Final Fantasy VII Remake – Mako moulage

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Longtemps espérée et patiemment attendue, la remise à jour graphique du chef d’oeuvre de Squaresoft, pardon Square-Enix, débarque enfin pour nous en mettre plein a vue... de ce côté-là, la promesse est tenue.

Depuis la sortie du jeu sur PlayStation en 1997, Final Fantasy VII aura été dans tous ses états. Dématérialisé pour être adapté aux ”consoles virtuelles” des PS3, PSP et Vita, le jeu a même été “remastérisé” en 2012 sur PC puis trois ans plus tard sur PS4, et il est disponible aujourd’hui sur une kyrielle de plateformes comme la Xbox One, la Switch et même la PlayStation Mini. Avouez que vous l’aviez oubliée celle-là ! Mais, aucune des versions dérivées du jeu d’origine, aussi anti-aliasée soit-elle, n’a pu faire oublier la chatoyante démo technologique de la PS3 qui – en 2005 – a longtemps laissé espérer l’arrivée d’un remake en faisant baver d’envie les joueurs. Il aura fallu attendre dix longues années pour que l’éditeur Square-Enix daigne enfin annoncer la mise en chantier d’une remise à jour graphique sur PlayStation 4 lors de l’édition 2015 de l’E3. Presque cinq ans plus tard, le hit débarque enfin… Ou presque !

Pour mémoire. Si la saga Final Fantasy a été la chasse gardée des “PlayStation” durant presque deux décennies, ce sont pourtant les bécanes de Nintendo (Famicom, SNES, GB…) qui ont eu l’honneur d’accueillir et de populariser les premiers volets de la franchise et ses séries dérivés exportées par chez nous comme Mystic Quest et Secret of Mana. On se souviendra que quelques spin-off, comme Crystal Chronicles, Final Fantasy XIII Lightning et les MMO (FF XI et FF XIV) étaient aussi parus sur d’autres plateformes comme le GameCube, la Xbox360 et le PC. Quant à ce Final Fantasy VII Remake, il devrait être disponible sur une autre machine – à priori sur PC ou peut-être sur Xbox – l’année prochaine. Sony ayant décroché une exclusivité temporaire d’une année. Si vous ne jouez pas sur PlayStation 4 inutile de tirer la tronche… on vous explique vers la conclusion de ce test pourquoi il faut rester zen !

Avant d’attaquer le passage sur le grill, voici un rapide récapitulatif de l’histoire pour ceux qui n’ont jamais touché au septième volet de la saga. Si vous y avez déjà joué lancez les dés et rendez-vous au paragraphe d’en dessous. Ce FF VII Remake invite à suivre les tribulations de Cloud Strife, un ancien SOLDAT d’Elite de la Shinra au passé trouble. Reconverti en mercenaire, le blondinet s’est acoquiné avec l’organisation AVALANCHE le temps d’une mission. Cette faction rebelle mène des opérations clandestines pour empêcher la puissante corporation Shinra d’alimenter ses réacteurs en énergie Mako. Une énergie magique nécessaire à l’équilibre de la planète ou à la conception de sphères de Matérias. Ainsi, plutôt que d’organiser des sittings, des distributions de tracts ou des manifestations pacifiques, l’organisation écoterroriste aux méthodes un brin musclées impose ses idées à grands renforts de C4 ou de tirs de mitraille ! Êtes-vous prêts à rejoindre la rébellion ?

De prime abord on se retrouve face à un remake pur jus de Final Fantasy VII. D’ailleurs si vous avez tâté à la démo, vous avez dû constater que passé une cinématique (de mémoire cette fois un peu plus longuette) on accompagnait notre héros partir à l’assaut d’un des réacteurs Mako de la Shinra. Comme à la bonne époque ! Mais réfrénez donc cette pulsion meurtrière de hurler aveuglément au réchauffé ! Certes Final Fantasy VII Remake semble suivre les grandes lignes du jeu d’antan mais dans l’ensemble Square-Enix offre une expérience inédite, car incomparablement plus détaillée (et pas seulement par son graphisme) et qui a presque l’allure d’un reboot. Autrefois simple “point de départ” de l’aventure de Cloud et de sa bande, le temps de trois ou quatre heures, Midgar est aujourd’hui le seul terrain de jeu offert par cette remise à jour graphique. D’ailleurs, le jeu semble avoir adopté un format de sortie épisodique, offrant ainsi de crapahuter plus longuement à travers la cité de départ. En sus de découvrir la quiétude du quartier résidentiel du plateau, on patauge à nouveau dans la gadoue des bidonvilles des secteurs 5 et 7 puis on s’encanaille dans le Wall Market du secteur 6. Même si l’épopée se limite à Midgar intra- muros, effacez-vos inquiétudes ! La durée de vie de cette première aventure est respectable. Elle oscille entre une trentaine d’heures sans forcer à quasiment plus du double s’il nous prend l’envie de nous attarder davantage sur la vingtaine de quêtes annexes offertes par cette cuvée 2020 de Final Fantasy VII. Si le contenu a été enrichi, c’est aussi le cas de l’histoire qui offre de passer plus de temps en compagnie de la charmante Aerith ou d’en découvrir davantage sur le passé de Cloud et Tifa à l’occasion d’une succession de flashbacks dont certains semblent issus du prologue FF VII Crisis Core. En résumé, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, ce jeu est loin d’être un simple remake ! Plus fort que les derniers remakes de Resident Evil, il offre une splendide réécriture et mise en scène de ce chapitre majeur de Final Fantasy. Cette resucée est hélas loin d’être dépourvue de défauts. Si on lui pardonne d’être affublé d’un terrain de jeu plus limité que l’épopée originale, en revanche le titre manque parfois cruellement de rythme. Notamment lorsqu’il accable le joueur en imposant d’ennuyeuses traversées de souterrains, d’égouts ou d’un cimetière ferroviaire. Des péripéties dirigistes qu’on aurait aimé plus brèves mais qui semblent prendre un malin plaisir à s’éterniser… ce qui n’est pas forcément à notre goût. Point positif l’humour est toujours aussi omniprésent, et certaines répliques ou situations devraient vous arracher un petit sourire. Un petit moment de bonheur après des phases longuettes ou des “mini-jeux”/puzzles assez agaçants.

En sus de cette refonte scénaristique, Square-Enix a bien évidemment assoupli les mécaniques de jeu de Final Fantasy VII. Souvenez-vous. Auparavant on crapahutait à travers des environnements vides, la caméra haut perchée le plus souvent, puis les escouades adverses surgissaient de nulle part, sans crier gare, pour nous chercher des noises. On se retrouvait alors embarqué dans des affrontements au tour par tour. Oubliées les batailles rangées, celles de FF VII Remake ont gagné en nervosité en lorgnant résolument du côté de l’action… à la troisième personne. Même si Cloud rivalise d’agilité avec Dante (Devil May Cry) en enchaînant les ennemis dans les airs, ce titre n’est pas un Beat Them Up pour autant ! Ainsi l’appui de la touche normalement dévolue au saut, dans tout bon jeu du genre, a pour effet de faire apparaître le menu à partir duquel on sélectionne les actions lors des affrontements. En début de partie, le jeu propose trois modes de difficultés, deux destinés à l’action (facile et normal) et un troisième nommé classique. Avec ce dernier mode tous les guerriers peuvent se déplacer, esquiver et bloquer automatiquement les attaques adverses… mais rien n’empêche le joueur de contrôler l’un des héros et même d’en switcher lors des combats. Peu importe que l’on joue en mode action ou classique, les batailles sont rythmées par le remplissage de différentes jauges. A commencer par l’inévitable Jauge ATB elle limite le recours aux items, à la magie et aux techniques de combat en employant un ou deux des segments qui la constitue. La seconde jauge est celle de Transcendance qui une fois remplie permet à notre héros et à ses alliés de déclencher une furie dévastatrice. Quant à la troisième, elle offre d’invoquer l’un des esprit divins contenus dans une sphère de Materia, une fois par affrontement généralement face à un boss. On n’en parle pas mais évidemment les jauges de vie et de mana (pardon de Mako) sont de la partie. De façon classique on peut recourir à la magie comme à différentes sortes de décoctions pour regagner de l’énergie et à d’autres potions pour régénérer ses points de magie. Vous suivez-toujours ?

Dans les grandes lignes, c’est du Final Fantasy qui lorgne davantage vers l’action. Pas aussi bourrin et cafouillis qu’un Kingdom Hearts III, mais disons que certains affrontements manquent un brin de visibilité. En définitive, même en n’étant pas un amateur des jeux au tour par tour, à l’instar d’un vieux Dragon Age on apprécie de faire surgir le menu en cours de combat. Et ce afin de ralentir le cours du temps et faire le point lors de la bataille sur les forces adverses et les éventuelles compétences ou sorts des alliés qu’il est possible d’employer pour se sortir de situations un brin touchy ! Aspect un peu rageant, il arrive que des éléments du décor viennent entraver nos jets de sortilèges Le bestiaire de ce FF VII est assez varié. Puisqu’en plus des gardes de la Shinra, le jeu offre aussi de décimer des créatures mutantes ou mécaniques sorties des labos de la corporation, différentes variétés de bestioles sauvages volantes ou rampantes, des esprits frappeurs, des pillards et même des sortes de tortues ninjas qui vivent dans les égouts. Comme dans tout bon RPG, les ennemis sont immunisés contre certains types de sorts et plus sensibles à d’autres. Un type de Materia confié par un jeune NPC au début de l’aventure dans le bidonville du Secteur 7 permet d’analyser les opposants afin de révéler leurs faiblesses. Pratique ! Pour rappel, les Materia sont donc des sphères qui contiennent un pouvoir spécifique, comme un sort élémentaire (feu, foudre, glace…) une compétence ou une caractéristique et qui viennent se greffer dans des slots placés sur les armes et l’équipement. Au fur et à mesure de la progression dans l’aventure, on peut obtenir des pièces d’équipement dotées de davantage de slots destinés à accueillir plus de sphères de Matéria. Pratique ! Enfin notez qu’il n’y a qu’en dehors des batailles, que l’on peut modifier/améliorer son équipement ou même sa composition. Impossible de changer de stuff en cours de combat, mieux vaut se préparer avant toute rencontre. Comme le jeu permet de sauvegarder à volonté lors de nos pérégrinations, et pas à des points de sauvegardes, il ne faut pas hésiter aussi à consigner régulièrement sa progression et à conserver dans sa besace quelques Queues de Phenix… au cas où ! Difficile d’espérer se sortir d’une confrontation face à un boss enragé avec un ou deux alliés hors d’état de combattre !

Achevons ce tour du propriétaire par la partie technique. Final Fantasy VII Remake est sans doute l’une des plus belles vitrines technologiques de la PS4. Mais qu’est ce qui l’empêche de prétendre à la première place du podium ? Récapitulons. Cette petite pépite de chez Square Enix carbure à l’Unreal Engine 4 et le chara-design – surtout celui des principaux protagonistes et antagonistes – comme la qualité des cinématiques, qui utilisent le moteur du jeu, ne souffrent d’aucun défaut et sont de toute beauté ! D’ailleurs les nombreuses cinématiques aux protagonistes poseurs et charismatiques rivalisent sans peine avec le très bon long métrage Final Fantasy VII Advent Children ! Le titre tourne de manière fluide sur une PlayStation4 de base qui parvient à mouliner le plus souvent à trente images par secondes. Bref, le titre en met vraiment plein les yeux. Tout le temps ? Non, au mieux régulièrement ! Le jeu a beau se vautrer sur plus de 90Go d’espace disque et offrir des décors et environnements peuplés et vivants, comme le Wall Market, cela n’empêche pas FF VII Remake d’être affublé d’éléments du décor aux textures et modélisations moins détaillées ou de modélisations de PNJ moins soignées. Dans l’ensemble, le jeu est joli, mais disons que l’on remarque parfois des éléments graphiques un peu négligés, des décors aux éléments monolithiques à la physique un peu daté. La faute à un développement qui s’est trop étalé dans le temps ? En ce qui concerne le son, ce remake de Final Fantasy dispose d’excellents doublages en français et il offre une splendide bande-son qui descend en droite ligne évidemment de celle de l’original puisque les thèmes ont été réorchestrés. Oubliés les synthétiseurs, nos cages à miel ruissellent de bonheur en entendant les nouvelles musiques jouées par une plus large variété d’instruments. Comme précisé plus haut, ce FF VII n’est que le premier chapitre d’une fresque épique qui devrait s’enrichir d’épisodes supplémentaires dans les mois ou les années à venir ? Faudra t’il se résigner à débourser le prix fort à quelques reprises ? Et quant à ceux qui découvriront le jeu l’an prochain sur l’autre plateforme, s’essayeront-ils un remake de FF VII plus complet enrichi d’une ou plusieurs extensions ? L’incertitude demeure…

En l’état Final Fantasy VII Remake a l’allure d’une œuvre majeure inachevée. C’est certes un nouveau départ pour les aventures de Cloud Strife et il nous tarde vraiment de découvrir la suite. Mais quand ?!? Une question obsédante.

Good

  • Une réalisation réussie... dans l’ensemble
  • Un seul terrain de jeu, mais une bonne durée de vie
  • En français dans le texte et dans les très bons doublages
  • Des cinématiques et musiques splendides

Bad

  • Des textures qui manquent parfois de détails
  • Un premier volet mais on veut la suite !
8

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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