Hood Outlaws & Legends – Boys in the hood

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Suivez Robin des Bois et ses gais compagnons dans des aventures bigrement répétitives. Joueurs solitaires passes votre chemin ! Ici faut jouer co-llec-tif ! 

En une quinzaine d’années d’activité, les anglais de Sumo affichent un CV des plus respectables et prolifique. En plus d’avoir œuvré sur les excellents Sonic All Stars Racing, Virtua Tennis et dépoussiéré la franchise Outrun pour le compte de SEGA, ils ont aussi bossé sur d’autres licences de chez Microsoft et Sony telles Forza Horizon 2 ou encore Little Big Planet3. Plus récemment, le studio a offert un très sympathique Hotshot Racing, un jeu de course en lowpoly incroyablement fun et coloré qui renvoyait aux belles heures de l’arcade des années 90. Avec son nouveau jeu, Sumo opère un virage des plus… radical.

À l’évocation du nom de Robin des Bois vous repensez forcément au dessin animé de Disney et probablement aussi aux films qui mettaient en scène Kevin Costner ou Errol Flynn. Oubliez les moines bedonnants et rigolards, les univers colorés et bon enfant ! Préparez-vous à une immersion dans un univers médiéval sombre et crasseux en compagnie de Robin et sa bande de gredins dans une énième adaptation vidéoludique de la légende de la forêt de Sherwood ! Un exercice périlleux, sorti des domaines cinématographiques ou littéraires, les épopées du voleur au grand cœur n’ont jamais enfanté d’adaptations mémorables. Et ce n’est pas près de changer.

Hood : Outlaws & Legends propose d’incarner le célèbre Robin ou l’un des trois compagnons à l’occasion de parties en PVE ou d’autres qui mélangent PVP en équipe et PVE. Ce jeu d’action/infiltration à la troisième personne invite à crapahuter à travers cinq maps et offre un seul mode de jeu (cambriolage) à deux équipes de quatre joueurs. Il s’agit d’accomplir en une vingtaine de minutes une série d’objectifs, voler la clé au Shérif de Nottingham, accéder à la salle au trésor (dont l’emplacement varie selon les parties), trimballer le lourd coffre jusqu’à un point d’extraction et exfiltrer le butin en moulinant un engin élévateur durant d’interminables secondes en repoussant les attaques adverses. Inutile de chercher la moindre subtilité entre le Coop et le PVP, dans les grandes lignes le principe reste le même, il y a juste l’équipe adverse qui joue les trouble-fête. Quel que soit le mode on doit éliminer discrètement ou affronter des patrouilles de soldats contrôlées par l’IA, accomplir les objectifs précédemment cités et l’équipe qui a donné l’ultime coup de moulinet ressort victorieuse de la confrontation. Vous le sentez le gameplay bien bancal ? C’est dommage car le titre avait la bonne idée d’offrir quatre classes de persos dotés d’habiletés spéciales et complémentaires. Robin est un archer polyvalent au tir de zone destructeur mais faiblard en combat rapproché, Marian une voleuse adepte de la furtivité et des assassinats, (frère) Tooke armé d’un fléau pratique le combat au corps à corps et joue le healer du groupe enfin l’imposant John est un tank capable de défoncer les portes comme les ennemis grâce à ses muscles puissants et sa masse gigantesque. Histoire de maximiser les chances de réunir un nombre suffisant de joueurs, comme un Call of Duty ( ColdWar ou Warzone), le titre propose du crossplay où l’on affronte les possesseurs d’autres plateformes plus ou moins expérimentés. Hélas, à cause d’un matchmaking bancal, les confrontations sont parfois déséquilibrées et on a vite fait de se faire laminer par des vétérans équipés d’habiletés supplémentaires. Le plus souvent encore on peste contre le nombre de flèches que Robin peut transporter dans son carquois (sept), l’endurance minime d’un Petit Jean ou de se faire assassiner sournoisement par un adversaire ou PNJ tandis que l’on affronte un autre joueur. Impossible aussi de changer de héros en cours de partie afin de contrer une équipe qui a mis l’accent sur le combat à distance ou rapproché. Et puis n’espérez pas vous mêler à la foule pour accomplir vos larcins ! En effet, les maps exagérément vastes comme notre repaire sont aussi désespérément vides comme les rues de Paris un soir de couvre-feu. Plus frustrant encore, la localisation des dégâts est plus que rudimentaire, ainsi, un ennemi qui conserve sa garde haute parvient même à bloquer les attaques les plus basses. En vérité le jeu cumule tant de défauts, qu’en l’état, il a des allures d’open bêta ! Le seul point sur lequel le jeu déçoit le moins est peut-être situé du côté de la réalisation globale… et encore.

Loin d’avoir été spécifiquement cousu main pour les dernières bêtes de course (les Xbox Series et PlayStation 5) de chez Sony et Microsoft, Hood Outlaws & Legends tente le grand chelem en sortant aussi sur PS4, Xbox One et PC. Pas étonnant que le jeu carbure au bon vieux Unreal Engine 4 ! Difficile de trouver du charme à notre bande de héros qui a des allures de crapules de grand chemin ou de horde barbare. En comparaison, les hommes de main du Shérif de Nottingham sont mieux fagotés – que nos traîne savates en guenilles- et portent pour certains des armures étincelantes. Les immenses forteresses de l’Angleterre médiévale sont détaillées, mais comme dit un peu haut, ces environnements sont vides et parcourus par quelques binômes de patrouilles de gardes. Dans ces décors labyrinthiques pas très peuplés, ni vivants aux faux airs de parcours du combattant, on doit le plus possible évoluer à travers la végétation ou à couvert afin de ne pas donner l’alerte. Le jeu possède des textures détaillées, des effets d’éclairage assez soignés et sur Series X un antialiasing vient gommer efficacement les effets d’escaliers. Visuellement, le jeu est assez honnête. Pour la partie sonore, les héros et ennemis s’expriment naturellement dans la langue de ce bon vieux Shakespear et des musiques assez minimalistes aux sonorités guerrières viennent ambiancer nos exploits. Enfin notez que les textes et menus sont dans un français presque parfait. Une fausse note … de plus. Ça vous étonne ?

Avec Hood Outlaws & Legends, le studio Sumo Newcastle livre un jeu aux airs d’œuvre inachevée. Inutile de se précipiter dessus tant que le gameplay n’aura pas été affiné et enrichi en modes de jeux. En l’état, même à moins de 30€, il est franchement dispensable ! Dommage !

Good

  • Graphiquement assez détaillé
  • Une prise en main immédiate, mais rudimentaire
  • 4 classes de persos

Bad

  • Un seul mode de jeu similaire en PVE et PVP
  • Un matchmaking assez bancal (pour rester poli)
  • Des animations un peu raides
4.5

Médiocre

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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