Dark Souls III ou le masochisme vidéo-ludique

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Dernier opus de la saga, dans l’esprit de son créateur Hidetaka Miyazaki en tout cas, ce Dark Souls III nous plonge dans le Royaume de Lothirc , la terre des Seigneurs des Cendres.

Le Royaume de Lothric n’est plus que chaos. Du feu ne subsistent que des braises et les Seigneurs des Cendres ont déserté leur trône. Vous incarnez ici l’une des nombreuses Morteflammes, être damnés dont le seul but est de collecter des âmes et tenter de ramener à leur rôle premier et essentiel les Seigneurs des Cendres.

Le scénario est posé par une courte introduction, libre à vous par la suite de tenter de faire se dissiper l’épaisse brume qui plane volontairement sur cet élément tout de même crucial pour un RPG. L’exploration minutieuse demeure de toute manière plus que conseillée afin de trouver PNJ cruciaux, armes spéciales bien cachées et autres raccourcis bien pratiques. Ne vous attendez pas non plus à bénéficier d’une carte des lieux bien détaillée et à être tenu par la main afin de suivre la progression « standard » du jeu. Les aller-retours seront vos meilleurs alliés ! Prenez le temps d’observer votre environnement, lisez les descriptions complètes d’objets dans votre inventaire, mettez tout simplement votre curiosité en éveil.

Ambiance glauque, univers d’une profonde noirceur et d’une violence rares, Dark Souls III n’est pas qu’intimidant en apparence. Il l’est tout simplement en substance. D’une difficulté qui risque d’en décourager plus d’un, même si le genre ne s’adresse déjà pas forcément aux joueurs occasionnels, on frôle ici le masochisme tant le titre est exigeant. Ceux qui ont déjà pratiqué les précédents opus sauront dans quelle aventure ils se lanceront. Pour les autres, sachez que la patience, la rigueur et l’observation seront vos meilleures armes.

En effet, quelle que soit la classe que vous choisirez, axée corps à corps ou combat à distance à grand coup de sorts et autres miracles, votre bouclier, l’esquive et l’analyse des situations de combat seront vitales pour votre survie.

Basé sur la collecte d’âmes glanées sur les différents ennemis que vous serez amené à désosser, le système de montée en niveau vous demandera d’en récolter toujours plus. Le hic, c’est qu’à chaque mort, bien que votre personnage ressuscite au dernier feu de camp le plus proche, toutes les âmes collectées demeurent quant à elles sur le lieu de votre cinglante défaite. En cas de nouvelle mort durant le trajet, si vous ne parvenez pas jusqu’au lieu de votre énième mort pour récupérer le pactole, tout sera perdu ! Pour augmenter encore plus la frustration, votre barre de vie sera réduite à son strict minimum au fil de l’enchaînement des morts violentes.

Le moindre ennemi n’est pas à prendre à la légère. Un excès de confiance peut vous amener à être littéralement humilié par un monstre en apparence inoffensif. Chacun fait preuve d’une surprenante rapidité et d’une IA suffisamment fine pour vous mettre à mal. Foncer dans le tas ne servira à rien, quelque soit les stats de votre personnage. Inutile de céder à l’énervement et tenter de traverser à nouveau au plus vite et au pas de course une zone afin de récupérer les précieuses âmes perdues. Pour couronner le tout, le respawn des monstres a lieu à chaque mort ainsi qu’à chaque repos auprès d’un feu de camp. Néanmoins, cet aspect est intéressant pour le farming d’âmes, plus que conseillé en cas de blocage sur un monstre ou un boss en particulier. Cela facilitera également le loot d’objets rares lâchés par certains ennemis plus ou moins spécifiques.

En terme de système de jeu, on se retrouve en face d’un titre à l’occidentale, tant au niveau des statistiques du personnage, des classes disponibles – chevalier ou sorcier fortement conseillés pour débuter – ou de la gestion de l’inventaire, simple, pas toujours pratique mais pas non plus rédhibitoire. La jouabilité est quant à elle réglée au millimètre. Le personnage répond au doigt et à l’œil. Une fois de plus, on aura beau pester sur la difficulté du titre, ce n’est donc pas au pad que l’on pourra s’en prendre !

Par ailleurs, ce Dark Souls nouveau cru, est une véritable réussite technique et artistique. Les environnements sont détaillés à l’extrême et leur architecture souvent monumentale impressionne. L’ensemble est à couper le souffle et offre un rendu sublime. Certains lieux particulièrement malsains parviennent même à mettre mal à l’aise. On déplorera simplement un léger aliasing, ainsi que l’apparition tardive de certaines textures au loin et  quelques baisses de frame rate dans les situations les plus chargées en effets spéciaux et en ennemis. En terme d’animations, que ce soit celles du moindre monstre basique expirant leur dernier soupir ou bien celles des monstruosités les plus massives, le travail des équipes de From Software frôle avec la perfection. Le tout est servi par des bruitages bien « crasseux » et dérangeants ainsi qu’une bande son discrète en phase d’exploration mais tout simplement terriblement envoûtante dès qu’elle retenti.

Côté online, le PvP est présent avec la possibilité de subir des intrusions dans sa partie ou d’envahir la partie d’autres joueurs. Des messages peuvent également être laissés sur le sol à l’attention des autres joueurs, afin de signaler un danger, un mur illusoire ou autre – attention toutefois aux messages de certains énergumènes qui peuvent vous faire perdre un temps précieux…

Autre aspect de l’utilisation du online et non des moindres vu la difficulté du titre, la possibilité d’être aidé par d’autres joueurs durant les combats contre les boss est un véritable plus. Pour ce faire, l’utilisation d’une braise devant l’entrée d’une arène vous permettra non seulement de retrouver votre potentiel en totalité avant ces combats titanesques, mais également d’invoquer d’autres joueurs sous la forme de spectres via des marques placées au sol n’apparaissant que sous cette condition.

Vous l’aurez compris, aussi beau, glauque, malsain et mystique qu’exigeant, aussi travaillé artistiquement qu’exaspérant par sa difficulté, Dark Souls 3, vous poussera dans vos derniers retranchements à chaque instant, ne vous laissant que peu de répit. La frustration sera de mise mais le plaisir que vous en retirerez récompensera vos heures de galère. Ce titre nous renvoie clairement à une époque où les erreurs commises par le joueur le faisaient retourner direct à « la case départ ». De mon expérience, j’ai parfois eu l’impression revivre mes premières heures sur Castlevania sur NES en terme de difficulté et de frustration. Des sensations depuis longtemps oubliées dans le monde toujours plus accessible du jeu vidéo moderne. A vous de voir si vous souhaitez mettre vos nerfs et votre dextérité à l’épreuve.

8

Super

Gamer depuis presque 30 ans, sa passion pour le jeu vidéo demeure pourtant intacte. Touche à tout et ouvert, il a néanmoins toujours un faible pour l’univers de Nintendo, entre nostalgie des glorieuses années passées et marasme des dernières générations ! Jonglant entre Warhammer 40,000 Dawn of War III sur PC et NieR Automata sur PS4, il attend avec impatience l’arrivée de Tekken 7, Wipeout Omega et Micro Machines World Series sur PlayStation 4… En attendant les parties avec Michel sur Destiny 2 !

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