Sega Ages Virtua Racing – L’arcade démocratisée

Switch Tests

L’ivresse de l’arcade à la maison et désormais partout grâce à la Switch ! Oui c’est possible ! Le chef d’oeuvre de Yu Suzuki profite enfin d’une adaptation digne de ce nom sur la petite portable de Nintendo. Il était temps !

Ce test est dédié à la mémoire de toutes les pièces de 10 Francs qui ont tragiquement disparues entre 1992 et 1994. Ne les oublions pas.

Sorti au Printemps dernier sur l’E-Shop nippon, ce nouveau titre estampillé Sega Ages aura mis deux mois à ramener sa fraise de ce côté de la planète. Deux mois, ça vous parait long ? En comparaison des 27 ans d’attente qui ont été nécessaires pour enfin jouer à une adaptation digne de l’arcade à domicile c’est vraiment une paille ! Excusez du peu ! Entre temps on s’est quand même coltiné des conversions de Virtua Racing sorties sur les consoles de salon –parfois réalisées au marteau et au burin – avec notamment celles parues sur MegaDrive puis sur son extension, la 32X. Cette dernière version surpassait évidemment celle parue sur la vaillante 16bit, aussi bien en terme de réalisation et de “fluidité”, que de contenu. Passons sous silence (si vous voulez bien), l’adaptation de Virtua Racing sortie sur Saturn. Développée par Time Warner, cette mouture a réussi le tour de force assez incroyable d’être inférieure sur de nombreux points à la version 32X. Quant à la mouture PS2, également parue à l’époque dans une compilation rétro (assez médiocre de remakes 3D), elle explosait la version arcade par la richesse de son rendu graphique, mais elle souffrait d’une maniabilité pour le moins… déroutante. Depuis c’était le silence radio, et on pensait légitimement que SEGA avait enterré son illustre franchise. C’était mal connaître l’ex-éditeur de Haneda, qui a fait plancher le studio M2 sur une adaptation plus que parfaite de la mouture arcade.

Comment réussir une adaptation ? En étant le plus fidèle possible au matériau d’origine. De ce côté-là pas de problème ! On retrouve dans cette nouvelle cuvée de Virtua Racing des courses nerveuses de monoplaces, qui se déroulent sur les trois circuits bien connus de la version arcade (Big Forest, Bay Bridge, Acropolis).  3 circuits en 2019 ? Oui c’est peu ! Mais honnêtement, on a toujours autant plaisir à lancer une partie en Arcade afin d’exploser les chronos sur Big Forest, à foncer à toute vibure sur Bay Bridge ou composer avec un pack d’adversaires féroces sur le circuit plus technique d’Acropolis. En solo l’intérêt est intact. Si le jeu est jouable en multijoueur en local jusqu’à huit sur le même écran télé en écran splitté (plus fort qu’un Goldeneye N64 donc), il peut évidemment être pratiqué en multi via internet. Du moins en théorie. En effet, il nous a été impossible de pouvoir juger sur pièce faute de session ou joueur à rejoindre : la loose ! En revanche les pilotes les plus chevronnés pourront voir leur nom trôner fièrement au classement “mondial” en ligne. Les joueurs peuvent aussi admirer les prouesses ainsi que les techniques de fourbes affectionnées par les cinquante meilleurs concurrents pour grapiller de précieuses secondes en visualisant les replays. S’il se veut fidèle au jeu d’origine notez que le titre propose deux maniabilités une plus portée sur les dérapages et une autre à la tenue de route améliorée. Switch oblige, le jeu tire parti des gyroscopes des JoyCon pour offrir une maniabilité à l’immersion accrue grâce à la reconnaissance de mouvements.  En l’état, ce type de contrôle relève plus du sympathique gimmick, tant le pilotage manque de précision surtout quand un stick analogique un brin têtu joue les trublions. Un mal bien connu des possesseurs de Switch.

Peut- on dire d’un jeu au rendu oldschool qu’il en met plein les yeux ? Certes plus belle que la version arcade, cette mouture Switch aux surfaces pleines et aux formes géométriques saillantes impressionne davantage par sa distance d’affichage bien plus lointaine qu’au temps des salles enfumées, et dépourvue de clipping. Ce “remake HD” époustoufle aussi – le nostalgique lambda –  par la netteté de son rendu, ses effets d’éclairages et la fluidité parfaite ou quasi-parfaite de son “animation”. Même sans connecter la Switch au dock, cette cuvée 2019 de Virtua Racing surpasse donc visuellement l’original, mais que les esthètes soient prévenus : Le jeu ne correspond pas aux standards actuels, d’ailleurs un léger aliasing reste de la partie. Si vous êtes un amateur de jeux rétro alors vous pouvez vous laisser griser par les jingles à chaque passage de checkpoint et régaler vos cages à miels par des effets sonores un brin datés. En parlant de daté, signalons enfin que le jeu agace toujours un peu par ses collisions avec les adversaires contrôlés par l’IA et qui vous font partir en tête à queue ou valdinguer majestueuseme dans les airs lorsque vous percutez le décor. Heureusement, les développeurs de chez M2 ont pensé à tout en incluant une option de jeu baptisée “assistée”, elle permet de se focaliser sur les chonos en rendant les adversaires intangibles : pratique !

Au terme de vingt-sept ans d’attente, cette version Switch de Virtua Racing est l’adaptation que l’on espérait pour enfin profiter des joies de l’arcade à la maison sans avoir à craquer pour une borne. S’il s’agit d’une conversion de qualité qui redore le blason de cette licence tombée en désuétude, elle est à réserver avant tout aux plus nostalgiques. Et si l’on se mettait à rêver d’une adaptation compatible avec le PlayStation VR de la PS4 voire même d’un remake HD de Sega Rally, Daytona USA ou Scud Race sur Switch ? L’avenir nous le dira… ou pas !

Good

  • C’est beau un polygone non texturé
  • L’animation super fluide en solo
  • La conversion presque parfaite...
  • Praticable à 8 sur la même télé, oui ma brave dame ça en fait des paires de JoyCon !

Bad

  • Les 3 circuits de l’arcade et puis c’est tout
  • Pour les nostalgiques en fait
7.5

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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