Ori and the Will of the Wisps : On va manger des chips ! T’entends ?

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L'attendrissant Ori remplie à l’occasion d’une épopée qui fait furieusement penser aux productions de chez Ghibli par son univers empreint de poésie et... de mièvrerie. En ces temps troublés, ça ne fait pas de mal un peu de douceur dans ce monde de brutes épaisses.

Exclusivité Xbox One oblige, ce jeu est disponible sur le Xbox Game Pass depuis le 11 mars dernier. On ne remerciera jamais assez Microsoft pour l’existence de cet abonnement qui permet de récupérer de chouettes nouveautés et exclusivités en cette période de confinement due à l’épidémie de Covid-19. Suite directe de Ori and the Blind Forest sorti en 2015 sur Xbox One (puis sur PC et sur Switch), ce Will of the Wisps reprend évidemment tous les ingrédients qui ont fait le succès du premier opus. Comprenez par là qu’il s’agit à nouveau d’un Metroidvania, c’est-à-dire un jeu d’action/aventure non linéaire en 2D, qui mélange la plateforme à l’exploration un peu comme un Metroid ou un Castlevania (enfin depuis Symphony of the Night) d’où l’origine de ce terme valise. Cette nouvelle aventure offre de partir à la rescousse de Kun, la petite chouette, après qu’elle ait été séparée d’Ori lors d’un vol d’essai pour le moins chaotique. Enfin dans un premier temps.

Ne vous laissez pas attendrir par le graphisme enfantin et l’apparence choupinesque de son héros, ce second volet des aventures de Ori met à rude épreuve la patience et les réflexes du joueur ! Praticable uniquement en solo le titre propose d’intense phases de plateforme aux sauts millimétrés. Elles sont toujours agrémentées de moult adversaires à pourfendre et d’énormes niveaux à travers lesquels notre petit esprit de la forêt (Ori) doit crapahuter avec ses petites pattounnes sautillantes… c’est meugnon ! Certes ! Cependant difficile de ne pas être agacés par la nécessité d’agir dans des fenêtres de temps extrêmement réduites pour sauter sur des plateformes éphémères ou activer des interrupteurs tout en composant avec une multitude de chausses trappes bien vicelardes et un bestiaire plus souvent gênant que dangereux. Crevez et recommencez !  Pas d’inquiétude, la progression est le plus souvent consignée à proximité des passages les plus délicats. À chacune de nos tentatives ratées, les ennemis sont ramenés à la vie et les espèces volantes, les plus insaisissables (car très rapides) jouent un peu avec nos nerfs. Attention bien qu’il laisse pas mal de liberté au joueur, le titre impose parfois de se sortir de situations scriptées aux timings savamment chronométrés qui laissent rarement (voire pas) de place au hasard. Ori débute l’aventure en étant peu agile et peu puissant, au fil de l’épopée, notre petit esprit gagne en force et il obtient de nouvelles compétences – double saut, ruée aérienne et grappin magnétique – qui permettent d’accéder à des pans de niveaux jusque-là inaccessibles. Un principe que l’on retrouve dans la plupart des Metroidvania. Les autrichiens de chez Moon Studios ne révolutionnent pas le genre, la différence avec les autres productions du même type se fait essentiellement au niveau de “l’attachement” que l’on peut éprouver à l’égard de notre infortuné petit protagoniste. Les bougres ils l’ont fait, ils ont titillé notre corde sensible !

S’il a l’art et la manière de nous prendre par les sentiments, l’autre aspect le plus attrayant de ce jeu réside sans doute au niveau de l’enrobage visuel. Ori and the Will of Wisps carbure une nouvelle fois à l’Unity Engine et dieu que c’est beau ! Le titre en 3D vue de profil à la manière d’un bon vieux jeu de plateforme en 2D se paye le luxe de nous infliger des petites claques en série. Difficile de ne pas être émerveillé par la beauté de certains de ses “tableaux” qui affichent des environnements détaillés, aux arrières plans complexes ou dotés de splendide effets de profondeur. Le jeu est beau, le chara design ne manque pas d’allure (même si l’on peut trouver à Ori de faux airs de Stitch Pokémonesque luminescent) mais il arrive que l’on peste parfois contre son manque de lisibilité ou plutôt de clarté de son gameplay. Il n’est pas rare que l’on passe du coup à côté de certains interrupteurs ou que l’on rebrousse bêtement son chemin en pensant s’être aventuré dans une zone encore inaccessible. Voilà qui est un tantinet frustrant, à l’image des ralentissements et micro-freezes que l’on a subi sur une Xbox One X à quelques reprises. Quant aux musiques orchestrales qui constituent la bande-son, elles sont chargées en émotion. Elles semblent être un brin inspirées du folklore celtique/irlandais, e elles accompagnent brillamment cette nouvelle épopée d’Ori. Jamais deux sans trois ? Pour le vérifier il faudra attendre la Xbox Series X !

Magré des mécaniques éprouvées Ori and the Will of the Wisps offre un cocktail d’action/plateforme en béton armé, un univers enchanteur peuplé de monstres et une dose massive de bons sentiments et moments larmoyants. Voilà une exclu bien sympa à déguster sur Xbox One ou sur PC via le Xbox Play Anywhere.

Good

  • C’est beau comme un camion au soleil couchant
  • C’est triste... enfin bourré d’émotion
  • C’est un vrai bon jeu de plate-forme/aventure
  • Doté d’un rapport qualité prix honnête ou gratos sur Gamepass

Bad

  • Pas toujours hyper lisible
  • Ça tourne pas vraiment comme une horloge
8.5

Super

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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