais, le jeu a le mérite de tourner de façon suffisamment fluide pour donner envie d’aller au bout d’une aventure sans temps mort. Non pas par le rythme qui est loin d’être mené tambour battant, comme on l’a déjà dit, mais plutôt par la rapidité des temps de chargement voire leur absence. S’il faut poireauter une dizaine de secondes (à peine) pour se téléporter vers une autre zone du terrain de jeu, Cyberpunk 2077 permet de crapahuter assez librement à travers Night City sans imposer un écran de chargement sauf à l’occasion de virées à travers le cyberespace.  Je profite de la partie technique pour aborder rapidement l’interface. Le HUD parvient à afficher l’essentiel des informations (barre de vie, munitions, items régénérateur, mini-map…) de façon assez maîtrisé dans le feu de l’action. On aurait aimé autant d’intuitivité et de minimalisme à la place des différentes interfaces (inventaires, amélioration, journal, équipement) que l’on est amené à employer. Hélas elle s’avèrent assez lourdingues et bordéliques. Evidemment comme dans tout RPG on loot pas mal de bazar (armes, armures, composants) qui viennent encombrer l’inventaire et ralentir la progression de notre héros. Mieux vaut recycler ces items superflus afin de les transformer en “medikit”, en munitions, voire en grenades. Pratique ! Enfin pour revenir à la réalisation pure et dure, notez que le titre possède une bande son éclectique diffusée par le biais de stations radio (à la manière d’un GTA ou WatchDogs). Cyberpunk 2077 ambiance évidemment les gunfights avec des morceaux d’électro qui s’avèrent parfois bizarrement répétitifs et stressants. En ce qui concerne les doublages, ils sont évidemment soignés et de qualité. Et pour un projet de cette trempe, aussi pharaonique, je n’ai pas croisé de texte ou de voix laissé involontairement en anglais. Night City étant une ville assez cosmopolite préparez-vous en revanche à croiser des persos qui parlent –suivant le quartier- en espagnol, japonais ou même encore en créole de Haïti. Sacrément dépaysant ! Enfin, scrutez bien les environs et les décors, des références à d’autres jeux ou oeuvres de fictions se dissimulent parfois sous vos yeux. Misty ne vous rappelle pas quelqu’un ?

En l’état Cyberpunk 2077 a des allures d’oeuvre inachevée. Accessible et jouable seulement aux possesseurs de machines de nouvelle génération comme aux propriétaires de PC musclés. Voilà en somme – sur console surtout – une alpha un brin élitiste pour un titre toujours en cours de développement ! Une aventure sympa mais qui en mettra plein les yeux bien plus tard… bien trop tard ?

Good

  • Une aventure assez prenante
  • Une durée de vie honorable d’une quarantaine d’heures
  • Une bande son aux petits oignons, des doublages réussis

Bad

  • Pas encore optimisé pour Xbox Series et PlayStation5
  • Pas très stable ni très jouable sur les machines d’ancienne génération
  • Une épopée pas toujours bien rythmée
6

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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