Neo World Ends With You – On va tous crever…

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Fashionistas et revenants même combat, vous avez une semaine pour devenir le meilleur faucheur ! Ôtez donc ces bottes en caoutchouc, il ne s’agit pas de faucher le blé à l’occasion d’un job d’été, mais d’un sacerdoce bien macabre ! Shibuya tout le monde descend !

Sorti à l’origine sur la première console double écran de Nintendo en 2007, la Nintendo DS, The World Ends With You a été adapté puis remaké, et, voilà la suite débarque enfin sur Switch et PS4… quatorze ans plus tard. On peut dire que ce Neo World Ends With You a sacrément tardé à reprendre le flambeau ! Si le premier opus s’est hasardé sur d’autres plateformes (mobiles) à l’occasion de portages/remakes, Square-Enix a œuvré entre temps sur une foule d’autres franchises. Et il a fallu attendre qu’une adaptation animé du premier opus pointe le bout de son nez pour que -miraculeusement – l’éditeur/développeur dégaine juste à temps le second volet de son Action RPG en milieu urbain. On prend les mêmes et on recommence ?

N’ayant pas joué au premier volet, je découvre donc la – désormais – franchise par l’intermédiaire de ce second opus. Le jeu propose de suivre les péripéties d’un duo d’aspirants faucheurs, Rindo et Fret, amis dans la vie et même dans l’au-delà ! Nos jeunes défunts, ont une semaine pour faire leur preuve avec leur guilde de faucheurs (Reapers dans le texte) à l’occasion d’une série d’épreuves afin de regagner le monde des vivants. Les perdants eux sont condamnés à un aller simple vers les limbes. Plusieurs bandes s’affrontent dans Shibuya à l’occasion d’épreuves imposées ou de rixes. En plus des Wicked Twisters, la bande de Rindo et son pote, on retrouve aussi les otakus des RiverSides, les bons samaritains des Pure Hearts, les fashionistas des VariaBeauties et enfin le gang des terreurs les RuinBringers. Pour survivre, pas d’autre choix que de gagner !

En guise de terrain de jeu, le titre s’offre une « reconstitution » de Shibuya (quartier de Tokyo) et de ses environs. Attention ! Ce Neo World Ends With You n’offre pas un degré de fidélité de reconstitution digne d’un Yakuza mais disons que lors des toutes premières heures de jeu l’aventure s’avère assez immersive et dépaysante puis à la longue un tantinet redondant. La faute à des aires de jeu assez limitées et cloisonnées par des (parois invisibles) qu’on a vite fait de traverser. Pourtant les objectifs ou quêtes imposés par le jeu obligent à s’attarder dans les zones. Il s’agit par exemple d’éliminer un certain nombre de groupes d’ennemis, de conquérir un territoire, de trouver des tags ou des indices dissimulés dans les environnements, « d’exorciser » des mortels ou de remonter dans le temps pour modifier le cours de l’histoire. L’aventure a beau être un brin linéaire on s’amuse parfois à altérer le cours des événements pour se donner plus de chances de remporter un combat perdu d’avance. « Eh bien baissez la difficulté bougre d’âne » me rétorquerez-vous !  Hélas, sur la version PlayStation 4 de test transmise par l’éditeur il était impossible de changer le niveau de difficulté en cours de partie. En revanche, il était possible de baisser les niveaux (et barre de vie) de notre guilde/bande afin de looter plus d’items en cas de victoire… en augmentant la difficulté. Donc.

Le titre permet d’échanger des badges lootés contre des espèces sonnantes et trébuchantes. On peut claquer les deniers dans les bars et restos (pour augmenter temporairement les points d’attaque, de défense…) et dans les boutiques de fringues de Shibuya qui n’ont rien à envier aux armureries des autres RPG. Et… c’est tout. Pas question d’aller s’encanailler dans des salles d’arcade ou dans un établissement peu recommandable par exemple pour varier les plaisirs. Crapahuter à travers Shibuya est d’un ennui… mortel ! Surtout qu’en basculant du monde des vivants vers celui des morts on peut faire la rencontre – non pas de Joe Black – de groupe de revenants belliqueux. À l’instar d’un Final Fantasy on se retrouve opposé à un groupe d’ennemis hétérogènes car composé de différents types de monstres. Le bestiaire est constitué de loups géants, de ursidés tout aussi imposants, de méduses volantes, de scorpions toxiques, d’oiseaux de mauvais augures et mêmes de requins féroces qui fendent le bitume comme les eaux des océans. Flippants !

Action RPG oblige les confrontations se jouent en temps réel et obligent à « contrôler » l’ensemble des équipiers. Pour se faire, certaines touches du pad servent à invoquer les attaques/actions des membres de l’équipe qui vont s’attaquer à un ennemi ciblé. Il règne à l’écran un sacré bazar quand on invoque plusieurs équipiers simultanément et à cause d’une caméra qui a la bougeotte, il n’est pas rare de perdre le focus en passant d’un héros à un autre. Que c’est brouillon ! les affrontements épileptiques virent trop souvent au pugilat ! On ne peut que pester en voyant un perso foirer magistralement son attaque et poireauter un certain temps avant de pouvoir l’exécuter à nouveau. Pire encore l’IA qui contrôle les alliés est souvent aux fraises. Difficile de ne pas enrager en voyant la barre de vie de notre bande méchamment entamée par l’explosion d’un champ de mines ou par le manque de réactivité des alliés qui donnent l’impression de rester passifs face aux attaques. Allez bougez-vous ! Enfin n’espérez pas stocker quelques potions de vie dans votre inventaire ! Ce Neo The World Ends With You ne permet pas d’employer des items guérisseurs en cours de combat comme n’importe quel RPG. Dans ce jeu les pouvoirs des héros sont conférés par des badges. Faut-il vraiment réduire la force de frappe de l’équipe en obligeant Rindo à porter un badge de guérisseur qui ne redonne de la couleur qu’à un infime segment de la barre de vie de la guilde ? L’attaque, même dépourvue de subtilité semble être la meilleure des stratégies ! Et lors des confrontations les plus intenses, on pousse des soupirs de soulagement en voyant la jauge de vie remonter miraculeusement après une montée en level d’expérience salvatrice. En résumé, ce Neo The World Ends With You offre une expérience différente des RPG classiques en troquant toute dimension tactique contre une action intensément brouillonne digne d’un Beat Them Up survolté !

Achevons comme souvent ce tour du proprio par la partie technique du jeu. Le titre carbure au Unity, le résultat à l’écran est plutôt joli. Comprenez que ça ne manque pas d’allure. Le rendu graphique en cellshading offre un casting juvénile – un brin emo goth -stylé et les environnements sont assez détaillés à défaut de laisser de la liberté au joueur. Le jeu aguiche occasionnellement nos rétines par des décors soignés. Dommage l’animation manque parfois de fluidité et, le pire problème frappant ce jeu, la caméra brouillonne, a déjà été longuement évoqué en amont de ce test. On peut lui reprocher d’autres chose comme l’aspect monolithique des personnages qui ne varie pas malgré l’achat de nouvelles fringues et un menu des options, spartiate, qui ne nous laisse que bien peu d’options à bidouiller à notre guise ! Ne faisons pas la fine bouche le titre a au moins le mérite d’être en français dans les sous-titres et les menus. D’ailleurs notez qu’en sus des doublages en anglais le titre propose évidemment des voix en japonais. Un bon moyen de s’immerger davantage dans cette épopée à Shibuya ! Côté musiques enfin, les titres qui composent la BO proposent aussi bien du Rock, du Métal et du Punk que de la POP ou de la R’n’B. Une bande son éclectique comme celle d’un JetSet Radio.

Good

  • Un Action RPG à la prise en main rapide
  • Visuellement c’est plutôt réussi
  • Une galerie de persos attachants

Bad

  • La caméra aux fraises, l’action brouillonne
  • L’IA alliée ne brille pas par son intelligence
  • Un terrain de jeu pas très très fun
7.5

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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