Hades – l’Enfer est pavé de bonnes intentions

Mac PC PS4 PS4 Pro PS5 Switch Tests Xbox One Xbox One X Xbox Series S Xbox Series X

Après avoir déchaîné les feux de l’enfer sur PC et sur Switch, les américains de Supergiant Games s’attaquent aux consoles de salons de chez Microsoft et Sony. Gardez un extincteur à portée de main on ne sait jamais !

Qu’ils soient Rogue-lite ou Rogue-Like en toute franchise depuis la popularisation de ce(s) genre(s) de jeux je m’arrache les cheveux par touffes entières. Le principe, progresser à travers des tableaux et revenir lamentablement au début en cas de mort. Que c’est sadique ! Oui le concept est un peu similaire à la plupart des jeux sortis sur les machines 8/16bit qui ne sauvegardaient pas la progression et obligeaient à repartir à zéro à chaque partie. La différence ? À la longue on mémorisait les passages les plus touchy, et on apprenait de nos erreurs. Hades, lui, est bien plus punitif ! Avec un titre pareil vous pensez bien que vous allez souffrir ! Pour mémoire ce jeu est le quatrième titre développé par les américains de Supergiant Games qui se sont fait connaître avec un certain Bastion sorti en 2011. Hades a visiblement bien plu aux critiques d’Outre-Manche puisqu’il a raflé pas moins de cinq prix lors de la dernière cérémonie des Bafta. Un gage de qualité ?

Ne vous fiez pas à son titre. Le jeu ne propose pas d’incarner le seigneur du séjour des morts, en personne, mais plutôt son vaillant rejeton. À l’instar d’une certaine Perséphone, Zagreus est lui aussi las de de demeurer dans l’étouffante obscurité du monde souterrain et entreprend de se mettre au vert chez les vivants. Un périple loin d’être tout de repos puisqu’il impose de crapahuter à travers les quatre strates de l’enfer. On commence dans le Tartare, puis on enchaîne dans la version “infernale” l’Asphodèle avant de casser du streumon dans les Champs Elysées puis d’achever le périple dans le Styx. Dit comme ça, cela peut paraître si simple : C’est vraiment loin d’être le cas puisqu’un run de ce jeu d’action mâtiné de RPG ne ressemble pas forcément à un autre. Comprenez que l’on peut enchaîner les levels et sortir victorieux de nombreuses salles pour, à la tentative suivante, rester bloqué plus longtemps sur un boss déjà maintes fois vaincu : frustrant ! Le titre varie aussi les plaisirs en générant aléatoirement les niveaux comme les items à looter et même les ennemis à occire. Le bestiaire est composé de géants, de squelettes explosifs, de sorcières, de gemmes tireuses de lasers et de bien d’autres créatures mythologiques qui sont en sus assistées par de nombreux chausses trappes disséminés à travers les donjons. Zagreus n’est pas totalement seul lors de cette Odyssée en Solitaire. En chemin, il croise la route de divinités (Zeus, Ares, Athena, Poseidon…) qui confèrent des PowerUp/améliorations destinées aux armes, aux techniques voire des furies dévastatrices. Hélas comme les niveaux, les Olympiens semblent apparaître un peu aléatoirement et certains pouvoirs bien utiles (comme la déviation des attaques d’Athena lors d’une ruée, les éclairs de Zeus…) ne peuvent pas forcément s’obtenir lors des rushs suivants : frustrant ! Il flotte dans ce jeu une très grosse part d’aléatoire et de parties vouées à l’échec ! Quel supplice !

Avant de retourner crapahuter en enfer, il faut dépenser certaines ressources – patiemment accumulées au fil des parties – dans le palais de Hadès afin d’obtenir de nouvelles armes, une réserve de vie supplémentaire et bien d’autres bonus ! Comme Kratos, le divin chauve de God of War, Zagreus peut lui aussi employer une demi-douzaine d’instruments de tortures pour renvoyer les âmes damnées pointer au bureau du paternel ! De base notre héros est armé d’un gros glaive, il peut s’équiper à la place d’un bouclier, d’un arc, d’une sulfateuse antique, d’une lance héritée de Pluton et d’une paire de gants pour distribuer des mandales aussi destructrices que les Météores de Pégase. Un mot supplémentaire sur la sulfateuse. Malgré sa puissance et sa cadence de tir, on se retrouve assez vite à sec de munitions. Aspect vraiment irritant de cette arme dans le feu de l’action, notre héros ne recharge pas l’arme automatiquement si l’on maintient le bouton de tir et oblige à recharger manuellement assez souvent par une pression du stick droit… inutilisé le reste du temps. Rageant !  Même si notre héros possède un arsenal impressionnant, enfermé dans sa garçonnière, pas question de changer d’arme en cours de partie ! Il s’agit plutôt de faire gagner en puissance l’arme que l’on a en main et de la faire évoluer jusqu’à la confrontation finale que l’on peut atteindre en une trentaine de minute ! Top Chronos ! Certes le jeu n’est pas bien long, mais il donne suffisamment de fil à retordre au joueur ainsi que de nouvelles interactions avec des PNJ à chaque trépas et un scénario étoffé pour continuer à le captiver au fur et à mesure des échecs. Difficile et impitoyable, il l’est ! Mais rassurez-vous Hades sait aussi être un jeu incroyablement jouissif, grâce à son action intense et spectaculaire, et des hordes de revenants à occire… à nouveau.  Comme tout bon Rogue Lite, Hades est doté d’une perspective (façon isométrique) hautement perchée affichant ainsi un point de vue imprenable sur les environs… les plus proches. On voit les ennemis débouler, nous laissant le temps de nous préparer psychologiquement à la confrontation et de repérer d’éventuels pièges. En théorie. En pratique c’est souvent le bazar à l’écran lors des affrontements les plus nerveux et -évidemment- il n’est pas rare de se retrouver piégé ou de patauger dans la lave. La faute à un héros dont on a parfois bien de la peine à contrôler les ardeurs lors des esquives ! La fougue de la jeunesse !

Graphiquement le jeu possède un charme de dingue. Le rendu cartoonesque, me rappelle d’ailleurs celui de Curse of the Dead Gods, en bien plus chatoyant et plus fin. Les différentes sphères de l’enfer possèdent leurs propres types d’environnements, même s’il s’agit le plus souvent de crapahuter dans des dédales bordés de fleuves (Styx, lave..), voire de précipices insondables. Testé sur Xbox Series X par l’intermédiaire du GamePass, Hades affiche un très bon niveau de détails, des effets d’éclairages assez subtils (mais présents), une animation fluide (parfois quelques ralentissements pour le style) et offre des éléments du décor partiellement destructibles. Côté chara-design c’est un grand oui ! Comprenez par-là que le bestiaire original bénéficie d’animations aussi soignées que celles du héros. Seul ombre au tableau, le jeu ne manque de lisibilité que lors des scènes d’action les plus intenses… qui sont évidemment légion ! Le titre offre aux joueurs francophones des menus et des sous-titres en français qui permettent d’apprécier les dialogues évidemment laissés dans la langue de Socrates… pardon de Shakespeare. Enfin l’odyssée de Zagreus est accompagnée par une splendide bande-son qui mélange l’instrument grec traditionnel (le bouzouki), la gratte électrique aux sonorités stratosphériques du thérémine. Il en résulte des musiques qui collent bien à l’action nerveuse et frénétique offerte par Hadès ! Du bonheur pour les esgourdes !

Punitif, impitoyable et pourtant jouissivement addictif, Hades est un jeu dont la difficulté infernale s’apparente parfois au supplice de Sisyphe. Dur mais bon à se damner !

Good

  • Un aspect BD/cartoonesque qui tape
  • Une splendide bande-son qui déchire
  • Un gameplay parfois très jouissif...

Bad

  • Plus souvent frustrant la faute à quelques imprécisions et...
  • Une très grosse part d’aléatoire...
  • Une épopée pas si longue
8

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

Lost Password

Sign Up