For Honor – De la discipline pour un jeu de baston/MOBA

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Lorsqu'Ubisoft annonça For Honor, beaucoup avaient été subjugué par son visuel vraiment attrayant mais son gameplay restait un mystère pour beaucoup. Il aura fallu attendre les bêtas organisées par l'éditeur pour se faire une idée. Mes impressions à l'époque n'étaient guère positives et je doutais vraiment de l'intérêt. Au final, For Honor tente d'innover et réussi à convaincre malgré des lacunes.

Mais commençons par le début. For Honor nous embarque dans un monde où s’affrontent trois factions depuis la nuit des temps : les vikings, les chevaliers et les samourais. Sur la base de ce pitch de départ, Ubisoft propose un beat’em all où les protagonistes sont souvent massifs, lourds et surpuissants. Chaque faction ayant 4 types de combattant, à vous de tous les débloquer, les pratiquer pour les faire évoluer comme dans un RPG.

Alors que For Honor est intrinsèquement un jeu multijoueur en ligne, l’équipe de développement s’est tout de même fendu d’un mode histoire solo. Et pour être honnête, ce mode tient plus d’un méga tutorial sur 18 niveaux où vous allez pouvoir incarner chacun des 12 personnages disponibles chacun avec leur armement et leur technique de combat spécifiques sur trois grands chapitres, chacune focalisé sur une des factions. Le scénario finalement importe peu. Vous allez juste devoir progresser en massacrant vos ennemis tout en remplissant quelques objectifs assez basiques. Bref, ce mode ne sera pas inoubliable mais permet de comprendre le gameplay de ce titre finalement assez atypique.

En effet, le rythme de combat est bien loin d’un Dynasty Warriors ou évidemment de purs jeux de baston comme un Street Fighter V. Avec un jeu à la troisième personne, les créateurs ont opté pour un rythme de combat plutôt lent (même si l’une des classes est plus speed). Il est vrai que le maniement de ces énormes armes blanches ne permet guère de virevolter avec une légèreté de ballerine. Ici, c’est du lourd, du massif. Combattre nécessitera donc une bonne maîtrise du rythme de vos coups et un excellent timing. Toute frappe, toute parade nécessitent alors des exécutions millimétrées aussi bien côté timing que dans l’espace. Connaître votre allonge est primordial d’autant plus qu’en plus des parades classiques, nos chers combattants sont capables d’esquiver avec une étonnante rapidité. Bref, il faut combattre avec discipline et concentration. Et c’est d’autant plus vrai en ligne.

Parce que For Honor est avant tout un jeu en ligne multijoueur soit en PvE soit en PvP. Trois principaux modes sont accessibles avec en leur sein quelques variantes. Ainsi, vous pourrez avoir Duel (1 contre 1) ou Rixe (2 contre 2) où il suffit d’éliminer son adversaire pour gagner les rounds puis les matchs. Le mode Match à Mort se joue jusqu’à 4 contre 4. Vous aurez alors le choix entre Escarmouche et Elimination. Dans le premier cas, l’équipe doit atteindre 1000 points avec l’adversaire. Le second cas implique le kill des combattants adverses sans réapparition. Enfin le mode Domination, comme son nom l’indique implique de prend position sur différents points tout en éliminant les combattants adverses et faire reculer les sous-fifres PNJ gérés par l’IA. Bref, sur le papier, For Honor est plutôt intéressant et assez inédit.

Le mode le plus intéressant est sans conteste le Dominion dans lequel il faudra gérer les sous-fifres, prendre les positions, bref, de l’action plus variée. Pour les autres, il s’agit de purs duels qui intéresseront sans doute certains. Mon plus grand doute sur For Honor concerne sa variété des situations. En effet, très rapidement, en jouant en ligne, on réalise que le faible nombre de coups et quelques décisions de game design rendent le jeu somme toute assez peu varié. Certains diront que les combats sont prenants car nécessitent plus de réflexion que de matraquage de boutons mais au final, on a très rapidement l’impression d’avoir fait le tour des possibilités. For Honor compense cela avec un enrobage « RPG » avec du loot lors de chaque participation et via des contrats et évènements. En outre, un côté social asynchrone a été ajouté au jeu avec la Guerre des Factions. En jouant des matchs on récupère des ressources de guerre qu’on peut alors placer sur la carte pour faire pencher la balance de la zone pour la faction qu’on défend. Après mise à jour et en fin de saison, les joueurs récolteront des récompenses en fonction de la domination de leur faction.

Le concept de For Honor plutôt « décalé » m’avait laissé sceptique lors de son annonce et des bêtas. Le jeu final me laisse un peu sur ma faim. Il ne s’agit en aucun cas d’un mauvais jeu en soit mais au fil des parties, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il lui manquait un « quelque chose » pour en faire un must. Le mode solo est plutôt inintéressant et malgré son côté tutorial, il manque d’expliquer ce qui va être le coeur du jeu à savoir le multijoueur. L’équipe a dû s’en rendre compte puisque toute une autre section tutorial avec exemples et vidéos à la clé est disponible dans le menu. Le fait qu’il n’y ait en plus aucun lien entre solo et multi fini par me faire dire que vous pouvez vous en passer.

Techniquement, For Honor est réussi. Quelque soit la machine, Ubisoft maintient une qualité visuelle de très bon niveau avec des décors et des combattants vraiment soignés. Les animations sont tout aussi réussies. Le jeu est vraiment plaisant pour les yeux tout comme pour les oreilles où les bruitages font leur effet. Au final, For Honor dans l’état actuel peut titiller votre intérêt. On se prend à aimer combattre encore et encore pour monter en niveau chacun des héros et looter. Mais, Il faudra sans doute corriger divers aspects comme un matchmaking mal réglé et proposer plus de contenus pour en faire un incontournable. Ubisoft tient là un titre avec une idée intéressante. A l’éditeur de faire ce qu’il faut pour le parfaire.

Good

  • Une réalisation de haut vol
  • Un concept atypique qui mérite qu'on y jette un coup d'oeil

Bad

  • Un matchmaking perfectible
  • Un mode histoire pas intéressant
  • Manque de contenus et de variété
7.5

Bon

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu’il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d’éditeurs et de sites web.
Côté jeux, il monte ses trois gardiens sur Destiny 2 et tourne sur GT Sport tout en tentant de survivre sur Call of Duty WWII et Assassin’s Creed Origins.

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