Shady Part of Me – L’obscure clarté

PC PS4 PS4 Pro Switch Tests Xbox One Xbox One X

Au sortir de l’indigestion de AAA de cette fin d’année, on repose certes notre estomac avec un petit jeu indé bien de chez nous... mais qui torture nos méninges sans ménagement. Test express pour l’occasion !

Inutile de s’étendre sur le CV du studio Douze Dixièmes. Puisque Shady Part Of Me est la toute première production du développeur parisien. De prime abord, ce titre rappelle dans ses premiers instants un peu Limbo mais surtout Contrast – également édité par Focus Home Interactive – puisqu’ il s’agit de jouer aussi ici avec l’ombre et la lumière. Mais là où le jeu de Compulsion Games offrait à son héroïne de passer de l’ombre à la lumière, Shady Part Of Me offre à un joueur de suivre les péripéties hallucinées d’une petite fille et de son ombre lors d’une épopée en quatre actes. Marche à l’ombre !

Le but du jeu est assez “simple”. Nos héroïnes doivent progresser à travers des niveaux découpés en tableaux. On peut switcher à volonté entre la fillette et son ombre. Deux héroïnes pour deux gameplays différent. La petite fille peut se déplacer dans les parties obscures des environnements en 3D à l’occasion de phases de “réflexion”, tandis que son ombre est embarquée -le plus souvent – dans des séquences de plateforme en 2D sur les murs et surfaces éclairés des niveaux. Et elles doivent coopérer pour faire apparaître des zones d’ombre ou lumineuses pour permettre à l’autre de progresser. En pratique, la petite fille (de chair et d’os) doit pousser des caisses –qui selon la distance par rapport à la source lumineuse – peuvent faire apparaître des plateformes plus ou moins grosses ou mettre en évidence des interrupteurs. De son côté, l’alter-égo ténébreux doit plonger des parties du niveau dans l’obscurité pour permettre à la jeune photophobe de progresser en toute sécurité. Dans un cas comme dans l’autre, en cas d’échec, on peut échapper au fatidique Game Over en effectuant un retour plus ou moins important dans le temps. Pratique en cas de contact avec une ronce aux épines acérées ou à une exposition prolongée à la lumière ! Ce jeu mâtiné de plateforme-réflexion oblige en sus à composer avec des timings serrés et moult autres paramètres (comme la gravité, possession de pantin, perspective…) à mesure que l’on progresse dans l’aventure. N’espérez pas consacrer quelques dizaines d’heures à ce jeu. On a vite fait de l’expédier en l’espace d’une longue soirée d’hiver au terme de très nombreuses prises de tête ! Une durée de vie honorable pour un jeu vendu sous la barre de la quinzaine d’Euros.

À ce tarif-là on pourrait s’attendre à une réalisation Low Cost. C’est loin d’être le cas ! Alors certes, notre jeune héroïne chevelue – semblant tout droit sortie de The Ring – comme son alter-égo obscur ne débordent pas de charisme. Cependant Shady Part of Me offre des environnements assez détaillés comme ceux d’une planche de BD et chaque monde (cirque, industriel, temple précolombien…) possède un style graphique assez unique et un grain comme sur une feuille de dessin de chez Canson. On apprécie aussi de voir la partie suivante du tableau s’afficher au loin sous forme de crayonné qui se colorise (à l’aquarelle) progressivement dès que l’on y accède.  Côté son et musique, nos héroïnes s’avèrent assez bavardes et on s’attache bigrement à cette petite fille et à son ombre qui n’ont de cesse de se soutenir ou de se déchirer -en Français – lors de cette péripétie à travers des souvenirs décousus. Enfin en ce qui concerne les musiques, notez qu’elle joue aussi la carte de la dualité. Ainsi suivant que l’on bascule vers la petite fille ou son ombre la mélodie change. Instrumentale pour l’une ou accompagnée de chœurs pour l’autre. Certaines des compositions expérimentales ou mélancoliques sont superbes. Attendez-vous à sentir parfois vos cages à miel vibrer de bonheur dans cette épopée qui a du coeur !

Un cocktail de plate-forme/réflexion malin, attachant, joli, à la durée de vie courtaude mais vendu à tarif honnête.

Good

  • Une réalisation graphique assez somptueuse
  • Un titre au gameplay plateforme/réflexion original
  • Des musiques parfois splendides

Bad

  • Un jeu un peu court
  • Pas de mode coop’ / Que du solo
  • Des énigmes un brin capillotractées
6.8

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.

Lost Password

Sign Up