Doom – 5 balles ou j’remballe

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Ce n’est plus un vent de fraîcheur venu des 90’s qui souffle désormais en cet été caniculaire, c’est carrément un ouragan. Bethesda offre de redécouvrir sur nos consoles (Switch, PS4 et Xbox One) les productions de chez id Software qui ont donné leurs lettres de noblesse au FPS, au point d’en devenir un genre à part entière. Rien que ça !

Hasard du calendrier, Bethesda a été un peu sur tous les fronts cette semaine, QuakeCon oblige. En plus d’offrir un tout nouvel opus de Wolfenstein intitulé Youngblood axé sur le coop et cousu main pour nos machines HD (ou ultra HD 4K pour les bourgeois), l’éditeur américain propose aussi un petit remember en livrant en pâture aux plus rétrogamers d’entre-nous les trois premiers opus de Doom. Notez que nous testons ici le premier volet de la saga sur la Switch de Nintendo. Vendu à moins de 5€ sur le eShop difficile de résister à la tentation… même lorsque l’on s’est déjà offert ce jeu sur une kyrielle d’autres plateformes. En 25 ans d’existence, Doom a été adapté avec plus ou moins de brio – une pensée pour les versions 32X, Saturn, 3DO, SNES et Jaguar – sur une multitude de consoles, tablettes et smartphones. Peu importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse !

Durant les années 90, Doom aura souvent été copié, rarement égalé… parfois surpassé. Si Duke Nukem 3D avait dépoussiéré le genre avant l’arrivée de FPS accélérés 3D comme Quake et Half Life, Doom est resté pendant longtemps LA référence incontesté du shooter à la première personne, ouvrant ainsi la voie à des titres comme Star Wars Dark Forces, Heretic ou Rise of the Triad. Comme à l’époque on incarne un vaillant marine, unique rescapé d’une invasion de démons venus tout droit des enfers et débarqués dans un complexe colonial situé sur Mars. Adaptation/conversion oblige, le principe du jeu n’a pas bougé d’un iota. Il s’agit toujours de crapahuter à travers des niveaux labyrinthiques en débloquant des portes grâce à des clés d’accès, tout en éradiquant des hordes enragées de démons et de marines zombifiés. Afin de calmer les ardeurs d’un bestiaire cauchemardesque on peut recourir à un arsenal détonant ! En plus de l’inévitable flingue et de son poing rageur, notre lointain descendant de BJ Blazkowicz – héros de Wolfenstein 3D et de ses suites – peut utiliser un fusil à pompe, une mitrailleuse rotative et d’autres armes expérimentales… ainsi qu’une tronçonneuse ! Pas mal d’instruments de tortures qui permettent de faire des dégâts à distance ou en combat rapproché. Malgré l’âge vénérable de Doom, pas loin de vingt-six ans quand même, les confrontations n’ont rien perdu en nervosité. Au contraire. Plus praticable et agréable à jouer qu’à l’époque des souris à boule ou des pads à croix directionnelles, grâce au duo de sticks analogiques on esquive les tirs avec maestria, ce qui n’empêche pas de crever lamentablement lorsqu’on se retrouve au beau milieu d’un guet-apens ! Lors de l’aventure, Doom offre des affrontements scénarisés et il n’est pas rare que l’on se retrouve cerné par des ennemis après s’être engouffré dans un corridor qui était – au premier coup d’oeil – complètement désert. Gare à ne pas rester à proximité d’un baril explosif sous peine de recommencer au début du niveau en perdant au passage l’arsenal précédemment glané. Mieux vaut consigner sa progression à chaque début de level, ou pour les plus paranoïaques, lorsque l’envie se fait sentir – entre deux gunfights – puisqu’il est possible de sauvegarder à volonté quand on le désire, comme la version PC d’époque. D’ailleurs cette mouture Switch – comme les portages PS4, Xbox One… et même Xbox360 – n’a pas grand-chose à “envier” à celle parue en 1993 sur les machines qui carburaient alors au (Win)Dos. Elle s’avère extrêmement fidèle au matériau d’origine. Trop peut-être ?

Souvenez-vous. En 1993 les bécanes d’alors étaient équipées de processeurs 486 et Pentium, oui la toute première génération. Sans surprise, le jeu tourne parfaitement sur la petite portable de salon de Nintendo qui carbure au surpuissant Tegra X1. On retrouve le même rendu graphique qui mélange moteur 3D et sprites pixelisés pour “animer” les ennemis ou afficher les items et on retrouve aussi une distance d’affichage assez lointaine ainsi que les mêmes effets de d’éclairages qui donnent un côté bien glauque et sinistres à certaines portions de niveaux. On est loin par exemple du portage sorti sur PlayStation en 1996 aux lumières pétaradantes et top moumoutes dignes d’un night-club de province. Techniquement le jeu n’inflige pas une claque mais on peut se réjouir du rendu fidèle, tel qu’on l’a aimé mais hélas dépourvu d’anti-aliasing ou de filtrage. Un brin dommage aussi, en mode portable ou lorsque la console est connectée au dock, la fenêtre du jeu n’occupe pas toute la surface de l’écran et affiche de part et d’autre des bordures un tantinet frustrantes. N’allez pas croire pour autant que ce Doom est un portage fainéant. Il incorpore un mode multijoueur local (coop ou compétitif) en écran splitté qui peut donc se savourer sur une large télé moderne offrant du coup un confort de jeu équivalent voire supérieur aux moniteurs de 12 pouces d’antan. La campagne solo a certes marqué les esprits, cependant le multijoueur en ligne a sans doute marqué plus profondément encore les pionniers du jeu online dans leur chair en particulier par la frénésie de ses matchs à morts et le montant exorbitant des factures téléphoniques. Paradoxalement si la version Switch impose de se connecter à un compte Bethesda pour daigner démarrer la première fois, ce Doom ne propose pas de multijoueur online pour autant. Dommage ! Pour se consoler, on peut se dire que pour son tarif relativement modique (moins de 5€) le jeu offre un contenu assez riche pour s’amuser en solo car il intègre quatre campagnes, les trois de bases et celle de l’extension Thy Flesh Consumed. Bref le rapport qualité prix est assez honnête. Et si d’aventure vous avez joué à ce jeu avec une carte son pas top ou que vous avez seulement touché aux moutures consoles, alors préparez-vous à savourer l’étonnante richesse des sonorités Midi telles qu’elles pouvaient s’apprécier sur une Roland MT32. Du caviar pour les cages à miel !

Doom restera à jamais un modèle du genre. Certes le jeu a vieilli, le multijoueur en ligne lui fait cruellement défaut, mais pour 5€ seulement on se retrouve avec un portage de qualité. Un bien bel hommage pour les 25 ans de la saga.

 

Good

  • La version “PC” de Doom sur Switch
  • Un prix assez doux
  • Le multi/coop en écran splitté

Bad

  • Pas d’affichage en plein écran
  • Pas de fioritures graphiques (lissage)
  • Pas de multi online
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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