Luigi’s Mansion 3 – Le vert vainqueur

Switch Tests

Le frère de Mario reprend enfin du service à l’occasion d’une toute nouvelle chasse aux fantômes : il était temps ! Et pour le test aussi d’ailleurs !

À son arrivée sur GameCube, Luigi’s Mansion s’était imposé comme un bien sympathique spin-off des exploits des Mario Bros. Ce jeu d’action aventure ne brillait certes pas par sa longévité mais plutôt par le caractère inédit de cette chasse aux fantômes doublée d’une splendide vitrine technologique pour le cube de Nintendo. Si le second volet paru dix ans plus tard sur 3DS invitait à survivre à une aventure nettement plus longuette et plus jolie encore, le troisième opus lui s’est fait attendre, esquivant au passage une éventuelle parution sur Wii et sur la plus impopulaire WiiU. Histoire d’exhumer la franchise de sa longue léthargie, Nintendo a livré entre temps un remake de l’épisode d’origine destiné à la 3DS.  Comme dit lors de la review de Concrete Genie parue au mois de janvier, la fin de l’année a été fastueuse, un brin embouteillée, et avec les sorties de Shenmue III, Jedi Fallen Order et l’arrivée de jeux un brin chronophages comme Death Stranding et The Outer Worlds il a fallu faire des choix. Cette petite pépite de la Switch a échappé à notre vigilance mais voilà qu’elle passe enfin sur le grill. Notez que le jeu a été testé à partir d’une version achetée dans le commerce. Sorti officiellement le jour de Halloween, Luigi’s Mansion 3 propose comme ses deux glorieux prédécesseurs de se lancer dans une énième chasse à l’ectoplasme. L’épopée de notre aspirant héros se déroule non pas dans une énième masure abandonnée mais dans un hôtel perdu une nouvelle fois au milieu de nulle part. Ambiance, ambiance !

Le Peach… pardon, le pitch de cette troisième aventure est plutôt simple. Luigi, Mario, la monarque Toadstoll et une délégation du Royaume Champignon sont conviés à séjourner dans un luxueux palace aux frais de la princesse (c’est une expression). Sans avoir même eu le temps de vider le mini-bar ou de piquer une tête dans la pistoche nos héros se retrouvent confrontés à la nuit tombée à des esprits frappeurs qui les “emprisonnent” dans des tableaux. Fin de l’histoire ? Eh bien pas vraiment ! Luigi échappe in-extremis aux spectres, il retrouve son savant fou préféré, le professeur Karl Tastroff qui l’équipe d’un nouvel arsenal de casseur spectral. Puis notre plombier de vert vêtu part à la rescousse du frangin moustachu et de sa bien-aimée ainsi que d’une joyeuse petite bande de Toads.  N’imaginez pas vous livrer à d’ennuyeuses battues ectoplasmiques dans des successions de couloirs feutrés et de chambres luxueuses, car cet hôtel aux intérieurs très Art Déco (du moins de prime abord) cache un secret. Les dix-sept étages sont doté d’univers et thèmes différents. Difficile de s’ennuyer quand on se retrouve à crapahuter dans la reconstitution d’un château médiéval, puis sur un plateau de tournage, un cabaret, une salle de concert, une forêt ou un temple Egyptien. À l’instar de ce poltron de Luigi, on avance le plus souvent la peur au ventre, la faute à des revenants taquins qui aiment tendre des embuscades. Sus aux fourbes !

Les séquences d’action de Luigi’s Mansion 3 font toujours furieusement penser aux affrontements d’un Beat Them Up car on se retrouve confronté dans un espace cloisonné à une bande d’esprits frappeurs. Pour se sortir de ce guêpier il s’agit de guetter le moment propice pour éblouir les fantômes à l’aide d’une puissante lampe torche ou faire apparaître l’éventuel point faible de l’adversaire grâce à un révélateur d’objets ectoplasmiques. Une fois le Talon d’Achille déniché ou la défense percée on peut alors aspirer le fantôme afin de faire baisser graduellement son énergie ou l’envoyer valdinguer à plusieurs reprises sur le décor voire sur ses alliés à l’aide de l’aspirateur ou d’une ventouse. Naturellement, les spectres ne sont pas très enclins à se laisser aspirer, par conséquent Luigi doit lutter comme un amateur de pêche au gros pour rester dans le sillage de la prise. En plus de de frotter régulièrement à du menu fretin, Luigi doit bien sûr achever un level par l’affrontement avec un boss à l’occasion d’un combat assez épique parfois frustrant quand le stick du joycon déraille… mais c’est là une autre histoire. Pas bien difficiles à battre, ces gardiens de niveaux plus imposants que les fantômes ordinaires bénéficient toutefois de jauge de “vie” plus élevées et de différentes stratégies qui obligent le joueur à trouver le moment opportun pour exploiter un point faible.

Notre sympathique héros peut toujours compter sur le soutien logistique du savant fou, qui peut lui procurer différentes sortes d’items contre des espèces sonnantes. Toutefois le frangin de Mario est loin d’être seul dans cette nouvelle aventure. Un toutou spectral apparaît parfois pour lui dénicher des passages secrets ou des caches qui renferment des trésors. Il peut aussi invoquer à volonté un clone “gélatineux” nommé Gluigi. Ce dernier possède une panoplie d’actions similaires à l’original cependant il dispose aussi d’autres propriétés moins banales. De par l’élasticité de son corps il peut passer à travers les barreaux des portes et grilles des égouts, s’engouffrer dans d’étroits tuyaux et il ne craint pas le contact avec les pointes acérées et les objets tranchants. Toutefois, le clone se révèle être moins adapté aux affrontements que Luigi, la faute à une jauge de vie moins conséquente. S’il ne craint pas le contact avec les chausse-trappes, il peut néanmoins être tué/blessé par les fantoches et il se dissout instantanément au contact de l’eau. Loin d’être un foudre de guerre, Gluigi prend toute sa dimension lors des phases d’exploration et notamment durant les nombreux puzzles qui nécessitent d’agir de manière plus ou moins coordonnée. Seul regret, impossible de pouvoir contrôler Luigi et son alter ego simultanément en solo, le titre permet de coopérer de manière plus efficace et naturelle à deux joueurs. Un bon point pour ce jeu d’action/aventure mâtiné de réflexion qui peut donc se savourer égoïstement en solitaire comme en coop.

S’il emploi les touches d’action traditionnelles (comprenez ABXY), le jeu permet de garder les 2 pouces en permanence sur les sticks analogiques. Ainsi, les touche L et R font office de touches de raccourci vers les fonctions les plus utiles – torche, révéloscope, tir de ventouse – lors des chasses aux fantômes. À l’image de Luigi’s Mansion 2 qui exploitait le gyroscope de la 3DS (elle ne possédait qu’un seul stick analogique), la visée verticale peut se moduler suivant le degré d’inclinaison du JoyCon droit. Le motion gaming n’est pas mort la preuve il bouge encore ! Quoique si d’aventure vous sentez des vibrations parcourir la manette ou que vous voyez votre Gluigi trembloter à l’écran c’est que vous êtes à proximité de l’un des dix-sept Boo caché dans le décor. Attrapez-les tous !

Achevons ce tour du propriétaire par la réalisation de Luigi’s Mansion 3. Sans surprise, elle est le plus souvent somptueuse. Comprenez par-là que Nintendo a pas mal soigné les environnements, ils sont assez détaillés, dotés d’éléments “interactifs” et destructibles. Ce jeu cousu main pour la Switch tourne comme un charme en mode console portable et même lorsque l’on place la machine sur le dock afin d’y jouer peinard sur la télé. Luigi’s Mansion 3 régale nos mirettes par ses effets d’éclairages, par l’aspect translucide des spectres (comme à l’époque du gameCube) et de Gluigi mais aussi par leurs modélisations et animations hyper léchées. Bref, le jeu est assez joli, il se paye en sus le luxe d’employer un anti-aliasing assez efficace. Cette production de Nintendo aurait pu-être un plaisir pour les yeux si elle n’imposait pas parfois un point de vue trop éloigné de l’action notamment lors des phases de réflexion qui nécessitent de faire travailler Luigi et son clone de concert. Rien de bien rédhibitoire, juste un tantinet agaçant. À l’image du problème de drifting du stick analogique du JoyCon qui donne la bougeotte à Luigi et à son alter-égo gélatineux. Afin d’y remédier, rien n’empêche d’utiliser un pad compatible USB vendu une trentaine d’euros. Moins immersif mais tellement moins frustrant. D’ailleurs la musique adoucit les mœurs, ça tombe bien : les styles musicaux sont variées et ont le mérite de coller parfaitement aux différents univers. Tout fan de Game of Thrones risque probablement de jubiler en entendant la musique fortement inspirée du thème mythique de la série de HBO. En sus de ce clin d’oeil musical, on note aussi des références in-game à des productions cinématographiques comme The Ring, Godzilla et bien sûr à des machines d’antan de Nintendo. Après le GameBoy Horror, la Dual Scream cette fois c’est le VirtualBoy qui est à l’honneur et est rebaptisé le Virtual Boo. Un bon moyen de ne pas oublier cette machine trop avant-gardiste, sortie en 1995 et qui a été un flop monumental pour Nintendo et son regretté créateur : Gunpey Yokoi.  Enfin à défaut d’offrir des voix en français, le jeu propose une interface et des textes intégralement traduits dans la langue de Molière… et pas seulement dans la langue d’Allan Edgar Poe.

Une aventure délicieusement horrifique pouvant être savourée par les petits, comme les grands, parfait pour se faire peur en solitaire, en coop, en multi. Un joyau de la Switch juste indispensable !

Good

  • C’est franchement joli et détaillé
  • Une aventure assez bien rythmée
  • Dix-sept niveaux aux musiques et univers variés
  • A savourer en solo ou en coop en local voire aussi en multi difficile de faire plus généreux

Bad

  • Le stick capricieux de mon joycon, heureusement  praticable au pad USB
9

Magnifique

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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