Peaky Blinders Mastermind – Coup de génie

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En attendant l’arrivée de la sixième saison de la série, les very bad boys de la famille Shelby débarquent dans une adaptation vidéoludique aussi inattendue que surprenante. Prêts à faire une virée dans les bas-fonds de Birmingham ?

De mémoire, si l’on a croulé sous les adaptations de blockbusters et de séries durant les ères des PlayStation (1ere et 2nde du nom), la tendance s’était légèrement tassée depuis quelques années. Pour notre plus grand bonheur, car les jeux développés à la hâte pour coller à la sortie du film sur grand écran ou à la diffusion de la série à la télé étaient trop souvent médiocres, et le plus souvent encore ratés ! À l’annonce de la disponibilité de la version review de Peaky Blinders Mastermind, j’ai franchement traîné des pieds. Car tout d’abord, je ne suis pas un inconditionnel de cette série britannique, et puis, la perspective de me frotter à une adaptation ne m’emballait pas trop. À raison ?

La simple lecture des quelques lignes en préambule de ce test peut suffire à résumer le scénario de ce jeu.  Histoire d’en dire un peu plus, Peaky Blinders Mastermind invite à suivre les affres de la fratrie Shelby dans le milieu du banditisme de Birmingham au début du siècle dernier. Au lieu de nous offrir un énième GTA-Like crapuleux, les anglais du studio FuturLab ont développé à la place un jeu d’aventure à la troisième personne mâtiné de réflexion et infiltration. Un exercice périlleux sauf peut-être pour le studio qui a su offrir un Velocity 2X qui combinait plateforme et shoot-them-up avec brio ! Le mélange des genres est-il réussi cette fois encore ? De par sa perspective semblable à celle d’un Commando/Desperado/ Helldorado on pourrait croire à un jeu d’action/tactique. Mais, une fois la manette en main on déplace assez “librement”un des héros à travers des reconstitutions du Birmingham d’antan. On crapahute durant une petite dizaine de niveaux à travers des entrepôts, des tripots clandestins et des allées glauques surveillées par les hommes de mains des gangs rivaux. Pas question de traîner ! Le temps alloué au joueur pour mener à bien les différents objectifs lors d’une mission est minutieusement chronométré. Et si le temps est écoulé ou que notre perso se fait repérer on n’écope pas pour autant d’un Game Over ! À défaut de contrôler tous les quartiers malfamés de Birmingham, les Peaky Blinders sont en mesure de pouvoir “manipuler” le temps à leur guise !

Tandis que l’on exécute différentes actions, une frise chronologique située en bas de l’écran consigne nos faits et gestes. Lorsque l’on se heurte à un obstacle, à un garde zélé ou que l’on bloque à un cul de sac, il suffit de revenir bien en amont dans le temps pour prendre le contrôle d’un autre des frangins ou de la frangine Shelby. On revoit le perso que l’on dirigeait quelques instants auparavant réexécuter les mêmes actions. En parallèle, on doit aider notre “coéquipier” en détournant l’attention des vigiles ou en maintenant un interrupteur le temps qu’il faut… pour que l’on puisse passer sans danger en revenant dans le passé afin de reprendre le contrôle du personnage qui était bloqué. Vous suivez ? Concrètement il s’agit d’une sorte de coop’ avec nous même en différé. Comprenez que l’IA n’est pas de la partie pour diriger les alliés que l’on contrôle à tour de rôle. Pas question de se cantonner à employer un seul des personnages disponibles, chacun des Shelby dispose d’aptitudes assez uniques. Parmi les héros que l’on dirige selon les missions, Tommy peut soudoyer un PNJ pour prendre son contrôle l’espace de quelques secondes. Finn le gamin de la bande peut se faufiler dans des endroits inaccessibles, Arthur le costaud peut défoncer les portes en bois à coup de savate tandis que John incendie les obstacles en bois. À noter, ces deux derniers ont un gros penchant pour la bagarre. Brièvement évoquée, Ada (comme sa tante Polly) peut tailler un brin de causette avec les ennemis afin de focaliser l’attention des gardes sur elle. En définitive, il s’agit de savoir quand mettre à bon escient les aptitudes des différents Shelby disponibles, et combiner les talents pour se sortir de ces niveaux labyrinthiques dans les temps.

Les mécaniques de gameplay de ce Peaky Blinders Mastermind fonctionnent globalement assez bien, difficile cependant de chanter des louanges de la maniabilité. Cette dernière s’avère parfois lourdingue. Ainsi sur la version PlayStation 4 employée pour ce test, on s’énerve parfois en cherchant à descendre ou monter un escalier, il y a aussi comme un léger moment de latence lorsque l’on tente de reprendre la main sur un personnage “scripté”. Côté réalisation, le jeu carbure avec le moteur Unity et le rendu graphique cartoonesque est assez joli, et il offre de temps à autres des décors plus fouillés aux effets d’éclairages envoûtants, même si l’on note une certaine redondance au niveau des environnements. En ne s’accaparant qu’un peu plus de 3Go sur le disque dur de la console, le jeu ne propose pas des textures hyper détaillées, ni trop variées. Inutile de s’éterniser sur les musiques et thèmes, qui collent assez bien à l’univers de ce jeu. Achevons ce test en précisant que le Peaky Blinders Mastermind a le mérite d’être en français dans les textes et menus. Un bon point !

Loin des adaptations peu inspirées qui pullulaient il y a quelques années encore, cette adaptation de Peaky Blinders propose une expérience originale, un brin courtaude hélas et uniquement praticable en solo.

Good

  • Un gameplay qui ne manque pas d’originalité
  • Visuellement assez propre
  • Un univers violent, sale, assez unique

Bad

  • Quelques couacs parfois dans la maniailité
  • Dix niveaux seulement ?!
  • Un mode coop aurait été bienvenu
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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