Resident Evil VIIlage – La mort est dans le pré…

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Attachez vos ceintures ! Embarquement immédiat à bord du train fantôme de Capcom, préparez-vous à survivre à l’horreur d’une petite bourgade des Carpates. Avez-vous le palpitant suffisamment bien accroché, des nerfs d’aciers... et une bécane assez récente ?

À sa sortie en 2017 sur la plupart des plateformes en Haute Définition d’alors (PS4, PC et  Xbox One), Resident Evil VII avait des allures de reboot et même de spin-off de la saga. Voyez plutôt. Le septième opus de la série proposait d’incarner un nouveau protagoniste – Ethan Winters -, il offrait une expérience de jeu à la première personne inédite et une aventure gore et horrifique dans le bayou qui collait les miquettes même aux habitués de la franchise… surtout en VR. Si la licence a offert une cure de jouvence, sous forme de splendides remakes, à ses plus illustres chapitres d’antan, on ne peut que se réjouir de voir Ethan Winters rempiler une seconde fois à l’occasion du huitième volet. Pas mal pour un héros – que l’on a qualifié – à usage unique dans le test de l’époque. Mea culpa !

Ethan Winters est un gros poissard ! Après avoir sauvé sa femme des griffes de la famille Baker, le bonhomme a fui la Louisiane et le Nouveau Monde pour s’installer sur le Vieux Continent. Une bonne idée. Mais au lieu de prendre racine au fin fond du Larzac ou dans une contrée paisible, lui et sa moitié n’ont rien trouvé de mieux que de tout plaquer pour fonder un foyer non loin des Carpates. Une région plutôt réputée, depuis la publication du Dracula de Bram Stoker, pour pulluler de créatures vampiriques et de lycanthropes. Bonne nouvelle, l’office du tourisme du coin n’a pas menti, et trois ans et demi plus tard, Ethan désormais jeune papa doit voler au secours de son bébé capturé par le monstrueux gotha aristocratique local. Un programme horrifique qui va finir au pieu ? Oui et non.

De Resident Evil VII, je ne garde que le vague souvenir d’une épopée glauque, malsaine et terrifiante. Ce “huitième” volet semble davantage osciller entre le survival et l’action débridée presque “nanardesque” d’un Cinéma Bis… tant le jeu dans ses derniers moments vire au – grand – n’importe quoi. Pourtant, de prime abord, Resident Evil Village fait honneur à ses origines horrifiques. Il s’agit de survivre à des hordes de morts-vivants et loups garous qui rôdent dans le village. À l’instar de Resident Evil VII on doit aussi évoluer à pas feutrés dans le luxueux château aux décors rococo de la famille Dimitrescu. Pour éviter la confrontation, tendez l’oreille ! On ne peut que ressentir un certain soulagement en échappant in extremis aux griffes de la gigantesque matriarche ou aux canines acérées de ses filles. En vrac, le titre offre aussi de crapahuter à une allure plus soutenue à travers des mines remplies de loups garous affamés, d’explorer un modeste manoir aux faux airs de maison de poupée et d’arpenter un complexe industriel mal éclairé en faisant feu de tout bois. Comme dit un peu plus en amont, plus on s’immerge dans l’aventure, plus le titre impose de se livrer à des affrontements intenses en nous donnant accès à un arsenal dévastateur et expéditif. Ce n’est pas une raison pour ne pas compter ses balles !

Histoire d’éviter que l’épopée d’Ethan Winters ne vire trop vite au shooter bête et méchant des munitions sont disséminées – comme les plantes vertes – dans les environnements en quantité tout juste suffisantes.  Notez que le jeu permet aux excités de la gâchette d’acheter des munitions chez le marchand ventripotent ambulant ou de fabriquer davantage de balles, items guérisseurs et autres mignardises explosives (mines, tube explosifs) grâce à des composants également dissimulés dans les décors ou récupérés sur les cadavres encore fumants des ennemis. Pour se défaire d’adversaires blindés, particulièrement retors, que l’on rencontre dans les derniers “levels”, mieux vaut garder quelques explosifs et balle de snipe en réserve. Seul gros regret, il n’y a pas de coffre dans lequel on puisse stocker les items inutiles. Dommage ! Le titre oblige donc à se trimballer tout un bric à brac (armes, items, munitions…) dans l’inventaire ! De ses prédécesseurs, le “huitième” volet a bien sûr hérité des fameux puzzles et autres énigmes qui viennent faire cogiter les petites cellules grises. Lors de ces séquences il s’agit d’activer des interrupteurs sur un cadran, de rejouer au piano les quelques notes d’une partition ou de replacer des statues pour activer un passage secret. La cuvée 2021 de Resident Evil offre une chouette épopée horrifique, mais elle s’avère linéaire puisqu’on ne s’attarde pas vraiment sur la chasse aux artefacts… qui fera pourtant le bonheur des plus perfectionnistes.  En mode normal, la difficulté donne rarement des sueurs froides, et on parvient à boucler l’aventure en un peu moins d’une dizaine d’heures. C’est équivalent à ce que proposait un Resident Evil 7. Afin de faire durer davantage le plaisir, ce huitième volet dispose évidemment d’un Mode New Game +, où l’on peut rejouer à l’aventure dans un mode de difficulté plus élevé en conservant les armes ainsi que le contenu de son inventaire. Gare, l’écart de difficulté entre normal et hardcore semble abyssal même lorsque l’on dispose d’un arsenal plus avancé. Mieux encore on retrouve aussi, et c’est étonnant, un mode Mercenaries ! Etonnant dans la mesure où l’on attendait plutôt ce mode survie chronométré dans le remake de Resident Evil 3 puisqu’il était apparu sur ce jeu à l’origine en 1999. Pour mémoire Capcom avait plutôt préféré caser à la place un mode mulitjoueur loin d’être mémorable. Ce mode Mercenaries s’avère toujours aussi jouissif, car on doit abattre un certain nombre de monstres pour passer au level suivant ! En revanche du peu que j’y ai joué, il semble hélas ne se pratiquer qu’en solo… et toujours en vue FPS. Un petit supplément sympa mais pas parfait donc !

Achevons le tour du proprio par la réalisation. Comme tant d’autres productions de chez Capcom, Resident Evil Village carbure au RE Engine mis en route lors de la première aventure d’Ethan Winters. La qualité du rendu graphique est assez variable. Les intérieurs affichent de splendides environnements détaillés (aussi bien au niveau des textures que du soin apporté aux objets du décor) aux effets de lumières parfois chiadés – grâce au RayTracing –  tandis que les décors extérieurs sont assez ternes et en mettent, sauf exception, rarement plein les mirettes. Pas si grave, car la plupart du temps nous sommes affairés à survivre aux assauts des loups-garous et des goules dans les petits sentiers étroits qui serpentent entre les bicoques du village ! Testé sur Xbox Series X grâce à un code fourni par l’éditeur, le jeu compatible Xbox Series X/S n’occupe qu’une trentaine de Giga Octets de l’espace de stockage au terme de son installation, 27Go seulement sur Xbox One (S et X). Une taille raisonnable pour un jeu au monde semi-ouvert, la progression est relativement balisée mais on passe d’un environnement à l’air libre à l’intérieur d’une petite masure ou d’un bâtiment sans temps mort. En ce qui concerne le chara-design, difficile de ne pas trouver de la classe aux principaux antagonistes et protagonistes de ce RE VIII. Naturellement la chair à canon qu’on a vite fait d’envoyer en enfer avec 3 ou 4 balles dans la caboche a moins d’allure qu’une Lady Dimitrescu ou un Heisenberg mais qu’importe, ils sont bien plus détaillés -il me semble – que les zombies de Racoon City du remake de RE3. Il est utile de préciser que le jeu destiné aux Xbox prend évidemment toute sa dimension sur les Xbox Series. Ainsi j’ai installé également le jeu sur la bonne vieille One S des familles qui est définitivement à bout de souffle. En sus d’infliger un temps de chargement initial incomparablement plus long (disque dur mécanique oblige), le jeu s’avérait difficilement jouable lors des affrontements en extérieur puisqu’ils obligeaient à composer avec un framerate aux fraises. Notez que j’ai eu la même sensation en essayant la démo sur PlayStation4 qui manquait aussi de fluidité. Quant aux péripéties en intérieur, sur la One S, les dorures du château de la grande aristocrate sont bien moins détaillées. La faute à un disque dur qui prend son temps pour afficher les textures plus fines, et à une résolution trop basse. Vous l’aurez compris pour déguster ce millésime 2021 de Resident Evil, il est préférable de s’y adonner sur Series X/S, sur PlayStation5 et au pire sur les version Pro ou X des machines de générations précédentes en favorisant la fluidité plutôt que la finesse de rendu. Côté réalisation sonore, le titre possède des musiques assez proches de celles d’un Resident Evil 4. Elles collent parfaitement aux scènes d’action les plus explosives, comme aux séquences les plus stressantes notamment celles où l’on se fait pister par une horde de lycanthropes enragées. D’ailleurs les effets sonores sont assez immersifs. Et avec le casque ou les écouteurs vissés dans les oreilles, on a souvent le trouillomètre en dessous de zéro quand on entend la horde débouler ou un seul monstre rôder dans les environs ou qu’un bruit sourd vient briser un silence pesant. Un mot enfin sur la version française. Le jeu possède d’excellents doublages et les textes comme l’interface sont également en français. À l’instar des Ganados (paysans infectés) de RE4 quelques voix en roumain n’auraient pas été de refus pour nous dépayser davantage… et étoffer notre réservoir de jurons ! 

À moins d’être coincé sur Xbox One ou One S, aucune raison de ne pas craquer les yeux fermés pour ce Resident Evil VIllage. Lorgnant davantage du côté de l’action que du Survival Horror pur et dur, il n’en reste pas moins un sympathique épisode à la fois beau et complet.

Good

  • Une épopée horrifique toujours aussi immersive
  • Une réalisation graphique globalement réussie, un chara design... charismatique
  • Une épopée d’une petite dizaine d’heures captivante, le mode Mercenaries
  • Une bande son qui colle parfaitement à l’action

Bad

  • Un ultime segment qui vire au nawak et à l’action débridée
  • Pas au top de la fluidité sur l’ancienne génération de consoles
9

Magnifique

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

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