Shenmue I & II : Hazuki Style !

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Avec l’arrivée prochaine du troisième opus de la saga, SEGA offre enfin aux nostalgiques comme aux retardataires de se replonger dans les aventures de Ryo Hazuki. Attrapez votre sac à dos et préparez-vous à vivre une quête vengeresse mouvementée qui vous mènera du Japon vers Hong Kong et plus loin encore !

Après une campagne Kickstater rondement menée, le développement de Shenmue 3 est en bonne voie. Mieux encore, il touche – normalement – à sa fin ! Mais avant de pouvoir jouer en 2019 au futur rejeton de Yu Suzuki, Sega et Koch Media livrent une compilation contenant les deux opus fondateurs de la saga. L’occasion de (re)découvrir voire de se rafraîchir la mémoire, puisque ces titres sont parus il y a plus de quinze ans… quand même ! D’ailleurs le premier épisode sorti sous nos latitudes en 2000 était resté l’exclusivité de la Dreamcast. Pour le second volet, il a vu également le jour sur la première Xbox de Microsoft. Cette version calibrée pour sa sortie nord américaine avait – contrairement à la mouture DC publiée par chez nous – profité de voix en anglais et d’une réalisation graphique un chouia plus fine. Et depuis ? Sans jamais tomber dans l’oubli, la licence était restée enfermée dans un tiroir verrouillé à double tour après des tentatives avortées de retour sous la forme d’un MMO ou d’une appli pour mobile. En ce qui concerne son héros, Ryo Hazuki, il s’était limité à des apparitions dans les jeux édités (ou non) par la firme de Haneda comme Sonic All Stars Racing ou Project X Zone 2. Réjouissons-nous Ryo is back !

Compilation oblige, nous ne nous attarderons pas à vous faire un descriptif détaillé des deux jeux, qui en plus d’être réunis en format physiques peuvent être achetés séparément sur les différentes plateformes de téléchargement (PSN, Xbox Live, Steam) . Pour mémoire, Shenmue suit les aventures de Ryo Hazuki, un lycéen dont le père a été tué par Lan Di, un énigmatique et terrifiant martialiste chinois prêt à tout pour retrouver un mystérieux miroir. Ne soyez pas étonnés. Même si Shenmue a pas mal inspiré Sega pour la série des Yakuza, les deux titres testés aujourd’hui lorgnent davantage du côté de l’aventure/exploration que de l’action pure et dure. Malgré la présence de phases de beat’em all, plus nombreuses dans Shenmue 2, l’essentiel de l’aventure consiste à explorer différents environnements ouverts (Dobuita, le port, Hong Kong…) à la recherche d’indices et en taillant le bout de gras avec différents protagonistes. Faute d’indicateur visuel ou de radar menant vers l’objectif (à l’instar de Yakuza), il arrive de pas mal tourner en rond. La seule aide possible a la forme d’un calepin dans lequel Ryo consigne toutes sortes d’informations comme les objectifs à accomplir ou les numéros de téléphone.

Histoire de dynamiser l’épopée, les deux Shenmue regorgent de QTE. Le second opus abuse notamment de ces séquences « pré-calculées », harassantes, durant lesquelles il faut appuyer sur un bouton au bon moment. Shenmue et sa suite ont en commun d’imposer au joueur de composer avec un cycle jour-nuit dont le temps s’écoule de manière assez réaliste. Le jour, Ryo enquête pour retrouver la trace de Lan Di et de ses sbires, il engrange des revenus grâce à toutes sortes de petits boulot qui peuvent avoir la forme de mini-jeux plus ou moins anecdotiques. A la nuit tombée Ryo regagne ses pénates pour piquer un roupillon et sauvegarder la partie (enfin ça c’était avant), puis, dès potron-minet, il reprend son exploration ou retourne au boulot. Si Shenmue laisse plus de liberté au joueur, en n’imposant pas de contrainte pécunière par exemple, son aire de jeu s’avère moins vaste que les différents quartiers de Hong Kong et « alentours » réunis de sa suite. Malgré une superficie plus modeste, Dobuita a pourtant conservé son charme d’autrefois et on a toujours plaisir à passer le temps à la salle d’arcade du coin en rejouant aux bornes de Hang On et de Space Harrier, en admirant les habitants vaquer à leurs occupations ou en contant fleurette à la belle Nozomi. Plus difficile en revanche de vouloir se perdre dans les différents de quartier de Hong Kong aux ruelles labyrinthiques. Soyez rassurés. Cette épopée en terre inconnue offerte par Shenmue 2 nécessite un petit temps d’adaptation avant de dévoiler ses charmes et ses mystères.

Heureux soient les joueurs qui vont profiter du patch Day One ! Pour la petite histoire. Testé sur PS4, Shenmue premier du nom infligeait un bug assez gênant puisqu’au bout d’un quart d’heure de jeu les différents canaux sonores disparaissaient et faisaient place à un son strident. Pas vraiment une excellente condition pour profiter de la splendide bande son et des dialogues du jeu… quoique ! Ces derniers sont d’assez mauvaise qualité, et ils semblent avoir été directement extraits au forceps de la version Dreamcast. Vous pourrez toutefois choisir les voix japonaises ou anglaises et profiter du sous-titrage français. On retrouve quelques autres défauts assez irritants de cette version DC dans le Shenmue « 1 », comme les collisions approximatives ou l’apparition à la dernière seconde de PNJ lors de la conduite du chariot-élévateur sur le port. Attendez-vous aussi à subir de violentes baisses de frame-rate lorsqu’on croise la route de quatre passants devant le stand à Hot Dogs, même à Dobuita. Frustrant ! Malgré son jeune âge Ryo exaspère toujours par la lourdeur de ses déplacements, plus encore dans le second volet. Ainsi après avoir passé une quinzaine d’heures sur le premier opus, on se demande pour quelle raison les développeurs ont, pour la suite direct, attribué l’ouverture des portes à une autre touche ? Pas très intuitif et un peu rageant ! Pour sa prise en main en particulier lors des combats, le jeu s’est inspiré, Ô surprise, de Virtua Fighter. Comprenez par là qu’en plus des coups de base (poing, pied, esquive, choppe), il est possible d’exécuter des prises spéciales enseignées par des alliés ou des PNJ par la combinaison d’une touche directionnelle et d’une ou plusieurs touches d’actions. Ces bottes secrètes sont simple à exécuter ! Hélas les combats (notamment ceux de Shenmue 2) donnent l’impression de virer à la foire d’empoigne, la faute à une perspective vue de dos pas toujours évidente !

Au lieu de nous offrir des remakes, les développeurs de ces deux versions estampillées HD ont avant tout opéré de léger liftings graphiques et réactualisé la prise en main. Loin d’être plus détaillés, les environnements (comme les protagonistes) profitent de textures affinées, d’éclairages améliorés et d’un antialiasing qui gomme les effets d’escaliers disgracieux. Les joueurs qui veulent retrouver le feeling de l’époque peuvent basculer vers un affichage 4/3 et des textures plus classiques. Le mode 16/9 activé par défaut n’est pas accessoire. N’infligeant pas un rendu disproportionné, il offre au contraire une meilleur visibilité en affichant des angles de vision plus large ainsi qu’une immersion accrue. A l’instar d’autre jeux du genre, la caméra peut être contrôlée via le stick analogique droit… rappelons que la manette de la Dreamcast ne disposait que d’un seul stick directionnel. Eh oui ! Preuve que Shenmue et sa suite sont des conversions /adaptations fidèles, elles infligent toujours des écrans de chargements à chaque changement de secteur. Heureusement, ces derniers sont infiniment moins longuets que sur Dreamcast ! Ceux qui ont passé des centaines d’heures sur cette console auront peut-être l’impression d’entendre à nouveau le lecteur GD-Rom mouliner à chaque chargement et même d’entendre le VMU bipper lors des sauvegardes qui peuvent être effectuées à tout moment ! Plus besoin d’attendre la fin de journée : sympa !

Sega et le développeur britannique d3T livrent enfin des adaptations très fidèles des premiers exploits de Ryo Hazuki. A jamais cultes, ces Shenmue I & II ont pourtant pris un petit/gros coup de vieux aussi bien au niveau du gameplay que de la réalisation graphique ! Ils demeurent des Must Have incontournables pour tous les nostalgiques de la Dreamcast, notamment ceux qui attendent Shenmue 3 de pied ferme !

Good

  • La sauvegarde presque n’importe quand
  • Un remake HD bien pensé
  • Le retour de deux jeux cultes

Bad

  • Des QTE tout le temps, partout (bastons, mini jeux…)
  • Un gameplay assez lourdeau
  • Shenmue frappé des mêmes défauts que sur Dreamcast
7

Bon

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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