Dead or Alive 6 – Amore à mort !

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Les éditeurs ne manquent jamais de célébrer les anniversaires de leurs franchises les plus populaires en grande pompe. Hélas, Koei Tecmo a malheureusement oublié de fêter les vingt années d’existence de sa licence Dead Or Alive. C’est ballot ! L’heure n’est donc pas à la célébration, mais à la baston !

Si elle a commencé sa carrière sur Saturn en 1997, puis sur PlayStation, un an plus tard, la licence Dead Or Alive semble avoir pris toute sa dimension dès le second épisode. Sorti sur Dreamcast et PS2, ce jeu de castagne en 3D avait impressionné à l’époque par la beauté de ses modélisations et de ses environnements, la fulgurance de son action et sa technicité. Un titre spectaculaire et plus encore une vitrine technologique de qualité pour la 128bit de SEGA, un titre de choix pour le lancement de la PlayStation2 de Sony. Depuis, les épisodes se sont succédés, apportant leurs lots de “ nouveautés ” tout en recyclant les mêmes ingrédients. En définitive, presque vingt ans après on a parfois l’impression de jouer toujours au même jeu… étrange non ?

Le scénario prétexte à ce sixième volet, met en avant les ninjas du clan Mugen Tenshin (Kasumi, Hayate et Ayane). Ces derniers sont confrontés à la mystérieuse organisation MIST, qui s’est mise en tête de ressusciter Raidou, un proche parent de la bande de shinobis, qui, pour la petite histoire, était le boss du premier opus de Dead or Alive. Ne comptez pas sur le mode histoire pour occuper vos quelques soirées d’hiver voire de printemps. En solitaire, le mode story est plié en l’espace d’une petite soirée, et le scénario ne s’attarde pas vraiment sur la plupart des protagonistes, relégués au simple rôle de figurants dans un énième tournoi organisé par la DOATEC. Si la campagne scénarisée nous a laissé franchement sur notre faim, malgré ses nombreuses cinématiques, Dead Or Alive 6 possède heureusement toute une flopée d’autres modes pour s’éclater en solo ou se perfectionner. Que les puristes du genre se rassurent. Les modes Arcade, Survie et Contre la Montre sont bien sûr de la partie, mais il y a fort à parier qu’ils risquent de passer aussi pas mal de temps sur le mode Quête. Il invite à remporter plus d’une centaine de match en exécutant des figures imposées (nombre de coups à exécuter, pourcentage de barre de vie de l’opposant à vider en un combo…) afin d’étoffer l’impressionnante garde-robe des combattantes et celle bien moins variée des castagneurs.

En terme de casting, celui de ce DOA 6, fait moins bien que l’ultime mouture du cinquième épisode sortie en 2015 sur PS4 et Xbox One. Pour mémoire cette version aboutie du jeu paru à l’origine en 2012 sur PS3 et Xbox360, réunissait dans sa version définitive plus de trente-quatre protagonistes, dont certains venus de la franchise Virtua Fighter. Oubliée la générosité du cinquième opus, cette fois il faut se contenter d’une vingtaine de personnages pour la version de base. Contrairement à un Street Fighter, Mortal Kombat ou King of Fighters, notez que l’essentiel du casting est toujours féminin et qu’on ne trouve que deux nouvelles têtes. Nico une énigmatique scientifique finlandaise qui bosse pour le compte de MIST et Diego un combattant de rue à la belle gueule d’hidalgo. Côté combats on retrouve du Dead or Alive pur jus. Les affrontements peuvent ainsi se dérouler dans des rings délimités par des barrières énergétiques ou au sol explosif, comme le premier opus de la série. Les combattants règlent aussi leurs comptes dans des environnements plus ouverts. Ces décors sont bordés par des précipices et d’autres éléments destructibles ou déclencheurs d’événements scriptés, qui vampirisent la barre d’énergie de l’opposant en cas de contact. Kasumi, Tina, Jann Lee, Zak et les autres, maîtrisent évidemment différentes formes de techniques de combat (Karaté, catch, Ninjitsu, KungFu…) qui ont en commun d’offrir des affrontements rapides et spectaculaires et même un brin technique.

Comme dans n’importe quel jeu de castagne, on exécute des bottes secrètes par l’enchainement de mouvements directionnels, on assène des combos constitués de mandales et coups de tatanes, on peut aussi bloquer les attaques et projeter à terre les ennemis qui restent sur la défensive. Evidemment comme dans les précédents Dead Or Alive, le joueur peut aussi esquiver ou parer une attaque et contre attaquer par le biais d’une touche dédiée. Pas toujours évident. Il faut avoir exécuté cette prise au bon moment et avoir pressé sur la bonne direction selon que l’attaque est haute, basse ou portée à mi-hauteur. Technique, pas forcément hyper intuitif mais efficace. Si le gameplay semble ne pas avoir bougé d’un iota depuis la version Dreamcast, notez que ce sixième volet oblige à composer avec une nouvelle jauge appelée barre de rupture. A l’instar d’une jauge de furie, elle se remplie à mesure que l’on encaisse des coups ou que l’on distribue des mandales. Si elle permet de réaliser un enchaînement dévastateur, un segment d’énergie de la jauge permet aussi de briser la défense de l’adversaire ou de dévier un coup. Ne vous fiez pas aux formes généreuses de ses combattantes ou aux froufrous des dentelles, Dead or Alive 6 est certes un jeu aguicheur et coloré mais aussi – et on le répète – profond que technique…

Graphiquement, le jeu est à la fois soigné et paradoxalement assez inégal. Si les modélisations des pugilistes et leurs animations sont absolument splendides, certains rings et environnements paraissent en comparaison un peu ternes, tant ils manquent cruellement de finesse au niveau des textures ou de complexité. Cependant les décors affichent parfois des animations sympathiques lorsque l’opposant est saisi par le tentacule d’un kraken ou qu’il se prend un tir d’obus. Testé sur PlayStation 4, le jeu propose même deux modes graphiques. L’un sensé afficher des graphismes plus riches et une animation moins rapide et un autre mode qui met l’accent sur la fluidité au détriment des détails. Dans la pratique, la différence ne saute pas forcément aux yeux, même si l’animation paraît effectivement plus fluide dans le cas du second mode. Au fil du round les corps et visages des combattants exténués ruissellent exagérément de sueur – un détail peu ragoûtant, certes – et les fringues se couvrent de poussière, visuellement on en prend plein la vue. Du côté des sons et musiques, Dead or Alive 6 offre une bande son assez nerveuse dont certains titres rappelleront des souvenirs aux fans de longue date du jeu de castagne de la Team Ninja. Précisons aussi que si les voix des protagonistes sont en anglais ou en japonais, les textes et menus sont intégralement en français… parfois assez approximatif. Achevons ce tour d’horizon en signalant qu’une version FreeToPlay du jeu est téléchargeable gratuitement depuis peu. A défaut de disposer d’un contenu conséquent, cette mouture estampillée Core Fighters devrait permettre de se faire une bonne idée de l’expérience proposée par ce Dead or Alive 6. A essayer avant d’acheter la version complète.

La Team Ninja livre enfin un DOA taillé pour les PS4 et Xbox One quasiment arrivées en bout de course. Il était temps ! Gare le contenu manque un peu trop de générosité surtout au niveau du roster promettant ainsi d’être enrichi à coups de DLC et Season Pass. Voilà qui risque de laisse un léger sentiment d’inachevé et un goût amer à ceux qui ont craqué pour la version de base. Pourtant faut-il dépenser plus pour castagner plus ? Pas sûr.

Good

  • Enfin le sixième épisode de Dead or Alive
  • Des modélisations de combattant(e)s réussies...
  • Assez punchy

Bad

  • Des décors un brin ternes
  • Du contenu bonus (costumes) laborieux à récupérer
  • Beaucoup (trop) de contenu téléchargeable en perspective
7.5

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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