Monster Hunter Rise – Monsieur chasse !

Switch Tests

Oubliée l'infidélité faite aux consoles de Nintendo, la franchise Monster Hunter revient sur Switch dans un épisode exclusif taillé pour la portable de salon. Affûtez vos lames !

En février 2018, il y a 3 ans déjà, je testais pour Playscope le sympathique Monster Hunter World sur… Xbox One. Une sortie multiplateforme sur PS4 et Xbox cela peut sembler anodin sauf lorsque l’on se remémore que la franchise Monster Hunter a été pendant longtemps la chasse gardée des consoles Sony (PS2 et PSP) puis des machines de Nintendo. Avec ce nouvel opus intitulé Rise, Capcom fait l’impasse sur les consoles (Ultra) HD de salon pour se focaliser plutôt sur la Switch. Inutile de faire la moue ou de râler, jusqu’à présent la petite dernière de chez Nintendo avait dû se contenter d’un remake du Monster Hunter Génération paru à l’époque sur 3DS. Pour une fois Capcom ne livre pas un remake ou portage de Monster Hunter World mais bel et bien un épisode inédit. Après avoir accueilli dans sa ludothèque des tas de portages WiiU ou PC, la Switch s’émanciperait-elle enfin ? On vous livre un verdict après une quinzaine d’heures de jeu.

Inutile de trop s’étendre sur le scénario. Monster Hunter Rise offre évidemment d’incarner un aspirant chasseur de bestiole préhistorique. L’action (du moins des premiers levels) se déroule dans les environs du village de Kamura – Un petit patelin médiéval d’inspiration nippone –  qui est frappé tous les cinquante ans par une invasion de monstres. Est-ce que notre héros parviendra à sauver ce petit coin de paradis ? Avant de taillader de la bestiole, le titre invite d’abord à créer son héros ou héroïne, en personnalisant ses traits et bien d’autres caractéristiques physiques. On est loin évidement de la puissance de l’utilitaire de création d’avatar d’un Cyberpunk 2077, mais pour un jeu d’action/aventure/RPG “tout public” (enfin à partir de douze ans) disons que celui de Monster Hunter Rise fait le boulot. Comme toujours pas question de se creuser la tête à choisir une classe, notre “chassou” peut employer une multitude d’armes (Epée à deux mains, arbalète, corne de guerre, hache…) selon que l’on affectionne le combat rapproché ou à distance. Gare ! Contrairement à d’autres RPG, Monster Hunter ne permet pas de changer d’équipement en cours d’affrontement. Au mieux, le titre autorise le changement de set (armures, armes…) en retournant au camp de base, situé en zone de départ de chaque région.

Les maps assez vastes à travers lesquelles nous sommes amené à crapahuter, sont toujours découpées en secteurs. Ouvrez l’oeil car ces petits mondes ouverts (forêt, désert, montagne, marais…) regorgent de raccourcis (comme des tunnels) qui peuvent s’avérer particulièrement utiles lors des chasses aux monstres. Si Monster Hunter World imposait de traquer le gibier, Rise épargne au chasseur le pistage et joue plutôt la carte de l’action et de l’exploration. En sus des quêtes de chasse en solitaire, où l’on doit abattre/capturer une créature gigantesque ou occire un certain nombre de bestioles plus fluettes, la “quêtatrice” (ça ne s’invente pas) propose également de dénicher des ressources nécessaires pour le village. Les concitoyens de notre avatar peuvent aussi proposer des quêtes urgentes comme des sous-quêtes secondaires qui n’ont de facultatives que le nom. Impossible de les refuser, ces dernières ont pour intérêt d’être accompagnées d’espèces sonnantes et trébuchantes ainsi que de points d’armures… nécessaires à l’amélioration des différentes pièces d’équipement. Lors de nos exploits il ne faut pas hésiter à dépecer les ennemis fraîchement tombés afin d’obtenir des ingrédients indispensables à la fabrication d’armes plus performantes à la forge. La cueillette est un autre aspect à ne pas négliger puisque c’est par ce biais que l’on craft automatiquement des potions et méga-potions ainsi que des munitions spéciales pour les fusarbalètes par exemple.  Voilà grosso modo la théorie des quêtes en solitaire, place à la pratique.

Dans la plupart des quêtes (hors exploration donc), on ne dispose que de cinquante minutes et trois essais pour accomplir l’objectif de mission. Pas question de traîner en route ou de foncer tête baissée !  Lors de l’aventure, le chasseur solitaire est épaulé par un fidèle Palico (un chat guerrier, guérisseur…) et un Chumsky (un chien guerrierninja ). Nouveau venu dans la série ce toutou à tout faire, sert aussi de monture. Le chien offre ainsi de se déplacer rapidement à travers les environnements et d’atteindre des hauteurs sans se fatiguer. Il s’avère particulièrement utile lorsque l’on poursuit un monstre déjà blessé, en état de fuite. Comme par hasard, il arrive que les super prédateurs croisent parfois d’autres bestioles alpha et se livrent un affrontement titanesque. On peut grâce à un filin chevaucher la wyverne inconsciente pour infliger durant quelques instants davantage de dégâts à la créature pourchassée. Voilà le genre de moment spectaculaire et particulièrement trippant que l’on ne peut qu’apprécier en jouant à Monster Hunter Rise ! Ce n’est pas la seule utilité de ce filin qui prend toute sa dimension lors des phases d’exploration verticales pour atteindre des hauteurs et s’agripper à certaines parois. Ainsi il s’avère bien pratique pour s’aventurer dans des recoins inaccessibles (pour dénicher certaines plantes bien cachées dans les hauteurs) ou pratiquer une manœuvre évasive lors des affrontements avec l’une des créatures gigantesques. Du moins en théorie. En pratique on peste souvent contre la maniabilité du jeu qui oblige à rengainer son arme, après une animation assez lourdingue, pour employer soit un item guérisseur ou le fameux filin. Toujours au niveau de la prise en main, rappelons que la Switch est une console portable, équipée d’un écran tactile. Hélas Monster Hunter Risen’exploite pas le tactile et impose à la place de mémoriser quelques raccourcis pas toujours hyper intuitifs et combinaisons de touches pour naviguer à travers des menus relativement rikikis. Comme tout Monster Hunter digne de ce nom, ce jeu prend évidemment toute sa dimension en multi en coop’. Quatre joueurs – en local comme par internet – peuvent se lancer sur une mission afin d’asséner davantage de dégâts à l’un des colosses préhistoriques. L’expérience est similaire au solo mais là encore le jeu souffre d’une certaine lourdeur. Au lieu de nous proposer de rejoindre immédiatement la partie, après avoir intégré le lobby d’un groupe, le titre impose de se rendre auparavant jusqu’au comptoir des grandes quêtes pour voir SI une mission est en cours. C’est visuellement attrayant, mais vraiment pas très pratique lorsque l’on cherche à rejoindre rapidement une partie !

Alors que l’on attendait une éventuelle adaptation de Monster Hunter World, Capcom livre à la place une épopée cousue main pour la Switch. Visuellement Rise est loin d’atteindre le niveau de détails de son prédécesseur, certes, mais pourtant la réalisation n’en reste pas moins chatoyante ! Le titre carburant au RE Engine, et j’ai d’ailleurs pensé qu’à l’instar d’un ResidentEvil7 Biohazard (sur Switch) il aurait fallu une connexion internet obligatoire et permanente pour faire tourner le jeu en cloud : Effacez vos inquiétudes, il n’en est rien ! Bref, c’est beau, coloré, les textures sont hyper détaillées, la distance d’affichage lointaine est plus que respectable et les animations des différentes créatures (de la plus grande comme de la plus insignifiante) du bestiaire selon leur niveau de santé sont soignées. En mode dock ou portable le jeu s’est avéré être parfaitement jouable sur Switch et n’a infligé que quelques coups de mou dans l’animation lors des affrontements les plus intenses. Sur le plan de la réalisation visuelle ou sonore c’est un quasi sans faute, même si l’on note parfois un léger aliasing sur les décors, lors des gros plans, durant les discussions avec des PNJ. Le jeu possède ainsi une splendide bande-son (pensée pour le thème du village de Kamura) et les effets sonores sont évidemment réussis.  Enfin le jeu est intégralement en français dans le texte même si pour les voix il faut hélas opter entre l’anglais et le japonais. Heureusement pour les non-anglophones, les dialogues sont sous-titrés en français. Quant aux nouveaux venus ils seront heureux d’être souvent guidé par des fenêtres de tuto ou de retrouver des infos essentielles relatives au gameplay dans un compendium qui s’étoffe au fil de l’aventure.  

Monster Hunter Rise frappe très fort sur Switch. Certes il s’agit d’une aventure de “poche” mais l’expérience n’en reste pas moins captivante tant en solo comme en multi. Dommage qu’il soit un peu affublé de quelques lourdeurs héritées – il me semble – de ses “lointains” prédécesseurs.

Good

  • Une réalisation chatoyante et bigrement détaillée, splendide bande son
  • Une durée de vie à priori assez monstrueuse
  • Du solo, du multi en local ou par internet
  • Une prise en main très action...

Bad

  • .. flanquée de grosses lourdeurs dans les menus
  • Des missions un peu répétitives
8.2

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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