Ghosts’n Goblins Resurrection – Montée en gamme

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À peine remis du traumatisme et des sévices infligés par la version switch sortie en avril dernier, Capcom livre enfin les moutures destinées aux Xbox et Playstation. Préparez-vous à souffrir encore et encore. Ce n’est que le début...

Au terme d’une toute petite exclusivité de quelques semaines, la cuvée 2021 De Ghosts’n Goblins débarque enfin sur nos consoles de salon. Sans surprise, le jeu étant l’exacte réplique de la version Switch on vous colle sans vergogne la review publiée au printemps dernier. En effet, la différence se fait surtout (enfin légèrement) au niveau de la réalisation. Si vous avez déjà lu le test, n’empochez pas 20.000€ et sautez au dernier paragraphe.

Entre la compilation Turrican et le revival arcade de Capcom, il faut croire que le début d’année a été placé sous le signe des ressorties de franchises oubliées. Alors que l’on pensait avoir englouti nos paquets de Madeleine de Proust, le plus barbu des chevaliers vient nous refiler du rabiot de “rétro” !  Pour l’occasion l’éditeur d’Osaka livre un titre inédit mais qui parvient à faire du vieux avec du neuf. Pendant une trentaine d’années la franchise Ghosts’n Goblins/Ghouls’n Ghosts est un peu restée sur ses acquis, limitant ses apparitions à des caméos dans d’autres jeux ou à des pelletées de portage/conversions. Le dernier en date – hors adaptation mobile – a vraisemblablement eu lieu en 2007 sur PSP à l’occasion d’un remake en 3D ou plutôt en 2.5D. On prend les même et on recommence ? Que nenni Messire ! Capcom ne nous fait pas l’affront de nous resservir une version HD de la déclinaison PlayStation Portable ! Un titre original ou presque.

Il y a des histoires qui ne meurent jamais. Et à l’instar de Link ou de Mario, Sir Arthur doit secourir sa princesse enlevée par des puissances maléfiques. Une nouvelle fois ? Eh bien pas vraiment, cet épisode sobrement sous-titré Resurrection a des allures de réécriture des aventures de notre bon vieux Tuthur. L’histoire du jeu se déroule dans des levels  fortement inspirés de ceux de  Ghosts’n Goblins et de Ghouls’n Ghosts. On y retrouve le même bestiaire, des chausse-trappes similaires et des thèmes réorchestrés, pour le plus grand plaisir des esgourdes des nostalgiques. Il s’agit toujours d’aller d’un bout à l’autre d’un niveau, en exhumant parfois des coffres. Ils contiennent soit une arme (poignard, marteau…), une armure rutilante ou des points bonus. Quant aux sorciers qui lancent un sortilège pour transformer notre héros en batracien, ils surgissent des néants : Les fourbes ! Dans les grandes lignes le principe du jeu n’a pas changé. On tente d’avancer en survivant aux attaques de zombies et autres faucheuses qui spawnent dans tous les sens et on se livre à des séquences de plateforme savamment orchestrées. Du Ghouls’n Ghosts pur jus, intense et (plus) difficile encore, comme on en a dévoré pendant trois décennies sur consoles et micro-ordinateurs.

Si le cœur du gameplay est resté similaire, le jeu n’est pas dépourvu de nouveautés pour autant. Ghosts’n Goblins Resurrection joue la carte de l’accessibilité et propose aux néophytes comme aux moins patients différents niveaux de difficulté. Dans le level de challenge le plus bas on revient immédiatement à la vie à l’endroit de notre trépas, on profite d’un réservoir de vies illimitées et on enchaîne les niveaux sans se presser. Le niveau de difficulté du-dessus (normal), s’il octroie toujours un nombre de tentatives illimitées, impose de redémarrer l’épopée depuis un point de contrôle et colle un timer contraignant le joueur à presser le pas. Enfin la difficulté la plus élevée reprend les contraintes précédentes et ne permet que de se faire toucher deux fois… enfin une seule. Au second contact il trépasse. Vous l’aurez compris, suivant le niveau de difficulté l’expérience se veut plus ou moins proche de celle d’un Ghouls’n Ghosts old-school. Une pensée pour ceux qui ont poncé à l’époque l’adaptation de la SNES, notre vaillant chevalier a perdu en agilité et ne dispose pas d’un double saut. Dommage aussi, Arthur ne possède pas de mode de tir en diagonal et se limite à tirer ses lances dans les quatre directions cardinales ! Pour se défaire des spectres et morts vivants, notre héros peut employer à la place de ses javelots une tripotée d’armes (arbalète, fléaux, couteaux, torches…) et recourir à différents sortilèges. Pour obtenir des nouvelles magies (foudre, murs de feux, transformation des ennemis en grenouilles…), il faut dénicher des petites fées éparpillées dans les niveaux afin de les échanger à l’arbre de compétences. Tendez bien l’oreille, et dépêchez-vous de les attraper toutes ! Ces petites créatures lumineuses – à l’instar des Lums de Rayman – poussent des petits couinements des plus mignons avant de jouer les filles de l’air quelques secondes seulement après leur apparition. Notez enfin, concernant le gameplay, que le jeu propose aussi un mode coop sur le même écran. Pas question d’enfiler le heaume d’un autre prétendant, le second joueur a plutôt pour mission d’assister le héros dans sa quête en invoquant trois sortes de revenants qui peuvent le porter, ériger des barrières magiques ou invoquer des plateformes. Un peu d’aide ne peut pas faire de mal dans ce monde de brutes !

Avec son rendu “cartonesque” le graphisme de cette resucée de Ghosts’n Goblins fait penser à un mix improbable de Dragon’s Crown et Rayman Origins. On ne dirait pas comme ça, mais le titre carbure –comme la version Switch – au RE Engine. Le moteur graphique fait maison inauguré sur RE7 et utilisé depuis par une foule, pour ne pas dire la totalité, des jeux de chez Capcom. Testé sur Xbox Series X via un code fourni par l’éditeur, le titre occupe un peu moins de 7Go sur le SSD de la machine. Cette version Xbox m’a semblée visuellement un peu plus attrayante que celle qui tournait sur la portable de salon de Nintendo. Et ce notamment grâce à des couleurs aux teintes plus vibrantes, une animation plus fluide et des ennemis légèrement plus détaillés ou mieux articulés. Visuellement plus chatoyant, le titre en profite pour gommer d’éventuels contours disgracieux sur les éléments du décor grâce à un antialiasing (lissés) efficace. Cette resucée de Ghost’n’Goblins est doté d’une 3D vue de profil, ce qui lui permet de zoomer/dézoomer sur l’action, de plonger des zones du décor dans la pénombre et d’afficher parfois un nombre assez important d’ennemis à l’écran sans mollir. Comme sur Switch, sans être exceptionnelle, la réalisation reste cependant correcte et ne manque pas d’un certain charme médiéval grâce à ses environnements macabres et gothiques. S’il faut préférer la réactivité des touches (ou croix) directionnelles pour se sortir des situations les plus intenses, au stick analogique du pad Xbox le jeu s’est avéré étonnamment jouable et presque agréable. Presque. Car Arthur fait malheureusement preuve d’une rigidité cadavérique dans ses déplacements et ne peut pas saisir une échelle lors d’un saut ou en descendre plus vite en sautant. Dommage !  Rapidement évoquées en amont de ce test, les musiques de ce revival de Ghosts’n Goblins consistent en de splendides reprises des thèmes, qui résonnaient déjà sur nos consoles et micros 8/16bit. Pour finir ce tour du propriétaire précisons que le jeu dispose évidemment de textes et menus rédigés en français. Nul besoin d’avoir pratiqué assidûment la langue de la perfide Albion pour apprécier ce Ghosts’n Goblins Resurrection !

Difficile, exigeant, intense de nature, cette cuvée 2021 de Ghosts’n Goblins offre heureusement quelques options pour la rendre accessible au commun des mortels. Un remake sympathique, globalement réussi qui profite d’une réalisation légèrement peaufinée sur Xbox Series X.

Good

  • Un graphisme assez original
  • Un titre dur ou enfin plus accessible au choix
  • Splendides les reprises des thèmes des deux opus majeurs

Bad

  • Des ennemis qui spawnent partout, tout le temps
  • Un vaillant chevalier à la rigidité cadavérique
  • Des passages casse-bonbons qui s’éternisent
7.9

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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