Monster Hunter World – Le monde perdu

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Après avoir vu le jour sur PlayStation 2, popularisé la PSP et offert quelques volets exclusifs aux diverses bécanes de la firme de Kyoto, Monster Hunter s'invite enfin sur les consoles HD de salon. Il était temps !

Depuis qu’elle avait pris ses aises sur les consoles de Nintendo, on aurait pu croire que la franchise Monster Hunter était devenue la chasse gardée du plombier moustachu. Il n’en est rien ! La preuve, Capcom donne la chance aux possesseurs de PlayStation 4 et de Xbox One de découvrir le « cinquième » épisode cette franchise qui bénéficie d’une sortie mondiale… et multiplateformes. Il faut rappeler que cette saga qui souffle cette année ses quatorze ans d’existences possède de nombreux épisodes et spin-off qui ne se sont jamais aventurés hors des frontières de l’archipel. Ravalez vos espoirs de jeu en ligne massivement multijoueur, Monster Hunter World reste un Monster Hunter comme on en a connu sur 3DS par exemple… mais en mieux.

Le titre en lui même est plutôt classique. Passé la création de notre avatar et de son larbin félinesque, un Palico, le titre invite à suivre les aventures d’une recrue de la Cinquième Expédition dont le navire a chaviré suite à l’attaque d’un immense dragon ancien. Après un rapide passage à travers un niveau initiatique où l’on se familiarise avec les commandes, on se retrouve alors catapulté dans un avant-poste, à partir duquel on d’accède aux différents types de quêtes et de missions proposées. Difficile de se limiter aux seules missions scénarisées quand certaines quêtes annexes de cueillettes offrent d’améliorer l’amure. Impossible également de bouder la campagne scénarisée jouable en solo qui permet d’accéder à de nouvelles parties d’un monde aux climats variés (désert, forêt équatoriale…). Des environnements hostiles où rôdent de gigantesques créatures préhistoriques à occire/capturer, des bestioles relativement placides à massacrer sans vergogne, des gisements de minerais à récolter ou des végétaux à cueillir. Les ingrédients (peaux, cailles, os…) récupérés sur les dépouilles encore fumantes des ennemis comme certains minéraux permettent d’élaborer des potions de guérison et ils offrent aussi au forgeron de confectionner de nouvelles armes et armures voire de les améliorer. Chasseur ou cueilleur ? Impossible de choisir ! Pour survivre il faut enfiler la double casquette. À contrario de la plupart des RPG, Monster Hunter World n’offre en effet qu’une seule classe jouable : celle du chasseur… ou de la chasseuse si votre avatar est féminin. En sus de se distinguer par leurs armures ou leurs familiers (les Palico), les casseurs de monstres peuvent employer quatorze types d’armes (arc, épées doubles, épée à une main, cornemuse de combat, marteau….) pour atomiser les créatures qui ont l’audace de se mettre en travers de leur route. Ces armes diffèrent par le style de combat, leur puissance, leur « manoeuvrabilité » mais aussi par leur capacité à faciliter les manœuvres évasives lors des affrontements.

Lors d’une partie de chasse, il faut pister le gibier en cherchant des indices (empreintes, fluides, traces…) disséminés au sol ou sur les murs. Inutile d’être un fin pisteur ou de ramper ventre à terre en quête de pistes ! Afin de nous aider à dégoter les indices ou ingrédients servant à l’élaboration d’items, on se borne à suivre des lucioles verdâtres qui s’agglutinent sur les points d’intérêts. Et lorsque l’on a remonté suffisamment la piste de l’animal traqué on ne tarde pas à tomber sur le monstre, il s’engage alors un combat de très longue haleine. Lorsque le bestiau se retrouve en difficulté il n’hésite pas à fuir. Il faut alors le poursuivre à plusieurs reprises à travers la map et profiter de l’occasion pour aiguiser les lames émoussées, confectionner davantage de potions curatives ou de munitions pour les armes qui en emploient. Notez qu’en prenant de l’avance, le monstre tente aussi de regagner de l’énergie en piquant un roupillon ou en s’attaquant au cadavre d’un autre « dino ». Notez que les traques s’avèrent parfois intenses. Gare aux mauvaises rencontres ! Notamment lorsqu’un prédateur encore plus puissant et gigantesque s’attaque à notre proie (qui s’est risquée sur son terrritoire) et qu’il en profite pour nous prendre aussi pour cible. Face à un ennemi si puissant, prenez la poudre d’escampette si vous voulez survivre et focalisez-vous sur l’objectif à tuer ou capturer car le temps s’écoule inexorablement. En cas de difficulté on peut aussi lancer une fusée de détresse et faire appel  aux talents d’autres joueurs pour mener à bien la mission. Trois autres joueurs ainsi peuvent prendre part aux différentes quêtes, contrats et missions annexes en PVE, qu’il est possible de rejoindre à tout moment.

Bonne surprise. Le titre profite des capacités des machines modernes pour afficher des environnements « ouverts ». Même si les différentes régions restent cloisonnées, c’en est enfin fini des portions de niveaux raccordées les unes aux autres par des sortes de couloirs. Ces derniers donnaient lieu à d’agaçants écrans de chargements, plus ou moins longuets, comme c’était le cas sur depuis les débuts de la franchise Monster Hunter. Le joueur évolue désormais « librement » dans des mondes plus complexes, tant en terme de level design que de richesse graphique. Ainsi la forêt qui accueille nos premiers exploits foisonne de voies alternatives, d’étroits dédales souterrains et elle offre même quelques enchevêtrements aériens. Graphiquement, le jeu surclasse très largement ses prédécesseurs, tant en terme de rendu que de complexité. Monster Hunter World carburant avec une version améliorée du moteur graphique fait maison de Capcom (le MT Framework qui a fait les beaux jours de la Xbox 360 et la PS3), il profite d’une réalisation chatoyante. En comparaison de la version WiiU, sortie par chez nous il y a cinq ans, les décors sont incomparablement plus détaillés, ils affichent une végétation luxuriante et des environnements qui regorgent de vie animale. Quant aux immenses ou gigantesques monstres, ils bénéficient de modélisations, de textures et de palettes d’animations très soignées. Côté gestion de la physique, en revanche, elle est antédiluvienne pour ne pas dire inexistante. En effet, on aurait aimé voir les tentures comme la végétation bouger ou frémir au passage de notre avatar. Mais en définitive, les éléments du décor restent un poil trop figés et les destructions pré-calculées trahissent une réalisation qui n’est pas forcément d’actualité.

Si les moutures destinées à la PS4 Pro comme à la Xbox One X tirent relativement bien parti de la surpuissance des consoles Ultra HD, en offrant un rendu fluide et détaillé, sur une bécane comme une Xbox One toute simplette le tableau est nettement moins enjôleur. En sus de se retrouver affublé d’une résolution inférieure, Monster Hunter World affiche un aliasing prononcé et un rendu graphique assez flou. Paradoxalement il se paye le luxe de manquer un chouia trop de constance dans l’animation ! Ainsi, sur le monolithe de Microsoft, le titre inflige des ralentissements perceptibles et bien que le titre reste jouable, l’expérience est loin d’être agréable. Vous voilà prévenus, même si le jeu semble être plus à l’aise sur une PS4 standard, mieux vaut posséder une machine taillée pour la Ultra HD voire peut être même un PC – il faudra toutefois attendre l’automne prochain – afin de déguster ce Monster Hunter World dans de bonnes conditions. Côté son, le jeu dispose d’une version française intégrale c’est-à-dire qu’il est doté de pavés de textes en français et de doublages dans la langue de Molière. Ce qui est bigrement appréciable ! Enfin en ce qui concerne les musiques qui constituent la bande-son, elles sont splendides. Calmes lors de nos pérégrinations à travers les zones d’explorations, les thèmes deviennent bien plus épiques lorsqu’on affronte un boss.

Inutile d’avoir joué aux précédents volets de la licence Monster Hunter pour savourer ce Monster Hunter World, à déguster en coop avec une bande de « gentlemen » chasseurs !

Good

  • Un RPG "accessible"
  • Des zones assez vastes et complexes
  • Des graphismes colorés, des bestioles bien réalisées

Bad

  • ... un rendu qui manque de finesse et fluidité sur Xbox One
  • Une caméra qui peine à se focaliser sur l'ennemi en plein combat
  • Un tantinet répétitif
8

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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