Far Cry 6 – Larmes de crocodiles

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L'été vient à peine de s’achever et vous voilà déjà en proie à des envies d’exotisme et de dépaysement ? Embarquement immédiat vers Yara, un petit coin de Paradis… aux allures d’Enfer sur Terre !

Après un détour par le Népal et le Montana, la franchise Far Cry retourne aux sources… ou plutôt aux côtes sablonneuses mouillées par la soupe primordiale ! Préparez la crème solaire car il va y avoir des coups de feu et des coups de soleil ! Exit les montagnes enneigées et plaines verdoyantes, attendez- vous à crapahuter à travers des panoramas paradisiaques et exotiques comme au temps de Far Cry ou de son troisième volet. Pour mémoire si le premier épisode avait été développé par Crytek (aussi géniteurs de la franchise Crysis) la licence Far Cry est chapeauté depuis le second volet par les effectifs d’Ubisoft… et pas simplement le studio de Montréal ! Durant les quatre années nécessaires au développement du sixième opus d’autres divisions (Shanghai, Kiev…) ont mis la main à la pâte ce qui n’a pas empêché de voir la sortie repoussée en raison de la crise sanitaire. Que c’était long ! En effet, on désespérait de jouer enfin à ce Far Cry 6 ! Surtout depuis qu’Ubisoft avait dévoilé le « Bad Guy » incarné par Giancarlo Esposito remarqué en gérant de Fast Food Mexicain dans l’excellente série Breaking Bad ainsi que dans son prologue Better Call Saul. Son personnage, de Anton Castillo est ici le despote d’une République Bananière qui fait régner l’ordre par l’oppression de la population par la junte militaire. Le guérillero que l’on incarne, Dani Rojas (fille ou garçon) s’est naturellement mis en tête de renverser ce tyran et de rétablir le désordre à Yara ! Aux armes camarade !

Comptant désormais « six » épisodes – bien plus en vérité en tenant compte des extensions – le dernier rejeton de la franchise Far Cry recycle sans vergogne la plupart des ingrédients qui ont fait le succès de ses glorieux prédécesseurs. Le jeu se présente ainsi sous la forme d’un FPS (ou jeu de tir en vue subjective) qui se déroule sur l’île de Yara : un vaste open world, doté d’une bonne variété de zones (marécages, jungle, montagnes, villes…) à la faune peu avenante et à la junte militaire franchement méfiante. À l’instar du cinquième volet le titre ne nous balance pas directement dans la nature ! Il impose un tour de chauffe initiatique durant lequel on se familiarise au maniement des armes, aux mécaniques d’infiltration ou au pilotage des engins que l’on utilise pour foncer à toute vibure sur terre, sur mer ou dans les cieux. Afin de freiner notre recours aux hélicos, dont on pouvait abuser dans Far Cry 5, les espaces aériens sont surveillés par des tourelles antiaérienne qui ont vite fait de dézinguer notre engin : frustrant ! À moins de voler en rase motte, sous la couverture radar, difficile de se rendre d’un bout à l’autre de la map de Yara, sans bousiller auparavant tous ces maudits canons de DCA ! Le vaste terrain de jeu – environ 3 fois plus grand que le bac à sable de FarCry5 – est « découpée » en 5 segments. La zone de départ, le Sanctuaire, puis trois zones gérées par des loyaux sous-fifres du despote et la dernière, la capitale où sont retranchées les forces armées d’élite (les plus puissantes, les plus lourdement équipées) de Herr Castillo.  Vous voilà prévenus !

Aspect le plus frustrant de ce jeu, contrairement à un Call Of, impossible d’employer l’armement tombé à terre de l’ennemi vaincu (comme un bazooka) pour calmer les ardeurs d’un tank ou d’un hélico de combat. Au mieux on déniche sur le cadavre encore fumant des adversaires des munitions ou pesos. Joie ! Notre arsenal se limite ainsi aux éventuels nids de mitrailleuse ou de mortiers, aux flingues et sulfateuse dénichés dans des coffres ainsi qu’à une arme de destruction massive – le Supremo – qui peut balancer une salve de roquettes, une décharge IEM ou des flammes incendiaires sur les ennemis situés à proximité. Malgré un armement détonnant et explosif, puisqu’aussi constitué de bâtons de dynamite, ce Far Cry 6 est flanqué de mécaniques et de mises en scènes assez rigides ! Etonnant pour un jeu censé octroyer plus de liberté au joueur qu’un bon vieux shooter couloir des familles comme le Call Of précédemment nommé. Cette liberté est un brin illusoire. Le jeu offre une aire de jeu certes énorme qui regorge de quêtes principales et secondaires et même des missions bonus (tels les combats de coqs ou courses clandestines). Mais en définitive Far Cry 6 foisonne d’événements scriptés aussi bien lors des gunfights qu’en… bord de route ! Ainsi ne cédez pas à cette envie héroïque de voler au secours d’un péon malmené par un militaire à l’écart des regards dans un champ. Ce sauvetage semble relever de la perte de temps, ou plutôt de la mise en scène qui nous immerge davantage dans le chaos ambiant. Au joueur de mettre toujours un peu plus le feu aux poudres en accomplissant des missions pour le compte des différentes factions de guérilleros, afin de faire baisser l’influence des acolytes de Anton Castillo dans une région. De manière assez classique, comprenez comme dans tout GTA-Like, il s’agit de se manger quelques bornes aux commandes de différents moyens de locomotion (cheval, quad, voiture, avion, hélico, 4X4…) sur des terrains peu praticables afin de remplir un contrat. Les missions consistent le plus souvent à éliminer des vagues successives d’ennemis, de protéger un objectif/un chargement, d’exfiltrer un VIP d’une prison et de le mener en lieu sûr. Des tâches principales ou annexes souvent répétitives, plus rarement délirantes ! Comme lorsque l’on doit s’aventurer dans les niveaux obscurs et glauques de la base d’un petit escroc tombé aux mains d’horribles créatures. Faites chauffer le Tostador (lance-flammes) et volez-leur dans les plumes !

Là où Far Cry 5 offrait d’incroyables monuments érigés à la gloire de Josef Seed et de sa fratrie à travers Eden’s Gate, le royaume d’Anton Castillo est moins ”monumental”. Disons que ce terrain de jeu inspiré de Cuba met davantage l’accent sur l’exotisme avec ses panoramas dignes de cartes postales, ses petits pueblos calmes, ses plages paradisiaques (proches de Far Cry premier du nom) et villas dignes des narco-trafiquants. On aurait presque envie de se poser au comptoir d’une des échoppes pour siffler quelques mojitos en happy hour. Ici pas de risque de lendemain difficile. Les boutiques du jeu permettent d’améliorer l’armement, les véhicules, les structures d’une faction ou d’obtenir de nouvelles armes spéciales (Supremo ou armes artisanales…). Afin de nous épauler dans l’aventure on peut aussi compter sur le soutien balistique d’alliés contrôlés par l’IA voire aussi sur des attaques portées par des familiers, de poils ou d’écailles…) aux crocs plus ou moins acérés. Que les amateurs de coop se rassurent. En avançant suffisamment dans l’histoire, Far Cry 6 permet à un binôme de joueur de crapahuter à travers Yara en tandem… enfin en équipe ! À deux c’est toujours mieux ! Surtout lorsque l’on a un co-équipier sous la main pour nous ramener à la vie !

Un grand merci à l’éditeur Ubisoft qui a transmis un code test de son Far Cry 6 destiné à la Xbox. Il nous a été possible de tester ce jeu sur Xbox Series X, mais également de l’essayer – par amour du beau geste – sur la précédente génération de machines de salon de chez Microsoft. Faut-il attendre au lieu de craquer sur ce Far Cry 6 ? À l’instar d’un Cyberpunk 2077 ou même d’un Assassin’s Creed Valhalla, ce sixième opus peut être considéré comme étant “jouable” sur Xbox One X. Certes la fluidité est plutôt relative, puisque le jeu qui carbure au Dunia Engine (le moteur graphique fait maison pour la saga FarCry) mouline au maximum à une trentaine d’images par secondes, et plus souvent en dessous lors de scènes d’action les plus intenses. Par conséquent difficile de revenir aux anciennes générations de Xbox (One) une fois que l’on a goûté au gain de fluidité offert par la Series X. Si le jeu est davantage jouable et agréable, il offre en sus des temps de chargements radicalement écourtés. Une demi-douzaine de secondes sur le SSD contre une trentaine de seconde environ sur le disque dur mécanique de la One X. L’autre avantage réside bien sûr au niveau des modèles 3D qui gagnent en détail et en volume notamment grâce à la présence d’un Pack de Textures HD destiné à la Series X. Et à elle seule ! La Xbox One X des familles compense son absence de textures Hautes Définitions par un anti-aliasing efficace également présent chez la petite dernière de Microsoft. Côté environnements, quel que soit le support, et à quelques centaines de pieds d’altitudes à bord d’un engin volant, Far Cry 6 se permet d’offrir une bonne distance d’affichage, et des décors assez détaillés. On note cependant des effets aquatiques peut-être plus léchés sur Series X. Sur cette bécane la végétation a d’ailleurs gagné en densité, en variété et c’est sur elle qu’on trouve les effets de lumières les plus convaincants, les plus immersifs notamment lors du cycle jour/nuit. Immersif il l’est également bien sûr grâce à sa perspective à la première personne inamovible. Comprenez qu’il faut composer avec cet unique angle de vue aussi bien lors des scènes d’action que lorsque l’on se retrouve aux commandes d’un engin volant ou roulant. Une perspective qui n’est pas toujours au top de la lisibilité et qui cause quelques crashs assez malheureux ! Et étrangement le jeu bascule automatiquement en vue à la troisième personne lorsque l’on déambule tranquillement dans les villages détenus par les factions de guérilléros. Un peu frustrant ! Au rayon des regrets on peut aussi citer le manque de stabilité du jeu, surtout lorsqu’on a recours au Quick Resume pour reprendre la partie. Far Cry 6 peine parfois à sa reconnecter au serveur et oblige à relancer le jeu ! Côté musiques, le dépaysement est évidemment garanti lorsque l’on sillonne les routes de Yara à bord d’une berline des années 50 avec une ribambelle de rythmes latino/cubains (genre Buena Vista Social Club, comme du Ricky Martin…) crachés par l’autoradio. Une bande-son, bien rythmée qui navigue entre les genres et les époques. En ce qui concerne les effets sonores, la peinture semble encore un peu trop fraîche. Pas de soucis à déplorer lors des gunfights sur le plancher des vaches, en revanche lorsque l’on joue les filles de l’air, le bruit du canon de l’hélico parvient à couvrir le bruit du moteur. Un problème de balance assez bizarre ! Histoire d’achever ce tour du proprio en beauté, notez que le jeu est intégralement (textes, menus, voix) en français. Et on ne vous en voudra pas de savourer ce Far Cry 6 dans la langue de Molière, car en VF comme en VO il régale nos esgourdes par son casting vocal cinq étoiles.

Sans surprise Far Cry 6 marche dans les traces de ses prédécesseurs. Le dernier né de chez Ubi offre une aventure explosive sous le soleil de Cuba mais qui manque un peu trop d’intensité à notre goût. Pour l’heure, le jeu s’avère jouable d’une certaine manière sur One X. Mieux vaut attendre de basculer sur une machine de dernière génération (PS5 ou Xbox Series X) ou sur un PC musculeux pour apprécier ce spectacle dans de bonnes conditions !

Good

  • Une aire de jeu très vaste... mais qui plombe parfois le rythme de l’aventure
  • Graphiquement c’est jouable et ça en met plein les yeux... sur Series X
  • Juan Carlo Esposito a la classe, pas celle d’un petit dictateur d’opérette

Bad

  • Un brin répétitif, un scénario pas assez dirigiste et pas assez rythmé
  • Des engins/véhicules pas toujours agréables à conduire ou piloter la faute à la caméra
  • Un titre pas trop stable en cas de QuickResume, à peine jouable sur l’ancienne génération de console
8

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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