Metal Gear Survive – Staying alive !

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Suite au départ de Hideo Kojima, l’enfant terrible de chez Konami, on s’était résigné à faire une croix sur la licence Metal Gear. Visiblement l’éditeur n’était pas – encore - disposé à tuer la poule aux œufs d’or, et livre un épisode inédit qui est à des années lumières des autres titres de la saga. Une bonne surprise malgré tout ?

Depuis deux ans, et la sortie d’un sympathique Phantom Pain enfanté dans la douleur, la saga Metal Gear était moribonde. Son charismatique géniteur ayant quitté le navire pour s’atteler au développement d’une nouvelle franchise – et poster des photos sur les réseaux sociaux -, on ne voyait pas qui pouvait reprendre le flambeau…. Sinon Konami lui-même. Au lieu de nous offrir une nouvelle aventure de Snake ou de Big Boss, l’éditeur dégaine de sa manche un spin-off qui combine action, infiltration et… survival-horror. Si la licence Metal Gear avait déjà offert par le passé quelques épisodes dérivés, « jamais » (excepté les opus ACID sur PSP) ils n’ont autant frôlé le hors sujet que cet épisode intitulé sobrement Metal Gear Survive. Une sacrée prise de risque, voilà sans doute pourquoi ce titre va chercher sa légitimité en se déroulant juste après les événements de Metal Gear Solid V Ground Zeroes.

Suite à la fuite explosive de Big Boss et de Kaz en hélico, vous pensiez que la Mother Base des Militaires Sans Frontières avait été détruite voire atomisée par les forces du XOF ? Que nenni, elle a été aspirée dans une autre dimension par un énorme vortex ! On suit les péripéties transdimensionnelles du Capitaine, un soldat de Big Boss, qui doit user de ses talents pour survivre à un environnement plus que hostile. Un monde parallèle répondant au doux nom de Dité où pullulent des hordes de bestioles cauchemardesques et dangereuses. A contrario d’autres survival horror, tel Resident Evil 7 qui offrait une aventure dirigiste mais bien rythmée, Metal Gear Survive invite à survivre à un monde ouvert semblable à « celui » de Phantom Pain. Comprenez par là que les missions offertes par ce jeu d’action à la troisième personne invitent à crapahuter à travers des étendues désertiques, inhospitalières, escarpées et à survivre à de nombreux dangers. En sus de devoir occire des ennemis agressifs, il faut aussi composer avec d’autres besoins comme la faim et la soif qui se font sentir progressivement. Pour se nourrir, notre avatar doit ainsi chasser différentes bestioles (chèvres, loups…), cuire la viande et traiter l’eau à son camp afin de la rendre potable et soigner les bobos/fractures/infections grâce à flopée de médicaments. Pas question d’envoyer notre héros au casse-pipe avec une fracture aux guibolles ou d’autres pathologies qui plombent ses performances ! Un principe qui semble descendre en droite ligne d’un bon vieux Metal Gear Solid 3 Snake Eater. Et là s’arrête la comparaison, car la survie dans ce jeu est compliquée par de nombreuses autres contraintes. Si quelques zones du monde ont l’allure d’oasis en étant à l’air libre, cette aventure impose le plus souvent de porter une réserve d’oxygène limitée pour progresser quasiment à l’aveuglette dans un brouillard épais et toxique. De par une distance de vision réduite, les mauvaises rencontres y sont fréquentes. Désorienté, faute de repère visuel, on suit les rares halos de lumières qui trahissent la présence d’installations (vortex de téléportation, coffres…) fonctionnelles. Pressé par la jauge d’oxygène qui s’épuise, notre avatar vite tiraillé par la faim et la soif, n’a pas le temps de trainer lors des escapades à travers ce monde du silence. Et lorsque l’on distingue à travers l’épais brouillard la forme de gigantesques et lourdes bestioles aux formes tentaculaires ou que les cadavres sont entourés de cristaux indigo, on se dit que les gens de chez Konami ont dû passer beaucoup de temps sur Netflix à regarder des séries comme Stranger Things et The Expanse. Ainsi, difficile de ne pas penser au « monde à l’envers » en s’aventurant dans les décors sinistres et post apocalyptiques où des hordes d’infectés rôdent dans les ténèbres. Pour se défaire d’eux vous ne disposez que de votre courage et d’un arsenal rudimentaire… pas toujours efficace.

Même s’il a été formé par Big Boss notre héros n’a malheureusement pas été initié aux techniques de combat rapproché, CQC. A la place, armé d’un arc de base voire plus souvent encore d’un simple bâton pointu, on tente d’atomiser les têtes des ennemis qui attaquent à vue. Pour maximiser les chances de survie on peut toujours détaler courageusement lorsque c’est possible – en veillant à ne pas épuiser la jauge d’endurance – ou détourner l’attention des ennemis dans l’espoir de se faufiler incognito. En revanche pas question d’échapper au combat lorsqu’on doit par exemple protéger un objectif durant une certaine durée et que des vagues d’infectés déferlent par dizaines. Pour défendre ce spot, on érige des barrières et on utilise des armes de fortune constituées de composants – bois, métal, engrenages… –  récupérés dans les environnements ou dans des éléments du décor. Gare les instruments de torture s’usent avec le temps et les coups ! Pour obtenir de nouveaux flingues et tenues, il faut s’aventurer en territoire ennemi, au cœur des ténèbres, afin de dégotter des coffres qui renferment des plans d’armes. C’est aussi dans ces lieux mal famés (et sur les cadavres des ennemis) qu’on récupère des cristaux de Kuban. Ces minéraux à tout faire servent de devise, ils peuvent aussi recharger une infime partie de l’oxygène contenu dans la bouteille ou augmenter le niveau de l’avatar.

Entre la faim, la soif, la gestion de l’endurance, de l’état de santé, de l’oxygène et de l’énergie, il n’est pas toujours évident de rester en vie. Difficile aussi de ne pas avoir envie de jeter l’éponge au bout de quelques heures de jeu, tant le gameplay en solitaire de Metal Gear Survive s’avère redondant. Pas étonnant. Sur Dité, le quotidien du Capitaine est plutôt répétitif et consiste à chasser, cuisiner, manger, traiter l’eau, s’aventurer en terrain hostile pour accomplir une mission/secourir un rescapé, piquer un roupillon et recommencer. Un jour sans fin ?

Compte tenu de son concept, Metal Gear Survive prend plus de sens en mode multijoueur avec ses missions basées sur la défense. Si le gameplay ne change pas vraiment, l’approche est un peu différente puisqu’il est possible – contrairement au solo – de crafter des objets en pleine partie et évidemment de compter sur le travail des coéquipiers pour gérer les vagues d’ennemis. Etre à plusieurs permet ainsi d’avoir un jeu où la pression semble moins importante permettant de mieux gérer les défenses. En niveau facile, même avec une équipe non coordonnée, les parties sont relativement faciles. Mais en montant en niveau de difficulté (une fois débloqué), un minimum de coordination est conseillé. De ce fait, Metal Gear Survive, comme nombre de jeux coop, gagne en intérêt avec une équipe rôdée.

Metal Gear Solid V Phantom Pain en avait mis plein les yeux à l’époque par son rendu coloré qui flirtait avec le photoréalisme. Hélas, cet hors-série est flanqué d’une réalisation moins léchée. Visuellement en retrait et plus terne, ce jeu utilise pourtant le Fox Engine et il emploie aussi à tour de bras de nombreux éléments graphiques et animations des volets précédents ! Paradoxalement, les modélisations des protagonistes paraissent plus simplistes (notamment lors des cinématiques), les environnements plongés dans le brouillard grisâtre font preuve d’un cruel manque de détail. Quant aux rares panoramas, ils s’avèrent avares en profondeur. Testé principalement sur Xbox One S, le jeu est affublé d’une animation qui manque parfois de fluidité et il affiche un aliasing assez agaçant vu la faiblesse de la résolution. Sur Xbox One X, PS4 Pro, PS4 et PC, le jeu tourne évidemment à une meilleure résolution et une fluidité plus constante et plus proche de ce qu’on avait eu sur Metal Gear Solid V The Phantom Pain et ses 60 images/seconde. Techniquement moins ambitieux que ses illustres prédécesseurs, ce Metal Gear Survive oblige à jongler avec des interfaces et mécaniques de jeu déjà vues mais assez lourdingues (gestion de la base et du personnel à la Peace Walker, survie à la MGS3…en plus poussé encore). Différent mais fidèle malgré tout à l’univers de la saga, ce spin-off horrifique reste un survival horror honnête, sympathique… mais assez dispensable.

Test effectué sur Xbox One S avec un jeu fourni par l’éditeur.

Good

  • Metal Gear bouge encore
  • Une expérience inédite dans « l’univers » MGS V
  • Flippant, stressant, un survival horror qui met la pression

Bad

  • Le moteur graphique de MGS V en moins beau
  • Gameplay répétitif en solo
  • On a tendance à vouloir vite décrocher
6

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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