Starlink Battle for Atlas – Le monde ne suffit pas

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Vous guettiez l’arrivée des prochaines péripéties de Sam Fisher ? Raté ! Le studio Ubisoft de Toronto livre à la place un titre basé sur une toute nouvelle licence... malgré tout sympathique ! Attachez vos ceintures et préparez-vous à embarquer vers les étoiles.

De toutes les nouvelles franchises en développement chez un studio d’Ubisoft, Starlink était – et c’est injuste – sans doute celle qui était la moins attendue, la moins espérée. Dommage pour les petits gars d’Ubisoft Toronto ! S’ils ont fait en sorte de nous livrer un titre à l’univers totalement original (ou presque), la grande odyssée spatiale a plutôt tendance à virer à la Space Opérette un peu frustrante. Si les éditeurs ont pour habitude de nous envoyer des versions/codes pour qu’on puisse juger leurs dernières productions, notez qu’il nous arrive aussi de tester des achats coups de cœur comme Monster Boy, Assassin’s Creed Odyssey (sur Xbox One) ou simplement motivés par la curiosité à l’image de ce Starlink Battle for Atlas. Une pensée à tous ceux qui ont foncé bille en tête sur le jeu à son lancement, et qui l’ont payé plein pot, alors qu’il est désormais vendu à moitié prix. Ainsi à moins de 39€ la version Switch, difficile de ne pas tenter l’expérience !

Habitué à l’exercice des jeux en monde ouvert (Assassin’s Creed, Far Cry…), Ubisoft propose cette fois de s’envoler vers les étoiles afin de découvrir le système d’Atlas. Un système planétaire d’une taille relativement modeste mais constitué malgré tout de planètes (normal), de champs d’astéroïdes et des débris et épaves spatiales. À l’instar de No Man’s Sky, le joueur peut survoler librement les différentes planètes à la découverte de la faune et la flore, récolter/miner différentes sortes de ressources, s’élancer vers les ténèbres de la voûte céleste et foncer à une vitesse supraluminique à travers le vide intersidéral… en affrontant régulièrement des pirates de l’espace. Et là s’arrête la comparaison avec le jeu mal aimé de chez Hello Games. Loin d’être un simple bac à sable, Starlink Battle for Atlas inflige aussi moins de contraintes (pas de gestion de l’air, du carburant) en terme de gameplay, et si le terrain de jeu s’avère infiniment moins vaste, il est en revanche un brin plus dirigiste. Le titre d’Ubisoft Toronto est en effet doté d’une campagne “scénarisée” qui fait la part belle à l’action et à l’exploration. Le titre invite à suivre durant une quinzaine d’heures les exploits de l’équipage de l’Equinoxe qui – en sus de voler au secours de son chef – doit stopper l’expansion de la Légion à travers le système d’Atlas.

A des années lumières d’un bac à sable contemplatif, le jeu offre plutôt de reconquérir les planètes qui sont tombées sous le joug de la Légion. Pour cela il faut éradiquer des nids de kobolds, détruire d’immenses extracteurs gardés par des hordes de créatures (cyclopes, ersatz de Metal Gear…) enragées et enfin annihiler à chaque “fin” de niveau un boss, un Mecha gigantesque, le Prime. En sus, il faut aussi nouer des alliances avec la population autochtone en améliorant les unités de minages (afin de récolter plus d’argent), en construisant ou en optimisant des observatoires comme des unités de défense. Si ces phases de reconquêtes sont assez répétitives, Starlink offre heureusement de se changer les idées par ses dogfights spatiaux ou en élucidant des petits puzzles trouvables à la base de certaines structures, les Flèches de Gardiens. Notez que les capacités offensives ou défensives du vaisseau peuvent être améliorées par l’intermédiaire de mods. Ces derniers s’obtiennent en venant à bout des puzzles, en détruisant les ennemis et leurs structures et cuirassés ou en survivant aux dangers tapis dans les épaves spatiales.

Comme Skylanders ou Lego Dimensions, il est possible d’étoffer le contenu du jeu, et notamment le hangar, en achetant (dans le commerce voire le eshop de Nintendo) des vaisseaux qui octroient autant de chances au cours d’une mission. Pas question d’effectuer des allers retours entre le canapé et un socle posé à côté de la console. Particularité de la version Switch, Les joycons se nichent dans un pseudo gamepad doté de connecteurs sur lesquels viennent se poser le vaisseau et le pilote. Les zincs supplémentaires procurent de nouveaux éléments de personnalisation du vaisseau (ailes, cockpits…), les pilotes diffèrent par leurs bottes secrètes et aptitudes spéciales qui se développent au fur et à mesure de la montée en expérience et signalons que l’armement… est lui aussi vendu séparément. Un “business model” assez discutable pour un jeu qui était vendu il y a quelques semaines encore 79€. Rassurez-vous, il est heureusement possible de terminer le jeu, ou plutôt la campagne solo, sans avoir à remettre davantage la main à la poche. Enfin, une fois les éléments associés au compte/à la console, on peut se contenter de jouer avec un gamepad et switcher d’armes et vaisseaux via une interface plus conventionnelle. Heureusement ! Car extirper le vaisseau du socle ou switcher d’armes en cours de partie ne s’avère pas très pratique. L’autre particularité de la mouture Switch réside dans le fait que l’on puisse incarner Fox McCloud et piloter un Arwing. Si le chasseur emblématique de l’escadrille StarFox s’intègre assez bien à l’univers de Starlink, l’intégration de son leader charismatique et de son équipe aux cinématiques comme au scénario est en revanche un peu moins réussie… pour rester poli.

Côté réalisation précisons d’emblée que le jeu carbure avec le moteur Snowdrop de The Division. Même sur Switch les environnements extra-terrestres sont originaux, la distance d’affichage est plus qu’honorable (sauf lorsqu’on se retrouve dans une purée de pois) et le titre n’inflige peu ou pas de temps de chargements. On passe ainsi de la terre ferme à l’espace sans temps mort. Les décors sont à la fois dépaysants et détaillés sans afficher pour autant une quantité ahurissante de fioritures à l’écran. L’ensemble est assez propre et le jeu n’inflige peu ou pas de ralentissements. Graphiquement le titre est dans la bonne moyenne (pour un jeu PS4/Xbox One) et il se retrouve peut-être un peu plus dans le haut du panier pour un soft tournant sur une modeste Switch. Seul gros regret, l’absence d’une vue cockpit, il faut ainsi se contenter d’une seule et unique perspective à la troisième personne pas toujours lisible et moins immersive. Enfin en ce qui concerne les sons et musiques, la bande son fait le boulot (entraînante mais pas inoubliable). Notez que les voix des protagonistes sont à l’image des textes disponibles intégralement dans la belle langue de Molière. Une bonne raison pour les plus jeunes (ce titre étant accessible à partir de 7 ans) comme les pilotes plus chevronnés de s’essayer à ce shooter spatial qui est parfois trop terre à terre.   

Plus pêchu qu’un No Man’s Sky, certes moins ambitieux, cela n’empêche pourtant pas Starlink Battle for Atlas de manquer un tantinet de variété dans sa campagne solo. Une expérience entre ciel et terre sympathique mais loin d’être inoubliable.

Good

  • Des environnements originaux et détaillés
  • Une durée de vie honorable
  • De l’action sans temps mort

Bad

  • L’intégration au forceps de StarFox dans le scénario
  • Répétitif et redondant
  • Armes, vaisseaux et persos vendus séparément
6.7

Correct

Ex journaliste, feu globe-trotter à plein temps, papa, technophile, gamer et retrogamer depuis toujours. Adorateur du HDMI, Grand Manitou du VGA et chevalier de l'Ordre de la Péritel. Aime la 32X, voulait croire en la Jaguar et la WiiU. A commencé dans la presse mag jeux vidéo en 2005.
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