Les Tuniques Bleues Nord & Sud – Une autre idée du Classico

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Suivez les combats des Tuniques Bleues dans le remake d’un grand classique des micro-ordinateurs 8 et 16bit. Yankees ou Confédérés choisissez votre camp !

Noël 1991, le temps de courtes vacances je m’éclatais sur une partie de la ludothèque de l’Atari ST. Je garde encore en mémoire mes premiers tours de circuits sur Vroom et Lotus Turbo Esprit Challenge, la claque ressentie en découvrant Another World et Turrican 2 et les bons moments passé sur Nord & Sud. La première mouture vidéoludique des aventures des Tuniques Bleues était ainsi sortie sur la plupart des micro-ordinateurs 8 et 16 bit de l’époque ainsi que sur les PC qui carburaient au DOS et sur… la NES ! Difficile d’échapper à ce redoutable petit jeu de stratégie/action, développé à l’origine par Infogrames. Tout y était “parfait” et drôle jusque dans l’écran de lancement de partie. Vingt ans plus tard, en 2012, Anuman ressortait le jeu sur iPhone/iPad à l’occasion d’un remake globalement réussi et repensé pour être pratiqué via les contrôles tactiles des périphériques iOS. Joli, jouable que demander de plus ? Déboulant presque trente ans après la sortie de l’original – merci pour le coup de vieux Microids – voilà l’adaptation Xbox One de Nord & Sud qui passe aujourd’hui sur le grill ! Pour la petite histoire, le jeu a été réalisé par les belges du studio Appeal a qui l’on doit notamment Outcast et son remake Outcast Second Contact que l’on avait accueilli plutôt tièdement en 2017.

Le principe de North&South n’a pas bougé d’une disquette 3.5 pouces. Il s’agit de conquérir ou défendre des territoires des “Etats-Unis » lors de phases de déplacement au tour par tour, de protéger/capturer des forts ou des convois chargés d’or. L’histoire se déroule toujours lors de la Guerre de Sécession. On rejoint au choix le camp des soldats de l’Union ou les Confédérés. Notez qu’à contrario d’un bon vieux Command & Conquer qui attribuait des unités bien distinctes au GDI ou au NOD, ici chaque bataillon est constitué de six fantassins, trois cavaliers et un canon. On peut toujours fusionner deux bataillons afin de maximiser ses chances de remporter une bataille où l’on contrôle alternativement les différentes unités sur un petit théâtre des opérations qui tient sur un écran. Le canon se déplace de haut en bas (comme une raquette de Pong) il peut détruire les objets de l’environnement ou les unités adverses, les fantassins crapahutent librement à travers le champ de bataille, enfin la cavalerie ne peut aller que de l’avant et attaquer au corps à corps sabre au clair. Histoire de pimenter la partie il est possible d’activer des bonus/malus. En s’accaparant la Caroline du Nord on profite tous les quatre tours d’un bataillon déboulant par la mer. Les indiens détruisent aléatoirement l’une des armées situées dans un état de l’Ouest et les Mexicains s’attaquent au bataillon placé sur le Texas. En sus lorsque le mauvais temps – matérialisé sur la map par un nuage pluvieux – est de la partie, il est impossible de déplacer/employer le détachement qui subit les intempéries. La partie est remportée une fois tous les bataillons adverses vaincus. Attention, bien qu’un brin répétitif, Nord&South est un titre à la durée de vie assez courtaude, mais auquel on a toujours plaisir à rejouer : par nostalgie !

De prime abord, on pourrait croire que cette cuvée 2020 de Nord et Sud ne se limite qu’à une remise à niveau graphique : faux ! Par rapport à la mouture d’origine, celle de 1991, on dispose dorénavant -comme sur iOS et X60/PS3 il me semble – d’une boutique qui permet d’utiliser l’or engrangé pour acheter un bataillon supplémentaire, une immunité à l’attaque des indiens ou aux intempéries. Sympa ! Là où le bât blesse vraiment – hélas – c’est lors de l’attaque de convoi ou d’assaut/défense du fort. Oubliées les sympathiques séquences de plateforme où l’on bataillait contre la montre ou des chiens enragés, elles ont été remplacées par des phases de FPS assez poussives, répétitives et linéaires. Si ce genre de phases – rigides comme celles d’un Virtua Cop – peut convenir lors des attaques de train, en revanche le résultat est un chouia moins palpitant dans les assauts ou défense de forts puisqu’il s’agit de venir à bout d’une dizaine de bots qui débarquent par vague. Pour se défaire des opposant on dispose d’une carabine qui tire au coup par coup et on peut distribuer des coups de crosse de fusil pour repousser les bots un peu trop câlins. Un dépoussiérage du gameplay assez louable, si seulement les ennemis n’avaient pas été aussi raides que des piquets !

Côté réalisation, dans les grandes lignes, il s’agit d’une mouture HD de North&South. Incomparablement plus coloré, plus détaillé, le jeu a su conserver un design graphique assez cartoonesque. En vérité, c’est plus choupinesque que joli ! Les décors -un peu trop spartiates – dans les forts ne s’entichent pas de fioritures visuelles. L’habillage du jeu, au niveau de l’interface manque cruellement de fantaisie et de légèreté. Pas question de s’amuser à pincer les fesses du photographe, il est hélas aux abonnés absents de ce remake. Idem pour les musiques qui, à l’origine, reprenaient et tournaient –un peu – en dérision les hymnes des Yankees et Confédérés. Ils ont été remplacés par des thèmes épiques et héroïques, comme sur iOS, pas vraiment taillés pour les folles péripéties de nos Tuniques Bleues !

Un remake sympathique de Nord&Sud qui manque un tantinet de folie. Un mix de stratégie tactique et action à l’univers coloré à réserver sans doute en priorité aux plus jeunes. Les plus vieux briscards de la micro-informatique vont sans doute ronger un peu leur frein !

Good

  • Le retour d’un must have de l’Atari ST et de l’Amiga
  • C’est coloré, rondouillard comme la BD de Lambil et Cauvin
  • Un mix toujours sympa de phases de stratégie, action et...

Bad

  • … FPS poussives et répétitives
  • Un jeu pas bien long mais qu’on a plaisir à recommencer
  • Où est passé l’humour et la fantaisie du jeu d’antan ?
6

Correct

Co-fondateur de Playscope, Michel est un des dinosaures de la presse spécialisée informatique et jeux vidéo. Certains diraient même fossile depuis le temps qu'il oeuvre dans cette industrie (1987). Il a survécu à nombre de magazines, d'éditeurs et de sites web. Gamer sans être un hardcore, Michel joue à un peu tout même s'il a une préférence pour l'action. Actuellement, il visite l'île de Tsushima ;)

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